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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 08:57

images_4_.jpgLe Sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme, de Laurent Bouvet

Pourfendeur d'un Parti socialiste qui, selon lui, a lâché ceux qu'il avait mission de défendre, Laurent Bouvet appuie sa thèse sur une analyse historique des "trois peuples" - le souverain en démocratie, les classes dominées, la nation rassemblée - et des rapports de la gauche avec ces trois figures. Souvent contestable, toujours stimulant, son livre sera la référence du conservatisme social et républicain.
Gallimard, "Le Débat", 296 p., 18,50 €.


Le Nouveau National-Populisme, de Pierre-André Taguieff

Expert de ce qu'il a défini comme un "style politique", qu'il observe et analyse depuis plus de trente ans, l'auteur présente, dans ce texte court et incisif, une caractérisation des nouveaux partis populistes européens. Il propose d'"apprivoiser" le néopopulisme en acceptant de discuter avec lui, plutôt que de s'épuiser à le diaboliser sans parvenir à le réduire.
CNRS éditions, 110 p., 6 €.


Les Ennemis intimes de la démocratie, de Tzvetan Todorov

L'ancien critique structuraliste, passé à l'histoire des idées et à l'analyse politique, s'emporte contre une démocratie qu'il chérit mais juge pervertie par le libéralisme. Plaçant sa diatribe sous les patronages de saint Augustin et de Pélage (Ve s.), il fonde ses espoirs sur une "écologie sociale" dont l'évocation suffit à faire oublier les travers du "néolibéralisme" le plus débridé.
Robert Laffont, "Versilio", 248 p., 20 €.

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans Populisme
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 17:29

Pas de démocratie sans politique", pourrait être la devise de l'Oservatoire de la démocratie, celle que je défends et revendique envers et contre tout, depuis qu'ensemble nous l'avons fondé .  "Oui, mais laquelle, par qui, et comment ?" ne cesse de nous répéter notre vieil ami et Vice Président,  Alexandre Dorna qui voue une partie de son existence à réfléchir- prequ'obsessionnellement - à cette question. Nous publions aujourd'hui une partie de ses travaux de recherche, sur le populisme. Car avant de l'approuver ou le condamner, il nous semble bon de le connaître et le comprendre. D'autant plus qu'il nous semble d'une actualité brûlante, ici même en France, et notamment sous l'influence croisante des médias. Les médias poussent en effet de plus en plus le comportement de nos responsables politiques et des partis vers des attitudes que l'on est tenté de qulifier de "populistes". Qu'en est-il ? Le débat est ouvert. Toutes les opinions ou réactions seront les bienvenues. Celles d'experts, de militants et reponsables politiques, mais aussi et surtout celle des citoyens. Car la politique est paraît il l'affaire de tous... Jean-Francis Dauriac, Président de l'Observatoire de la Démocratie.

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le néo-populisme: Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

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Published by Jean-Francis Dauriac - dans Populisme
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:38

L’historique des populismes nous a permis de saisir le va-et-vient de ses contradictions idéologiques et de ses postures antonymiques. Aussi bien que le rôle vital de ses figures charismatiques, toutes différentes et toutes bariolées. Et un discours obéissant à des règles à géométrie variable. Avec cependant un air de famille qui traverse toutes leurs histoires. Un positionnement idéologique chargé d’interpellation avec une volonté d’articulation des conflits, des classes et des paroles. A y réfléchir, sommes-nous devant une théorie politique implicite (sociologique et psychologique) dont les éléments éclatés nous parlent d’un paradigme perdu où « la » politique n’est pas séparée « du » politique, l’opinion de la connaissance, et l’homme de la cité. Si le populisme confère une identité aux déçus, aux démunis, aux révoltés, alors nous avons certainement intérêt à retrouver ses traces et à prêter attention à ses paroles. Il y a là, peut-être, une zone inexplorée de la connaissance anthropo-psycho-politique, car le populisme est en quelque sorte un concentré d’affectivité retenue. Une richesse archéologique enterrée sous un amas de malentendus et de préconçus échafaudés tout au long de ses affrontements avec les élites gouvernantes en déperdition de sens. Une forme d’action qui nous rappelle le besoin de penser la politique politiquement. Pour y voir un peu plus clair, observons, avec les yeux grands ouverts, en suivant le conseil de B. Gracian, les divers passages des populistes qui, à la manière des comètes, traversent de temps en temps le firmament politique de nos sociétés modernes, laissant une traînée d’éléments divers qui parlent de l’origine de notre culture. Premier élément : le populisme n'est pas un simple mouvement de masse, mais un processus de masse, sous le signe de la protestation et en réaction à l'attitude (jugée courageuse) et à l’appel au peuple lancé par un leader charismatique qui affronte le système politique en place et les élites au pouvoir. Deuxième élément : Le style charismatique du leader compte pour beaucoup, car la forme entraîne le fond. C’est le jeu de la séduction et du savoir-faire, de la finesse dans l’esquive, du contact direct et chaleureux avec autrui. Il a l’énergie contagieuse, la dimension anti-dépressive et l’enthousiasme charismatique, dont les gouvernants sont dépourvus.Troisième élément : La parole du leader charismatique épouse la rhétorique, mais rarement la démagogie, et, si l’imposture guette le chef démagogue, la démesure accompagne le leadership populiste. Quatrième élément : Le ciment du populisme n’est pas sociologique, mais psychologique, véritable socle sur lequel tous les autres composants (sociologiques, politiques et économiques) se mettent en place pour former un nouveau monde imaginaire. La caractéristique principale du populisme n’est pas l’effervescence sociale, mais son potentiel de contestation. Cinquième élément : L’appel des leaders populistes s'adresse à tout le peuple, avec une farouche volonté de rupture, mais tout particulièrement à tous ceux qui subissent en silence l’impasse et la misère, afin de contribuer au retour de l’unité nationale. Il y a donc évocation des grands mythes fondateurs et vision d’un avenir à la hauteur des espoirs de la nation. Les gestes symboliques jouent ici un formidable rôle de reconnaissance. Sixième élément : les populismes émergent toujours associés à une situation de crise sociétale profonde, touchant à la fois les valeurs et le système politique en place. Cette crise, faut-il la chercher en amont d’une politique opaque et d’une classe politique coupable de confiscation de la volonté populaire ? Ou en aval, avec la perte de repères, le manque de confiance dans l’avenir, le conformisme des citoyens, l’impression d'un épuisement culturel et idéologique, l’érosion de la cohésion sociale, l’immobilisme des institutions, la désintégration de l’âme collective, la disparition accélérée de la tradition. En somme, une perte de sens qui se traduit par l’abandon d’un projet d’avenir commun. Septième élément : C’est l'alchimie de trois composantes psychologiques qui font du populisme une sorte de révolte spontanée : la déception, la frustration et l’attente.  Huitième élément : Le leader populiste se distingue d'autres types charismatiques (Dorna 1998) par la plasticité et l'habileté avec laquelle il façonne une communauté émotionnelle de suiveurs, organisés en cercles concentriques autour de sa propre personne. La magie se trouve dans le contact direct et le dialogue avec tous, les échanges ouverts, vivaces, directs et l’attitude de disponibilité permanente, sans affectation ni calcul apparent. En synthèse, ces éléments habitent toutes les expériences populistes. D’où l’hypothèse d’une conception politique universelle et concrète qui permet d’envisager la recherche de ses mécanismes. Certes, il y a certaines situations plus riches que d’autres. Inutile d’insister sur tel ou tel point. Il n’existe pas une fabrique unique de populismes ni un moule standard de leaders. Chaque contexte et chaque culture produiront une forme distincte de populisme. Cela est valable aussi pour la présence et la formation plus ou moins flamboyante des leaders charismatiques. AD

