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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 08:34

 

Alain-1-.jpgRépublique, oui, nationalisme non

...si dès le XIXe siècle, envisager la nation revient à penser l’unité, réciproquement, quand un théoricien se montre sensible à la valeur de la diversité, il récuse l’idée nationale. Ainsi, le philosophe Alain (...) note dans ses cahiers personnels que la nation est « une ombre sans forme », parce que les régions de France sont trop différentes pour qu’on puisse y discerner la moindre unité :

[…] lorsque l’on compare un Normand à un Toulousain, et l’un et l’autre à un Breton, réellement on n’aperçoit plus le lien qui fait de la France un être. Ce n’est pas que nous ne sachions quelle est l’essence de la cité et comment elle dure comme une île au milieu du fleuve ; mais cette idée ne nous apprend rien sur les grandes nations qui vivent maintenant. Rentrés dans la caverne, nous n’arrivons pas à retrouver sur le mur même une esquisse imparfaite de la Cité ; […] France, Angleterre, réellement ces ombres sont sans forme. [1  ]

(...) la réflexion d’Alain (...) dans le sillage de l’Affaire Dreyfus, cherche à désarmer les prétentions des nationalistes français, n’est [pas] neutre. Mais ces remarques nous rapprochent de la spécificité du cas français, car elles jouent sur un registre d’oppositions qui relève moins du problème de la nation que de catégories de l’appartenance politique dominantes en France. Quand il parle d’une « ombre » et de la « caverne », dans une allusion transparente au livre VII de la République de Platon, Alain indique que la nation n’est pas un concept politique rationnel, mais appartient aux fantômes de l’illusion. Il la dévalorise au profit de ce qui lui apparaît dans d’autres textes comme la vraie source de l’union politique : des relations réfléchies entre membres de la communauté prenant des décisions qu’ils jugent raisonnables et qui se manifestent dans le débat démocratique et les élections qui en résultent. Alain ne nie nullement le rôle des passions en politique, mais il pense qu’elles peuvent, et dans une société bien ordonnée, doivent, se mettre au service de la raison.

Alain inaugure un type de réflexion qui finit par constater que la nation est – selon une formule radicale que j’ai risquée autrefois – une « hallucination » [2  ], ou du moins, pour emprunter aux thèses désormais classiques de Benedict Anderson, une « communauté imaginée » [3  ]. Dans cette imagination au travail, l’identité représente l’affect : si l’on parle en effet de sentiment national, c’est que le grand succès de l’idée de nation a été de croiser des passions et des appartenances politiques, situant l’appartenance au groupe à un niveau infra-rationnel. C’est de cette disjonction de la raison et de la nation que la critique « alinienne » tire sa source.

Dans l’histoire française, cette position représente un retournement considérable du républicanisme classique, qui avait étroitement associé la nation et la république, la raison et la passion patriotique, y compris dans les circonstances les plus sordides. C’est aux cris de « vive la nation, vive la République », que fut accueillie, dit-on , la présentation de la tête sanglante de Louis XVI au matin de sa décapitation.

Notes :

[1  ] Alain, Cahiers de Lorient, éd. Maurice Savin, 2 vol, Paris, Gallimard, 1964, pp. 183-184.

[2  ] Thierry Leterre, Three lectures on citizenship, individuals and justice, coll. « Governance in southern africa », Bellville, South Africa : School of Government, University of Western Cape, 1999.

[3 ] Benedict R. O’G. Anderson, Imagined communities : reflections on the origin and spread of nationalism, London, Verso, 1991.

 

Thierry Leterre — Alain et la nation
Extrait de « Une identité au pluriel ? » - Regards sur l’actualité, numéro consacré à « L’identité nationale en débat » n° 358, février 2010, p. 25-32.  http://alinalia.free.fr/spip.php?article229

 

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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 08:30