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

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Published by Alexandre Dorna - dans Populisme
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:34

Nul besoin de recenser ici l’ensemble des nouveaux mouvements et des leaders populistes qui fourmillent sur tous les continents : revue Amnis (2005), Laclau (2006), Niqueux et Dorna (2004), Ihl et al (2003), Taguieff (2002). On peut y voir le néo-populisme comme un phénomène de condensation médiatique de l’ancien populisme, dont le levier reste la présence d’un leader fort et charismatique qui s’adresse à tous ceux qui ne sont pas jugés responsables de la crise et de la perte de valeurs nationales, c’est-à-dire les élites devenues illégitimes et soupçonnées d’usurper la souveraineté populaire, de porter atteinte à l’identité nationale, de maintenir le statu quo, un gouvernement incapable et une classe politique corrompue. Si ces éléments sont partagés par l’ancien et le nouveau populisme, force est de reconnaître que de nouveaux éléments se sont ajoutés aux anciens. Ces nouveaux éléments ont redonné au populisme d’aujourd’hui une visibilité et une force de pénétration dans les sociétés démocratiques rarement vue auparavant dans le passé. D’où l’intérêt de les souligner, même d’une manière succincte. L’hyper-circulation de l’information constitue probablement l’élément majeur de l’expansion et de la ré-émergence du populisme sous des formes nouvelles. Les médiations traditionnelles (partis, syndicats, églises) qui ont surdéterminé l’orientation et le contrôle des masses se trouvent court-circuitées. C’est tout le système politique traditionnel qui est en train de perdre une de ses sources de pouvoir : le quasi-monopole de l’information. Ce qui est nouveau, dans le cadre du phénomène néo-populiste, se résume dans un mot-clef : médias. En effet, le populisme contemporain est en grande partie un fait médiatique. Les nouvelles technologies de la communication ont favorisé la mise en place de nouveaux rites de lutte politique, où la personnalité et l’influence des hommes politiques se mesurent par la popularité de leur image télévisuelle. Ainsi, l’espace public proposé par les plateaux de télévision se situe-t-il en dehors du champ classique de la politique institutionnelle, voire des parlements. Chacun sait à quel point la télévision a réduit le contenu du message politique à une image minimaliste, où l’émotion, la séduction et la manipulation des effets rhétoriques occupent la place centrale. C’est une pseudo-politique de l’instantané, du désir sans médiation ni réalisation. En conséquence, le champ du nouveau populisme est plus large que la simple présence des formations « populistes ». Les sociétés de consommation sont soumises aux règles du marketing et de la satisfaction immédiate, c’est pourquoi les hommes politiques et les hommes de communication ne font pas l’économie des promesses démagogiques concernant les grands thèmes de préoccupation devenus internationaux : l’insécurité/violence, l’immigration/invasion et la croissance économique/chômage. Bien que les gouvernants fassent toujours croire qu’ils peuvent changer la réalité, le scepticisme du « public électeur » est grandissant . Le plus poignant et à la fois le plus insondable de la réalité populiste est le fond émotionnel qui l'anime. En témoignent les travaux relativement récents de Hirschman (1982) sur la genèse de la déception des masses et de Goleman (1995) concernant l’intelligence émotionnelle des leaders populistes. Les anciens travaux (aujourd’hui oubliés) de Ribot avaient déjà avancé l’idée d’une rationalité affective à travers laquelle se manifeste une sorte de logique des sentiments. C’est probablement là que l'étonnante vitalité que dégage le populisme est, en ultime analyse, plus une sonnette d'alarme affective qu'une explosion de violence destinée à tout emporter sur son passage, comme le craignent ses adversaires.  