L'idée de Nation- Synthèse  La nation est davantage une construction idéologique qu’une réalité concrète, ce qui explique la difficulté de lui donner une définition pleinement satisfaisante. Son étymologie est liée à la notion de naissance (nascere). Ainsi, à l’époque médiévale, l’idée de nation renvoie ainsi à un groupe d’hommes à qui l’on attribue une origine commune. Mais la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. ...
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La Nation, de Fichte à Rénan Il existe différentes conceptions philosophiques de la citoyenneté. Une définition « subjective » de la nation, qui insiste sur le sentiment d'appartenance. Cette vision est particulièrement présente dans conception française. ...
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Qu'est ce qu'une Nation par Ernest Renan 11 mars 1882 Qu'est-ce qu'une nation ? par Ernest Renan Conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882- ...
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Le retour du caractère national ? par Alexandre Dorna, Directeur des cahiers de la psychologie politique, Vice Président de l'Observatoire de la démocratie La pertinence de l’actualisation de l’identité nationale et par ricochet du caractère national s’est vue largement médiatisée lors de la dernière campagne présidentielle française et la polémique déclenchée, par le nouveau Président de la République , s’est développé davantage avec la création d’un ministère de l’Identité nationale et de l’immigration. ...
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Grande Nation ou petite patrie, quelle France ? par Raphaël Dargent, Directeur de la revue Libres, Président du cercle Jeune France     "..l’existence du caractère national, l’existence somme toute d’un peuple, est une nécessité démocratique. On peut être satisfait qu’en France, la citoyenneté soit encore liée à la nationalité. On a connu souvent des Empires autoritaires multinationaux ; a-t-on jamais vu de républiques démocratiques multinationales ?.."..
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La notion de caractère national à l'époque romantique  La notion de caractère national s’affirme à l’époque romantique dans le cadre d’une opposition à la conception libérale ou individualiste de la nation. D’après celle-ci, les individus se libèrent de toutes leurs particularités en conquérant leur autonomie et leur indépendance. ...
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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 06:35

1. Définition de la nation

La nation est davantage une construction idéologique qu’une réalité concrète, ce qui explique la difficulté de lui donner une définition pleinement satisfaisante. Son étymologie est liée à la notion de naissance (nascere). Ainsi, à l’époque médiévale, l’idée de nation renvoie ainsi à un groupe d’hommes à qui l’on attribue une origine commune. Mais la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve plutôt sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance commune. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu’elle est intériorisée et transmise d’une génération à l’autre. Pour s’imposer, elle suppose également l’existence d’une volonté durable de vivre au sein d’un même ensemble.

Certaines données objectives permettent de définir une nation : le territoire, l’ethnie, la langue, la religion, la culture, l’État. Mais l’idée de nation ne leur est pas réductible. Il existe ainsi des nations plurilingues (ex : la Suisse) ou connaissant plusieurs religions (ex : l’Allemagne). Il y a également des nations sans territoire propre ou d’autres encore qui sont partagées entre plusieurs États. Aussi la nation apparaît-elle d’abord comme une construction politique, dont la fonction est de garantir la cohésion sociale et de faire respecter l’autorité de l’État. Pour ces raisons, l’idée de nation est elle-même liée à l’histoire de chaque pays.

2. Des différences de développement et de conception de l’idée de nation

Elle s’est parfois imposée à partir d’institutions étatiques préexistantes ou, au contraire, a favorisé la construction d’États regroupant des populations précédemment séparées sur plusieurs territoires.

En France et en Angleterre, c’est l’action centralisatrice et unificatrice du pouvoir royal qui a contribué de manière décisive à l’émergence de la nation. Mais le sentiment national, présent chez une élite restreinte, s’est diffusé assez lentement. Il faut en effet attendre la fin du XVe siècle pour que l’idée de nation devienne incontournable en France et en Angleterre. La guerre de Cent ans a soudé les populations dans l’adversité et contribué de manière décisive à l’émergence de l’identité nationale.

Dans d’autres pays, l’idée de nation s’est développée en l’absence d’un cadre étatique unitaire. Ainsi, en Allemagne, l’existence d’une langue et d’une culture commune a permis de concevoir la nation allemande en l’absence de toute unité politique avant 1871. De même, en Italie, le sentiment national a servi de ciment idéologique préalable à l’unification de l’Etat.

La double dimension-objective et subjective- de l’idée de nation trouve un écho dans la formulation à la fin du XVIIIe et au XIXe siècles de deux concepts distincts de la nation par des penseurs français (Renan, Fustel de Coulanges) et allemands (Herder, Fichte), qu’on présente souvent comme la "conception française" et la "conception allemande" de la nation. Herder propose une définition de la nation fondée sur le sol et une langue commune, et Fichte, dans ses Discours à la nation allemande (1807-1808) , insiste sur l’idée de peuple et l’importance de la langue. Ernest Renan, dans sa célèbre conférence de 1882 intitulée "Qu’est-ce qu’une nation ?", pose quant à lui comme critères de l’appartenance nationale "le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis." Selon lui, "l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours."