L’influence technique des médias La vie politique contemporaine se trouve dans une crise dans laquelle la technologie joue un rôle inattendu. L’emprise des grosses machines de communication (publicité, sondages, presse) a profondément modifié la manière de faire de la politique et, par ricochet, personnalisé davantage le processus. Personne ne reste indifférent à l’image médiatique, car elle apporte aux hommes politiques à la fois la notoriété et la visibilité. De fait, la mémoire collective est pleine d’images télévisuelles, dont le contenu est de plus en plus « formaté ». Une seule image cathodique peut faire ou défaire une carrière politique et donner à une personne une force presque hypnotique avec un contenu discursif réduit à 30 secondes de parole. Car le pouvoir persuasif à la télévision repose beaucoup plus sur l’impact de l’émotion que sur la construction raisonnée d’un message d’idées. Le pathos l’importe largement sur le logos. Les réflexions de Bourdieu (2000) à ce sujet sont révélatrices d’un malaise intellectuel. Le petit écran ne facilite pas l’augmentation du niveau culturel ni la pensée critique. Au contraire, il y a, là, nivellement par le bas et conformisme par le haut. Plus précisément, la télévision – écrit Bourdieu - peut cacher des choses importantes tout en les montrant. « Et, de fil en aiguille, la télévision, qui prétend être un instrument d’enregistrement, devient instrument de création de réalité. » Inutile d’insister sur les importantes observations, quoique déjà anciennes, de McLuhan condensées dans sa formule célèbre : le médium est le message. Car les médias sont loin d’être une simple caisse de résonance de la parole politique. A ce sujet, chacun sait que plusieurs éléments s’articulent pour augmenter la puissance du médium : les médias amplifient de manière perverse les paroles politiques, en produisant des images sélectives dont les contenus sont généralisables, parfois de manière outrancière. Sans oublier que certains propriétaires de médias sont devenus aussi des responsables politiques hautement placés. Le cas de S. Berlusconi est notoire. De plus, d’autres variables parasitaires pèsent lourdement : les filtres des agences d’information et des comités de rédaction, et, enfin, les paradoxes de la mondialisation de l’information. La télévision est devenue l’agora du spectacle politique et de la « culture marchandise ». Un journaliste, F. H. de Virieu, concepteur et animateur de « L’Heure de vérité » (prestigieuse émission des années 80 et 90), révèle les dessous de la scène lors d’un entretien (Ghiglione, Bromberg 1998) fort illustratif. Écoutons-le : « Ce que je veux, c’est permettre aux gens de faire un peu de « shopping » démocratique. Je leur montre un « produit ». Je leur dis : voilà l’article. Il est comme ça, il pense comme ça, il se comporte comme ça. Regardez ses yeux, regardez son visage, est-ce que vous le prendriez en auto-stop en quelque sorte…. » Et, plus loin, il s’explique avec lucidité sur son propre rôle : « Les journalistes sont les plus grands responsables de la pensée unique, du rétrécissement du champ de la réflexion. » Le constat est lapidaire : les médias se sont approprié l’espace public et, par ricochet, une poignée de journalistes peut manipuler l’opinion et gérer les images des hommes politiques. Le petit écran fait éclater les valeurs républicaines et valorise la culture du narcissisme. C’est la cristallisation de la post-modernité avec ses troubles et sa cohorte de sentiments de vide, de solitude, d’insatisfaction, de frustrations et d’avidités mesquines. Syndrome psychologique d’une crise de déconstruction. C’est pourquoi l’analyse du discours politique ne peut pas se contenter de quantifier les mots et de noter les occurrences. La compréhension qualitative de ses liens avec la réalité sociétale s’impose, sous peine de se contenter d’une « anatomo-pathologie linguistique », laquelle peut tout décrire sans rien expliquer, et encore moins prédire. Le peu d’informations sur les effets de la parole politique en est une des preuves. Nous y reviendrons un peu plus loin.En outre, nous constatons que les nouvelles formes de populisme politique se sont associées à des nouvelles formes de communication de mass media. Internet joue un rôle très important dans le développement du « zapatisme » et de son leader le sous-commandant Marcos, l’utilisation de téléphones « portables » dans les manifestations de l’alter-mondialisme, et, plus proche de nous, la vague contestataire via Internet contre le référendum sur le traité européen en 2005. Les sites et les blogs se multiplient sans cesse. Les élections présidentielle et législatives de 2007 sont la preuve que les médias nouveaux sont devenus des outils de masse.

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:24

De Napoléon à Bernard Tapie en passant par le boulangisme, De Gaulle, le poujadisme, et Jean-Marie le Pen...  La France, contrairement à la vulgate idéologique, est un pays de fortes traditions populistes. La Révolution française est probablement un long processus de populisme larvé qui éclate au grand jour en 1789. Les jeunes leaders ont la marque du charisme. Les tentatives révolutionnaires successives répondent aux critères populistes. Et la figure de Napoléon répond parfaitement au modèle du populisme césariste, car, discuté, voire discutable, le populisme bonapartiste exprime la volonté – fictive ou réelle – d’une vision de cohésion sous la forme d’un Empire. C’est un désir de puissance et de pouvoir incarné par un grand homme, représentant le peuple. En droit romain, le César reste la voix du peuple, car il est investi d’une autorité tribunicienne. Ce qui fait dire à certains historiens qu’il s’agit d’une variante républicaine, parsemée de réformes en quête de modernité.   Napoléon III se présente aussi en sauveur de la République. Il fut élu président, au suffrage universel direct, à une immense majorité. C’est un coup de force électoral bien réussi, d’autant que la classe politique n’a pas vu venir sa propre mise à l’écart. Thiers considère que le nouveau président est un «crétin» manipulable. Lamennais le juge comme «une sorte d’idiot». Broglie le dit «incapable». Quant à Lamartine, sa croyance en la sagesse des élus et les équilibres du suffrage universel, le rendent aveugle. Le moment venu, l’histoire ne leur donnera pas raison. la surprise demeura immense. Le personnage inquiète, mais attire, même ses adversaires. Sans se hâter, Louis Napoléon se drape dans les habits de l’homme providentiel. Une fois élu, Louis Bonaparte transforme rapidement son image, afin de se placer en rassembleur au-dessus des partis politiques, tout en se rapprochant de l’armée. Le 2 décembre 1851, il scelle la défaite des républicains. La voie royale est ré-ouverte. Et Louis Napoléon est là en sauveur, devant la faiblesse des républicains et l’impuissance des monarchistes. Plus tard, il se fait plébisciter. Il dit à ce propos : «le pays vient de m’absoudre.» Un peu plus tard : « La France ne veut ni le retour à l’Ancien Régime, quelle que soit la forme qui le déguise, ni l’essai d’utopies funestes et impraticables. C’est parce que je suis l’adversaire de l’un et de l’autre qu’elle a placé sa confiance en moi.» Curieusement, le futur empereur rétablit le suffrage universel et réaffirme ainsi, non seulement son attachement à l’idée républicaine, mais surtout aux liens directs entre un peuple et son gouvernant.     La psychologie de l’empereur reste une énigme. Certains attribuent à Napoléon III la formule suivante : « Quel gouvernement que le mien ! L’impératrice est légitimiste ; Napoléon-Jerôme républicain ; Morny, orléaniste ; je suis moi-même socialiste. Il n’y a de bonapartiste que Persigny, mais il est fou.» Lire la totalité de l'article

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:17

Le vrai paradigme du populisme moderne est devenu latino-américain. C’est un populisme à géométrie variable. Le «réalisme fantastique» de ces expériences politiques dont la littérature (Roa Bastos, Alejo Carpentier ou Garcia Marquez) a rendu compte à maintes reprises, résulte d'un système de «caciquisme» qui prétend intégrer, parfois brutalement, les sociétés attardées à la dynamique du capitalisme. A partir des années 30, les figures populistes latino-américaines se succèdent : des «caudillos» et «généraux» qui revêtent les habits du peuple, provoquant des changements forts et contradictoires.  De toutes les expériences populistes de ces années, de Victor Haya de la Torre au Pérou à Getulio Vargas au Brésil, en passant par Lazaro Cardenas au Mexique, c’est le populisme charismatique d’Evita et de Juan Domingo Peron, qui fait figure de modèle dans la nébuleuse politique latino-américaine. Bien entendu, cela ne doit pas faire oublier que Peron lui-même puise dans une tradition encore plus ancienne : les « pères de la patrie » de l’indépendance latino-américaine, puis quelques figures réformistes et charismatiques, telles que le chilien Arturo Alessandri (démagogue de talent), le président Hipolito Irigoyen (figure historique du radicalisme argentin), sans oublier le général Manuel Isidoro Belzú, dont la particularité fut de faire traduire en quechua le Manifeste communiste de Marx et Engels et d’en lire des passages lors de ses réunions publiques. Tous différents, mais tous identifiables, dans le verbe et dans le geste, avec le désir de proximité et l’exubérance si caractéristique des populistes.  Le « péronisme » résume à la fois une expérience inédite et un mythe. Le 17 octobre 1945, le phénomène populiste éclate au grand jour, devant les yeux incrédules d’une oligarchie bien pensante qui observe, ahurie, la masse des «cabecitas negras» (petites têtes noires) venant réclamer la libération du colonel Peron. C’est à ce moment que les talents politiques d’Evita se révèlent : elle sait incarner le rôle de première militante péroniste.  Ce succès populaire pousse Peron à considérer la perspective présidentielle. La campagne présidentielle, vive en couleurs, impose l’image d’un Peron, candidat des pauvres et des couches moyennes. Son discours se situe à mi-chemin entre le capitalisme et le socialisme, et le programme a la forme d’un «New Deal». Mais, à observer de près, l’idéologie péroniste est loin d’être un collage. Une certaine cohérence l’anime et la vertèbre. Les rapports entre la nation et le peuple s’articulent autour de l’unité symbolique de l’État national incarné par le leader. C’est la Nation qui reste au-dessus de tout clivage antagoniste. Le Général Peron réussit à gouverner presque 10 ans. Evita, son épouse, devenue un mythe, fait du «justicialisme» un mouvement politique de masse. Or, la mort d’Evita, en pleine gloire, puis la crise économique précipitent sa chute. L’image d’un Peron progressiste se vide, peu à peu au fil des années, de sa substance historique. En septembre 1955, le président s’écroule presque seul devant un coup d’État plus fracassant que meurtrier.    Certes, le retour de Peron en 1974, après l’échec des militaires, revitalise le vieux sentiment populaire, mais sa disparition quelques mois après avoir repris le pouvoir, déclenche la lente agonie et la transformation – jusqu’à nos jours – du populisme argentin.  Si le populisme argentin reste un modèle historique, les autres mouvements populistes que se succèdent en Amérique latine, depuis les années 90, sont encore perçus sous un angle quasi folklorique. Cependant, les anciennes images en blanc et noir du populisme d’antan laissent la place à l’émergence d’un néo-populisme au nom des valeurs démocratiques et libérales. Quelques exemples récents : le gouvernement de Fujimori, puis d’Alain Garcia au Pérou, le mouvement zapatiste avec leur chef charismatique, le sous-commandant Marcos, qui réussit le coup de force médiatique de mettre en échec le puissant PRI mexicain et de continuer imperturbablement sa longue marche. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, militaire putschiste, diplômé de sciences politiques à l’Université S. Bolivar, qui jetant aux orties les deux puissantes formations traditionnelles du pays, le Coppei (démocratie chrétienne), Action Démocratie (social-démocrate) et leurs vieux leaders populistes, se hisse contre les  États-Unis. Et, sans doute, ce sont les populistes Luiz Inacio « Lula » da Silva au Brésil, Evo Morales (ami de Chavez) en Bolivie, Rafael Correa en Équateur, sans oublier l’ex-sandiniste Ruben Ortega, nouveau président du Nicaragua, qui sont en train de modifier de fond en comble le caractère et la stratégie du populisme latino-américain. Toujours est-il que le style charismatique, personnel, chaleureux et tranchant des «caudillos» reste un atout majeur du populisme pour les pays de l’ « extrême-occident ».