3. Etat, nation et État-nation

Réalité historique et politique, objet de réflexion et de débats théoriques, la nation est également devenue depuis la Révolution française une notion juridique à part entière. L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dispose ainsi que "le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément." En application de ce principe, la nation est devenue la source des différents pouvoirs, se substituant au droit divin qui légitimait le pouvoir monarchique. La désignation des détenteurs du pouvoir par le biais de l’élection et le principe d’égalité des citoyens devant la loi et les charges publiques découlent de cette conception de la nation. Celle-ci peut être définie comme le peuple constitué en corps politique, dont la volonté est mise en oeuvre par des représentants élus, sans qu’aucun corps intermédiaire ne puisse y faire obstacle. La constitution du peuple en un corps politique, la nation, détentrice de la Souveraineté, modifie par ailleurs la conception de l’État en le soumettant au principe démocratique. La nation le relie ainsi à la société en lui conférant une légitimité démocratique. Pour cette raison l’État et la nation sont très souvent associés, au point que pour certains toute nation a le droit de disposer d’un État et tout État doit s’appuyer sur l’existence d’une nation. L’existence des États-nations apparaît dès lors comme une conséquence logique du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dont le principe s’est imposé au XXe siècle dans la conduite des relations internationales. L’État se caractérise alors par la superposition d’une entité politique souveraine avec un ensemble culturel unifié du point de vue linguistique ou religieux.

4. Critiques et remise en cause

Mais l’idée de nation a fait l’objet d’importantes remises en cause. Alors que la Révolution française avait mis en oeuvre une conception unifiée de la nation, s’opposant aux corps intermédiaires et aux pouvoirs locaux qui divisaient les individus et s’opposaient à l’exercice de leur citoyenneté, les inégalités sociales apparues avec la Révolution industrielle ont contribué à nourrir la critique de l’idée nationale. Pour les tenants de la théorie de la lutte des classes, l’idée de nation masque les conflits d’intérêts qui opposent les classes sociales selon leur position dans le processus de production. L’égalité des droits dans le cadre national occulterait ainsi l’inégalité de fait existant entre prolétaires et capitalistes dans les différents États. Aussi le mouvement révolutionnaire s’est-il construit comme un mouvement internationaliste, visant à la suppression des classes, de l’État,... et des nations. Les régimes socialistes européens apparus après la Révolution de 1917 se sont cependant appuyés sur le fait national sans le remettre en cause : l’URSS était ainsi elle-même divisée en Républiques et en communautés autonomes correspondant aux différentes nations composant l’État soviétique.

Source Documentation française - Vie publique

Notre dossier du mois:  "l'identité nationale" L'idée de Nation - Synthèse- Le retour du caractère national ? Alexandre Dorna; Grande nation ou petite patrie, quelle France? Raphaël Dargent ; La notion de caractère national à l'époque romantique; Robert Legros; pour ou contre la créatin d'un Ministère de l'identité nationale; Qu'est ce qu'une Nation ? (Ernest Renan-1882); La Nation de Fichte à Rénan

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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 06:24