 

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

 

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:15

Les événements de l’année 1879 (McMath 1993) sont, en réalité, le moment de cristallisation du mouvement populiste américain. La cause est loin d’être précise et unique. Des protestations et des actions collectives mobilisent des centaines de personnes. Les masses agraires en colère se retrouvent sur la route et en nombre croissant dans un désir d’aller ensemble à chaque fois plus loin. C’est la réaction en chaîne de ceux qui, déçus de la politique fédérale, après la guerre civile, constatent que la puissance de l’argent, la victoire des monopoles, l’arrivée massive d’immigrants et l’essor de l’urbanisation, car la modernisation de l’appareil productif les prive de leurs droits les plus élémentaires et les plonge dans le besoin. Ces hommes aux valeurs protestantes et rurales se sentent sans défense, bernés et humiliés. Incrédules envers un monde politique auquel ils n’accordent plus de crédit. L’Amérique idéale à laquelle s’identifiaient les paysans et les petits propriétaires n’est plus. Entre 1860 et 1900 le nombre de fermes passe de deux millions à plus de cinq millions. La production augmente rapidement. Les prix sont en chute libre et provoquent la grande dépression de 1893. C’est le moment où les contradictions entre la passion pour le progrès et la peur de l’avenir sont poussées à leurs limites extrêmes. Les paysans ont l’impression d’être laissés pour compte et sacrifiés sur l’autel de l’industrialisation et de la grande finance. Une société syndicale secrète, The Knights of Labor, assure un rôle idéologique non négligeable. Cette organisation est fondée en 1869 à Philadelphie par un franc-maçon : Uriol Stephens. Sa structure et ses idéaux rappellent une loge maçonnique. Devenu «grand maître travailliste», Stephens développe une grande activité pour diffuser un discours de fraternité et de solidarité. Les «Chevaliers du Travail» jouent un rôle significatif dans la vague des grèves, les luttes pour la journée de huit heures et surtout dans l’attitude pacifiste des syndicalistes. e caractère œcuménique de la pensée populiste s’affirme sur les bases d’une interprétation simple : la société est devenue corrompue, les honnêtes gens doivent s’unir pour chasser les hommes rapaces et les mauvais gouvernants. L’idéologie populiste américaine s’inspire des mythes fondateurs. Il s’agit ainsi d’un républicanisme moral qui garantit l’égalité des chances et à chacun le fruit de son travail, contre (pensent-ils) une classe minoritaire de financiers, insensibles au «bon peuple travailleur».  La place occupée par les femmes dans le mouvement populiste mérite un commentaire. Elles représentent plus d’un quart des membres actifs et certaines sont des militantes suffragettes. nière est 1892. C’est le moment politique où se cristallise la volonté de créer une force électorale pour les présidentielles et de réunir les moyens nécessaires pour développer une campagne nationale de masse. La conférence de fondation a lieu à Saint Louis, en janvier 1892, sous la présidence de Leonidas Polk et la vice-présidence de Frances Willard qui représente les femmes engagées. Ainsi, le général J.B. Weaver fut proclamé candidat du « people party » aux élections présidentielles. Les deux partis de pouvoir, démocrate et républicain, développent une campagne anti-populiste acharnée. Ils resserrent l’étau autour du candidat populiste, jusqu’à l’asphyxie politique. La défaite est sévère. C’est la fin de l’aventure populiste. La réalité électorale leur montre que le seul atout des populistes est leur capacité de nuisance à l’égard des partis classiques. Ainsi, une règle de la politique américaine s’applique : les petits partis n’arrivent pas à se hisser dans la cour des grands. Pourtant, leur influence critique se fait sentir progressivement à travers la récupération qu’en font les figures de l’établissement.Ainsi le spectre du populisme perdure encore dans les milieux politiques américains. Il se manifeste de temps en temps à l’arrivée de crises intermittentes du système. A chaque fois, c’est le même ressort populaire qui réussit à faire bouger l’immobilisme des gouvernants. Le mouvement populiste de protestation nationale issu de la dépression consécutive au krach financier de 1929 en est un excellent exemple. Le président Roosevelt, à la tête d’une majorité confortable, s’occupe de parer au mieux les dangers de la situation. Il s’attaque directement aux marchands et propose un impôt spécial pour «faire payer les riches» et relance le «New Deal».La « tripe populiste » renaît avec Truman lorsqu’il chasse les républicains avec un discours enflammé qui séduit les couches populaires, en fustigeant les «voraces», les «affamés» de privilèges, qui n’hésitent pas à pousser les «ouvriers contre les fermiers». Plus tard, le charisme de J.F. Kennedy est là pour rappeler la puissance d’une attitude plus proche du peuple, plus chaleureuse et séductrice, capable de réveiller les grands fondements de l’Amérique conquérante. R. Reagan est la figure issue du monde du spectacle qui renoue avec la tactique populiste pour gagner la course à la présidence avec un discours libéral fort. Toute campagne se fonde sur les règles du «showbiz» anticipant le néo-populisme de médias.  D’autres personnalités à caractère populiste ont peuplé la politique américaine ces dernières années. En 1992, Ross Perot autant que P. Buchanan rappellent la fin du XIXe siècle. Ils s’attaquent à l’hypocrisie des élites accusées d’être au service des «gros». Et, si Bill Clinton gagne les élections, sa victoire ne signifie nullement l’effacement de la poussée populiste. Le Clinton candidat offre une image chaleureuse et rassurante, mais surtout un programme de réformes progressistes et sa campagne celle de Kennedy. Ce n’est pas l’idéologie ni le parti qui jouent un rôle majeur dans l’élection de 1992, mais la capacité de Clinton à persuader, sous fond d’attente de l’homme charismatique.        En 1996, encore une fois, l’effet Buchanan illustre l’importance de l’enjeu populiste américain. Cependant, il n’a pas pu arracher l’investiture à l’appareil des politiques républicains en place, d’autant qu’une nouvelle fois l’adversaire démocrate, Bill Clinton, a su répondre à une grande partie des attentes et surtout montrer un bilan économique positif. Et, même le «Monicagate» n’a fait qu’ accentuer les caractéristiques populistes du président. Certes, l’arrivée de G. Bush met fin à une période de poussée populiste qui traversait l’Amérique. Or, à sa manière, dans un registre plus autoritaire, Bush marche sur les traces du vieux populisme made in USA. Les gouvernants changent, mais la symbolique populiste fondatrice reste.