Il existe différentes conceptions philosophiques de la citoyenneté. Une définition « subjective » de la nation, qui insiste sur le sentiment d'appartenance. Cette vision est particulièrement présente dans conception française. Cette vision a été particulièrement formalisée par Ernest Renan dans son discours à la Sorbonne Qu'est-ce qu'une nation ?, en 1882 : « Une nation est donc une grande solidarité[...]. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune [...] un plébiscite de tous les jours[...]. Oh ! je le sais, cela est moins métaphysique que le droit divin, moins brutal que le droit prétendu historique. [...]. Une nation n'a jamais un véritable intérêt à s'annexer ou à retenir un pays malgré lui. Le vœu des nations est, en définitive, le seul critérium légitime, celui auquel il faut toujours en revenir ». Cette vision mêne assez logiquement au droit du sol, ou une personne devient facilement membre d'une nation au nom du lieu ou elle est née, ou elle vit et dont elle partage le destin. Une définition « objective » de la nation, qui insite sur une ascendance commune, un territoire commun et une langue commune. Cette vision est particulièrement présente dans conception Allemande. La citoyenneté est donc une réalité objective indépendante de la volonté des individus. Un des auteurs les plus anciens à avoir formalisé cette aproche est Johann Gottlieb Fichte, dans son Discours à la nation allemande, en 1807-1808. Pour Fichte, la Nation se détermine de façon objective par la culture, l'histoire et la langue. Certaines nations ont su conserver au cours des âges la langue originelle de leurs ancêtres, ce sont les « nations-mêres ». Le peuple allemand, supposé avoir conservé sa langue depuis l'antiquité est ainsi une de ces nations-mêres, par opposition aux nations de langues latines, puisque celles-ci on oubliées le latin antique au bénéfice de nouvelles langues dérivées. Le peuple allemand doit s'unifier. Fichte est ainsi un des premiers penseurs pangermaniste. Cette vision mêne plutôt à une conception de la nationalité basée sur le "droit du sang", ou il est difficile voir impossible à un allogène de devenir membre du corps national. Depuis peu, le "droit du sol" a été introduit en Allemagne, notamment pour permettre une meilleure intégration des descendants d'immigrés. Lors de l'invasion des Français en Prusse, Fichte prononça ses Discours à la nation allemande, qui ranimèrent vivement l'esprit public contre la France. Il était par ailleurs franc-maçon. [1] Déçu par la franc-maçonnerie, il opposa à la réalité de la franc-maçonnerie de son temps l'idéal franc-maçon, à savoir celui d'une élite dont la mission est de propager le modèle d'une organisation nouvelle de l'humanité. Pour Fichte, la Nation se détermine de façon objective par la culture, l'histoire et la langue. Certaines nations ont su conserver au cours des âges la langue originelle de leurs ancêtres, ce sont les « nations-mères ». Image:Johann Gottlieb Fichte.jpgLe peuple allemand, supposé avoir conservé sa langue depuis l'antiquité est ainsi une de ces nations-mères, par opposition aux nations de langues latines, puisque celles-ci on oubliées le latin antique au bénéfice de nouvelles langues dérivées. Le peuple allemand doit s'unifier. Fichte est ainsi un des premiers penseurs pangermaniste. La Nation s'incarne dans l'État, lequel représente et décide « l'orientation de toutes les forces individuelles vers la finalité de l'espèce[2] ». L'État doit être démocratique, assurant la liberté de chacun, et la possibilité pour chacun d'avoir une vie heureuse et profitable, en assurant une distribution équitable des richesses. L'homme « doit travailler sans angoisse, avec plaisir et joie, et avoir du temps de reste pour élever son esprit et son regard au ciel pour la contemplation duquel il est formé... C'est là son droit puisque enfin il est homme[3] ». Source Wikipédia

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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 06:11
Qu'est-ce qu'une nation ? par Ernest Renan Conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882- Source bibliothèque municipale de Lisieux-"Je me propose d'analyser avec vous une idée, claire en apparence, mais qui prête aux plus dangereux malentendus. Les formes de la société humaine sont des plus variées. Les grandes agglomérations d'hommes à la façon de la Chine, de l'Égypte, de la plus ancienne Babylonie ; - la tribu à la façon des Hébreux, des Arabes ; - la cité à la façon d'Athènes et de Sparte ; - les réunions de pays divers à la manière de l'Empire carlovingien ; - les communautés sans patrie, maintenues par le lien religieux, comme sont celles des israélites, des parsis ; - les nations comme la France, l'Angleterre et la plupart des modernes autonomies européennes ; - les confédérations à la façon de la Suisse, de l'Amérique ; - des parentés comme celles que la race, ou plutôt la langue, établit entre les différentes branches de Germains, les différentes branches de Slaves ; - voilà des modes de groupements qui tous existent, ou bien ont existé, et qu'on ne saurait confondre les uns avec les autres sans les plus sérieux inconvénients. À l'époque de la Révolution française, on croyait que les institutions de petites villes indépendantes, telles que Sparte et Rome, pouvaient s'appliquer à nos grandes nations de trente à quarante millions d'âmes. De nos jours, on commet une erreur plus grave : on confond la race avec la nation, et l'on attribue à des groupes ethnographiques ou plutôt linguistiques une souveraineté analogue à celle des peuples réellement existants. Tâchons d'arriver à quelque précision en ces questions difficiles, où la moindre confusion sur le sens des mots, à l'origine du raisonnement, peut produire à la fin les plus funestes erreurs. Ce que nous allons faire est délicat ; c'est presque de la vivisection ; nous allons traîter les vivants comme d'ordinaire on traite les morts. Nous y mettrons la froideur, l'impartialité la plus absolue. ...lire la suite chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3 
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 08:00

La pertinence de l’actualisation de l’identité nationale et par ricochet du caractère national s’est vue largement médiatisée lors de la dernière campagne présidentielle française et la polémique déclenchée, par le nouveau Président de la République , s’est développé davantage avec la création d’un ministère de l’Identité nationale et de l’immigration. Seul l’avenir dira si ses effets répondront à ses causes profondes. C’est pourquoi ces propos n’ont pas la prétention d’apporter une réponse fracassante à la question posée sur le caractère national, mais de situer la réflexion à travers une nouvelle heuristique (Dorna 1998, 2004). Ce texte est  une esquisse rapide pour saisir la portée d’un concept oublié. Peu d’auteurs utilisent la notion de « caractère national », mais plusieurs la refusent ou la jugent sans fondement scientifique. Ainsi, se trouve-t-elle étonnamment en sommeil. Cela fait partie  d’un processus de refoulement conceptuel et de l’influence d’un parti-pris épistémologique, dont les sciences humaines et sociales (SHS) sont tributaires. Toujours est-il que des nombreux philosophes et d’historiens du XIXe et de la première moitié du XXe siècle en font grand usage : Fichte et Hegel, aussi bien que des psychologues comme Lanswell, en passant par l’école de Frankfurt et l’austro-marxisme. Certes, à la fin du XXe et au début du XXIe, l’éclipse est presque complète. Les universitaires en sciences humaines et sociales (SHS) lui ont tourné le dos. On en trouve la raison dans les séquelles des abus idéologiques, la virulence avec laquelle les mouvements fascistes, nationalistes et communistes ont utilisé les diverses composantes de l’idée  nationale. Il y a, de plus, les pensées néolibérale et post-marxiste qui, mêlant leur volonté de dépasser le cadre politique de l’Etat-nation, se livrent à un règlement de comptes conceptuel avec tous ceux qui de près ou de loin y font référence. Parallèlement, les nouvelles sciences sociales, issues du pragmatisme philosophique et du formalisme méthodologique, ont abandonnées une vision holiste, au nom d’une science objective, notamment la psychologie (individuelle et expérimentale) et la sociologie de type quantitative, ..Pourquoi donc tenons nous à réveiller une notion aussi oubliée que contestée, si imprécise que certains hésitent ou renoncent à lui attribuer une scientificité ? Lire la suite Paru dans les cahiers de la psychologie politique

 

Notre dossier du mois:  "l'identité nationale" L'idée de Nation - Synthèse- Le retour du caractère national ? Alexandre Dorna; Grande nation ou petite patrie, quelle France? Raphaël Dargent ; La notion de caractère national à l'époque romantique; Robert Legros; pour ou contre la créatin d'un Ministère de l'identité nationale; Qu'est ce qu'une Nation ? (Ernest Renan-1882); La Nation de Fichte à Rénan

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 07:38

 

 

 "..l’existence du caractère national, l’existence somme toute d’un peuple, est une nécessité démocratique. On peut être satisfait qu’en France, la citoyenneté soit encore liée à la nationalité. On a connu souvent des Empires autoritaires multinationaux ; a-t-on jamais vu de républiques démocratiques multinationales ?.." Raphaël Dargent, Directeur de la Revue Libres