 

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:13

Historiquement, les origines du mouvement populiste russe remontent au « narodnitchestvo » du XIXe siècle. Le terme russe (narod = le peuple), traduit hâtivement par populisme, représente une vision idéologique plus sociétale que politique, dans laquelle l’idée d’un enracinement profond dans les traditions de « l’âme russe » reste fondamental. Ce n’est pas un hasard si les Russes emploient aujourd’hui le mot "popoulizm", afin de ré-établir une certaine symétrie avec le sens donné par l’Occident au phénomène populiste. Ainsi, il fait partie d’une révolte socialisante et utopiste diffusée par des intellectuels contre l’autocratie tsariste qui, progressivement, se radicalise, sous deux formes : l’une qui deviendra terroriste et l’autre qui, sous diverses formes légales, disparaîtra dans la bourrasque de la révolution de 1917 et la répression du pouvoir soviétique. Le fond religieux de l’âme russe jouera un rôle incontournable, dans la manière dont l’intelligentsia russe, éprise de liberté, imbibée de «mystique» et de modernisation, exprimera un credo : le peuple russe est appelé à réaliser une grande mission salutaire. Le peuple doit être donc leur objet de culte. Il faut aller au peuple et appeler à sa libération. La forme russe du populisme se développe à travers plusieurs époques. A savoir : le pré-populisme libéral (1840-1860), le populisme révolutionnaire (1860-1881), le populisme légal (1880-1890) et le populisme social révolutionnaire qui disparaîtra avec la prise du pouvoir par les bolcheviks.

 

 

Alexandre Herzen, intellectuel humaniste, libre-penseur, réformiste, est le fondateur spirituel du populisme russe. Désenchanté de l’attitude mercantiliste occidentale, il se tourne vers la figure mythique de la Russie profonde : le paysan. Il représente l’homme du peuple authentique. Le social est attaché à la terre, tandis que la politique est vécue comme une illusion bourgeoise.

 

 

.              L’échec des tentatives réformistes entraîna à la longue des déceptions profondes. La paysannerie affranchie reste inorganisée et mécontente, tandis que seule la bourgeoise en profite. Les révoltes sont écrasées brutalement. Ainsi, un autre mentor intellectuel du populisme, Tchernychevski, transforme la réflexion populiste en idéologie révolutionnaire. Il n’est nullement un conspirateur, mais un journaliste engagé. Auteur d’un roman célèbre dans les milieux populistes et socialistes : Que faire ?, ses idées contribuent à radicaliser davantage le mouvement. Des sociétés secrètes sont créées, notamment : «Terre et liberté», Tchernychevski y participe activement et lance un appel au peuple, afin d’obtenir l’émancipation paysanne. Le jeune écrivain Dobrodulov (1836-1861) est le véritable chantre de la psychologie populiste avec ses tourments, ses sentiments et ses problèmes moraux. Il exprime un univers en crise : « Dans notre classe moyenne, nombreux sont les hommes oubliés, humiliés et offensés, leur vie est lourde, moralement et physiquement. Mais, en dépit d’une résignation extérieure, ils sentent la douleur, ils sont prêts à la colère et à la protestation, ils réclament une issue.» Il ajoute, lyrique : « Les masses populaires ne savent pas parler avec éloquence, aussi ne peuvent-elles pas et n’aiment-elles pas s’attarder aux mots, en prenant plaisir aux sons qui se perdent dans le lointain.»