 A quoi reconnaît-on qu’on est français ? A quoi reconnaît-on qu’on n’est pas d’un autre peuple ? Comment, dès lors qu’on y parvient, est-il possible de définir l’identité de la France  ? Posons-le d’entrée : il y a un lien évident entre le caractère et l’identité, entre les caractéristiques d’un peuple et les constituants d’une nation. Charles Péguy propose une méthode : il faut, selon lui, « regarder la France comme si on en était pas. » Selon la définition de Péguy, c’est donc l’étranger qui nous définirait le mieux. Soyons donc pour un temps ces étrangers. Facile à dire. Est-ce si aisé de faire abstraction de ce que justement nous sommes ? J’ai beau, avec Péguy, tenter de me convaincre que je ne suis pas français, j’ai beau essayer de m’abstraire de cette réalité, je ne puis complètement, intégralement, substantiellement me détacher de cette réalité : je suis français. Je précise : je suis français non pas seulement de nationalité, par la nationalité, parce que je suis né ici, sur ce sol, je suis français par constitution, par imprégnation, par transmission. Et j’allais dire, pour peu que nous ne vivions pas en France depuis une semaine, c’est notre lot commun, qu’on le veuille ou non, qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore. C’est là notre irréductible réalité. Au risque de contredire sur ce point Péguy, relevons donc ici ce défi de tenter de cerner le caractère français, et partant de définir l’identité de la France , alors que nous sommes, c’est ainsi, français. Il se peut que ce travail d’introspection se révèle fort utile en ces temps déprimés et de doute existentiel. Chacun aura compris que j’évacue d’emblée la question : « le caractère national, mythe ou réalité ? » Oui, je crois qu’il existe bel et bien des caractères proprement nationaux, qui au-delà de caractéristiques physiques distinctes, se révèlent à un ensemble de dispositions morales, sociologiques et psychologiques particulières qui différencient les peuples. Il suffit de passer quelques temps en Italie, en Egypte, en Inde ou en Namibie pour mesurer ce qui distinguent les peuples italien, égyptien, indien ou namibien du peuple français. Il arrive parfois, à notre grande surprise, qu’en ces contrées, parmi ces peuples, on finisse par éprouver ce qu’on appelle assez joliment « le mal du pays ». Pendant la Seconde Guerre mondiale la philosophe Simone Weil écrivait dans son exil londonien que « la réalité de la France [était] devenue sensible aux Français par l’absence. » Il se peut que nous soyons à nouveau rendu aujourd’hui à ce point funeste d’une France absente qui nous obsède.  J’ajoute que l’existence du caractère national, l’existence somme toute d’un peuple, est une nécessité démocratique. On peut être satisfait qu’en France, la citoyenneté soit encore liée à la nationalité. On a connu souvent des Empires autoritaires multinationaux ; a-t-on jamais vu de républiques démocratiques multinationales ? Le libéral John Stuart Mill ne manquait pas d’affirmer qu’ « il est presque impossible d’avoir des institutions libres dans un pays formé de différentes nationalités. » Permettez cette parenthèse : c’est bien parce qu’il n’existe pas un peuple européen unique qu’il est si difficile d’établir une démocratie européenne. Rousseau ne s’y trompa pas lorsqu’il rédigea son Projet de constitution pour la Corse  : «  La première règle que nous ayons à suivre, c’est le caractère national : tout peuple a, ou doit avoir, un caractère national ; s’il en manquait, il faudrait commencer par le lui donner. »  Ce n’est donc pas sur l’existence ou non du caractère national français et de l’identité française que portera mon intervention – existence que je considère comme réelle – mais sur les fondements de ce caractère et de cette identité, sur leurs caractéristiques essentielles et indépassables, et surtout, à l’heure de la mondialisation, non pas de leur survivance, mais de leur indispensable revivification. Ainsi Alexandre Dorna n’a-t-il pas tort d’estimer utile désormais, eu égard à la marche actuel du monde, de « déterrer le cadavre » du caractère national, tout particulièrement pour la France. Mon propos consiste justement en ce travail d’exhumation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Première partie  

Les fondements du caractère national français 

Quels sont les fondements du caractère français ?  