 

 

 Le pouvoir tsariste réplique avec férocité sans que le peuple s’insurge. Ainsi, entre l’avant-garde intellectuelle et le peuple se creuse un fossé. Une nouvelle tendance révolutionnaire devient, rapidement, le symbole d’un populisme dénaturé et vidé de ses principes réformistes : le nihilisme. Le mot d’ordre nihiliste (Bielinski) est : «la négation, voilà mon dieu.» Cependant, ils ne sont ni des indifférents ni des sceptiques, plutôt des militants animés d’une foi messianique dans le destin du peuple russe.

 

 

                Plusieurs attentats terroristes font de Netchaïev la figure mythique du nihilisme. Il deviendra dans les milieux du populisme nihiliste         un héros de légende. Suite à l’assassinat d’Alexandre II, par les membres du groupe «Volonté populaire», les populistes terroristes sont exécutés le 3 avril 1881.  Cet échec terroriste ouvre la voie à un populisme «légal» inspiré des fondateurs, qui se lance dans un rattrapage du temps perdu. Leurs liens avec les villages et le monde paysan n’existent presque plus : la mentalité du peuple, devenu prolétaire, change, mais la misère persiste. De fait, le populisme, à l’aube du XXe siècle, cesse de jouer un rôle majeur. Il est utile de citer l’adversaire le plus acharné du populisme. Résumant la nature du populisme russe, Lénine écrit : « Si vous refusez toutes les belles paroles sur les "intérêts du peuple" et que vous creusez plus profond, vous vous rendrez compte que vous êtes en train d’avoir affaire avec de fieffés idéologues de la petite-bourgeoise… »    Ce marxisme intolérant, devenant hégémonique, restera le pire ennemi du populisme, même à ce jour, dans les divers pays où le néo-populisme se profile. Mais, ici et là, l’essence du populisme des précurseurs continue à nourrir, sous des formes diverses, la pensée de ceux qui adhèrent à une vision universaliste, humaniste et de justice sociale. C’est pourquoi, au-delà de la tempête d’octobre 1917, l’idéologie populiste reste ancrée dans la mémoire du peuple, tant les deux composantes, le nationalisme et l’utopisme social, imprègnent l’âme russe.        

 

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

 

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:07

Il n’est nullement question de faire l’histoire du populisme dans le monde. Impossible de raconter ce phénomène sans comprendre que la culture populiste de protestation n’est autre chose qu’une émanation du mouvement lui-même. C’est pourquoi, il (me) semble utile de décrire, brièvement, les paradigmes fondateurs du populisme et de signaler en quelques lignes l’historique français. Autrement, sans mémoire, les propos de cet essai risquent de donner l’impression qu’il s’agit d’une problématique franco-française et d’une interprétation sans fondements. Force est de reconnaître que la seule mention des grands foyers du populisme nous invite à surmonter l’écueil majeur de l’interprétation du populisme : le mesurer comme un simple épisode sans contexte ni logique interne, sans racines ni pensée propre. Le réduire à un épiphénomène politique sans consistance. Et, en plus, de l’identifier uniquement à la folie ou à la mégalomanie de quelques personnalités charismatiques. Bref, de le juger sans véritablement le penser.  Disons pour commencer que l’histoire du populisme s’étend des confins de la mémoire politique et des luttes contre les injustices, la cruauté et l’iniquité de toutes les formes de gouvernement. Si les textes politiques de référence font du mouvement de la paysannerie russe le premier paradigme du populisme, c’est plus un malentendu linguistique qu’une réflexion théorique approfondie Car, les révoltes russes dénommées « populistes » ont peu en commun avec celles qui se sont produites tout au long du XIXe et du XXe siècle en Europe, aux États-unis et en Amérique latine.

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 10:48

 

 

 

 "Eviter un glissement vers un populisme «à la française» suppose de prendre en compte rapidement l’aspiration du peuple à être entendu et mieux représenté. Des signaux forts doivent être envoyés dès à présent...."  

 

 Le spectre du populisme, par Alexandre Dorna (*) et Jean Francis Dauriac (**) : Le spectre du populisme parcourt le monde par médias interposés. Toujours présent en Amérique latine, au point que une «  nouvelle vague » semble atteindre presque tous les pays. L’Afrique et l’Asie subissent des secousses importantes.  Aux Etats-Unis, les postures populistes, qui n’ont jamais abandonné la scène politique, se manifestent autant chez les démocrates que chez les républicains. Quant à l’Europe : un discours populiste ouvert ou sournois gagne en audience et monte en puissance autant à l’ouest qu’à l’est. Même la défaite de S. Berlusconi en Italie n’est nullement l’arrêt d’un processus de transformation de la démocratie, la politique et les partis. La France  n’échappe pas à la règle. Tous se passe depuis des années, comme si elle était à la recherche d’un « chef » charismatique et, de surcroît, médiatique (1). La perception de l’idéologie populiste reste vague et parfois contradictoire. Pourtant, l’évocation des « vertus » du peuple est loin d’être une simple posture manipulatrice des leaders populistes, lorsqu’ils fustigent l’injustice sociale, la désintégration sociale, l’insécurité, le chômage, la disparition des nations et le désespoir des peuples devant les méfaits de la globalisation des marchés. Moins qu’un programme de gouvernement, le populisme exprime un mouvement de masse en position de rupture avec le système en place, souvent inséparable d’une exigence politique de changement d’élites. Rien d’étonnant donc que le populisme se propage dans des situations extrêmes de crises, et particulièrement de faillite démocratique au sein d’un marasme et d’un malaise généralisé. Les politologues refusent, paradoxalement et à tort, de considérer le populisme comme digne d’une étude idéologique et d’une analyse approfondie de ses antécédents historiques et du contexte sociétal. Ainsi, faute d’une définition théorique claire, les contours flous du populisme ne permettent que d’identifier un « prototype » autant idéal que diffus. Plusieurs auteurs font de l’appel au peuple le nœud gordien du populisme. C’est l’appel lancé par un ou plusieurs leaders charismatiques pour lesquels la critique des partis politiques se fait au profit d’une demande affective de changement. Il y a ainsi un réquisitoire contre le dysfonctionnement des institutions politiques, autant qu’une critique contre le manque de courage des élites au pouvoir.  La valorisation des vertus naturelles du peuple rendrait inutile toute médiation d’un personnel politique professionnel inapte et cynique. La classe politique est à abattre. D’où la tentation d’adhésion à un homme ou à une femme perçu(e) comme charismatique, qui incarnerait les aspirations les plus profondes du peuple face à la crise morale, économique et politique qui se manifeste dans l’injustice sociale, l’insécurité, le chômage et la dissolution de la nation. En somme : c’est la revendication d’une rupture avec le système politique en place et ses règles de fonctionnement. Une tentative de contester le statu quo et la pesanteur institutionnelle. La polémique qui entoure les diverses expériences populistes, depuis le XIXe siècle (2) n’a pas réussi à fonder une théorie homogène et cohérente. Ses détracteurs ont dénoncé lourdement ses excès et ses faiblesses, en particulier le rôle des chefs charismatiques, jusqu’à réduire la question populiste à la personnalité des acteurs et faire du discours populiste un amas de mots démagogiques. Pis encore : le populisme ne serait que la phase initiale du totalitarisme ou d’un nationalisme dénaturé, ou l’expression des ressentiments d’une masse marginale, « bestiale, criminelle et délinquante », selon les anathèmes des juristes et des psychologues néo-darwiniens du XIXe siècle. A l’inverse, si les partisans du populisme arrivent (tant bien que mal) à séparer la paille du grain dans une polémique devenue sournoise et de mauvaise foi, force est de constater que personne n’a réussi à délivrer un corps de doctrine ou une théorie explicative cohérente. Récemment, Laclau (3) a proposé d’analyser la « raison populiste » et de penser le populisme comme une forme dégradée de la démocratie. C’est de le sortir du purgatoire des sciences sociales, et le comprendre comme un type de gouvernement aspirant à élargir les bases démocratiques de la société, afin d’articuler les demandes de re-construction du politique. La thèse centrale de  se résume  ainsi : « Lorsque les masses populaires  sont exclues longtemps de l’arène politique, alors émergent certaines formes de leadership qui ne sont pas dans le cadre orthodoxe de la démocratie libérale. Mais, le populisme, loin d’être un obstacle, est une garantie de démocratie, car il évite que celle-ci se transforme en pure gestion. » ; Comprendre la portée théorique du populisme implique diagnostiquer les crises de société. Ainsi, l’énonciation d’un paradigme unique ne semble pas indispensable pour décrypter le discours populiste.  Ni les thèmes ni les contenus ne sont les mêmes partout, leur variété est prodigieuse, mais ces discours ont une forme qui fait passer le souffle en produisant des mots audibles pour tous ceux qui se trouvent dans l’attente et le besoin. En somme, si presque tous les discours politiques partagent un fond idéologique commun, c’est la réitération et la manipulation de la forme aux moments de crise qui rendra le discours populiste plus percutant et plus audible que d’autres. Le danger est qu’en abandonnant son pouvoir à un ou « une » leader, le peuple abandonne aussi la plupart de ses contrepouvoirs en faisant un pari bien trop risqué :se livrer à une personnalité médiatico-charismatique et se déclarer prêt à suivre pour tout simplement exprimer sa lassitude et son refus d’un système, dans lequel il ne trouve plus à s’exprimer, ne croyant plus à ses institutions ni aux pouvoirs intermédiaires. Hélas, la France a déjà connue cette préjudiciable tentation. Eviter un glissement vers un populisme «à la française» suppose de prendre en compte rapidement l’aspiration du peuple à être entendu et mieux représenté. Des signaux forts doivent être envoyés dès à présent, autant, sinon plus, sur la possibilité de changer véritablement la politique, d’améliorer la représentativité des élus et institutions, que sur un « projet de société» ou la seule promesse de changements. Car nul ne peut conduire un projet, ni provoquer un réel changement de la société, s’il est privé de la confiance du peuple et coupé de ses attentes.  Par Alexandre Dorna (*). Professeur de psychologie sociale et  politique Université de Caen et Jean Francis Dauriac (**). Président de l’observatoire de la démocratie 

 

Références/ bibliographie : (1) Dorna, A (2004) : De l’âme et de la cité, Paris, L’Harmattan. (2) Dorna, A. (1999) : Le Populisme, Paris, PUF. (3) Laclau E. (2005) La Razon populista. Mexico. FCE.

 

 

 

 

 

 

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