Acquis et inné  

Un mot d’abord sur le concept de race, pour mieux l’évacuer au profit de celui de caractère. On attache aujourd’hui au terme de race une définition exclusivement ethnique et in fine une connotation scandaleuse qui rend le mot insupportable à nos oreilles. Pourtant le Petit Larousse est clair : une race est aussi une « catégorie de personnes ayant des inclinations communes. » En son temps, pas si lointain, Paul Valéry utilisait innocemment le mot puisque le mot était encore innocent. Paul Valéry n’était évidemment pas « raciste ».  De même, lorsque, avant lui, l’historien Camille Jullian au XIXe siècle parlait de « race », il l’entendait comme un concept non pas ethnique mais psycho-sociologique, disons l’affirmation d’un tempérament commun, exactement d’un caractère. Gobineau et son inacceptable théorie d’une inégalité entre les races, et les crimes du XXe siècle, ont progressivement changé notre perception du mot. Aujourd’hui, son utilisation est jugée choquante ou au moins maladroite. Parlons donc de caractère national. Mais lorsqu’on a dit cela, on a rien dit, car il ne suffit pas de remplacer le mot « race » par  l’expression « caractère national », pour évacuer en même temps l’ensemble des questions que sous-tendait le mot, questions qui restent entières. Ce caractère national est-il acquis ou inné ? Est-il le résultat d’un apprentissage ou d’un héritage ? le fruit de la culture ou de la nature ? la conséquence du vécu ou de l’hérédité ? Pour résumer, ce caractère national, puisqu’il existe, est-il lié au sol ou au sang ?Qu’il soit lié au sang me semble difficilement soutenable aujourd’hui. Pourtant si l’hérédité ne compte pas à elle seule, elle n’est certes pas quantité négligeable. Ainsi Jules Soury, professeur à la fin du XIXe siècle de psychologie physiologique à la Sorbonne , n’avait-il qu’en partie tort d’écrire lorsqu’il cherchait à définir l’hérédité psychologique que « le mort tient le vif ». Chacun peut observer, parfois avec désarroi, combien les années passant, il peut ressembler, non seulement dans les traits physiques, mais encore dans les attitudes corporelles, dans les manies, dans les dispositions mentales ou morales, à son père ou à sa mère. Croit-on que les choses soient différentes pour un peuple ? Qui peut dire que la composante proprement ethnique d’un peuple n’a rien à voir avec son caractère ? Si on en croit Alain Peyrefitte, le général de Gaulle lui-même était sensible à cet élément. « C’est très bien, disait-il, qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » Je ne suis pas sûr que si aujourd’hui un homme politique français tenait de tels propos, celui-ci échapperait à un procès pour incitation à la haine raciale; à vrai dire je suis même sûr du contraire. Croit-on que de Gaulle, après Paul Valéry, était raciste ? Je suis volontairement provocateur, mais comprenez-le : entre l’acquis et l’inné, le choix n’est pas si simple. Lire la suite Paru dans "les cahiers de la psychologie politique"

Notre dossier du mois:  "l'identité nationale" L'idée de Nation - Synthèse- Le retour du caractère national ? Alexandre Dorna; Grande nation ou petite patrie, quelle France? Raphaël Dargent ; La notion de caractère national à l'époque romantique; Robert Legros; pour ou contre la créatin d'un Ministère de l'identité nationale; Qu'est ce qu'une Nation ? (Ernest Renan-1882); La Nation de Fichte à Rénan

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 07:31

 .."l’humanité de l’homme n’est pas engendrée par l’homme lui-même, par son pouvoir d’autonomie, sa capacité de devenir majeur, sa faculté de commencer, mais par des appartenances particulières, par son inscription dans une histoire, une langue, une religion, bref par un enracinement au sein d’une culture.." Robert Legros

 

  La notion de caractère national s’affirme à l’époque romantique dans le cadre d’une opposition à la conception libérale ou individualiste de la nation. D’après celle-ci, les individus se libèrent de toutes leurs particularités en conquérant leur autonomie et leur indépendance. Devenant majeurs, leur humanité efface les traces d’un passé au cours duquel ils étaient restés enfermés dans leurs traditions. La conception organiciste de la nation, développée au sein du mouvement romantique, en Allemagne mais aussi en France, repose sur une conception profondément neuve de l’humain : l’humanité de l’homme n’est pas engendrée par l’homme lui-même, par son pouvoir d’autonomie, sa capacité de devenir majeur, sa faculté de commencer, mais par des appartenances particulières, par son inscription dans une histoire, une langue, une religion, bref par un enracinement au sein d’une culture. D’où une exigence nouvelle, celle de préserver l’humain non pas par le respect de droits qui seraient inhérents à tout être humain mais en sauvegardant ce qui porte la marque du caractère national. Pour comprendre la naissance de cette exigence qui se fait jour au sein du mouvement romantique, il importe de se reporter à l’histoire de la formation de la nation. La pensée romantique de la nation s’est développée en réaction contre la conception individualiste. Mais l’une et l’autre se détachent de la notion de nation qui avait pris sens à la fin du Moyen Âge dans le cadre du Royaume.  Telle qu’elle émerge de la révolution démocratique, la nation est constituée, comme Renan l’a souligné dans sa célèbre conférence de 1882, par deux composantes indissociables. « L’une, écrit-il, est dans le passé, l’autre est dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis »[1]. D’une part un passé commun, une mémoire collective, une même histoire. D’autre part le consentement actuel, le désir de continuer une vie commune, l’acte d’adhésion volontaire à la communauté nationale, comme si la nation était « un plébiscite de tous les jours »[2]. D’une part un héritage, d’autre part la volonté de l’assumer sans en rien retrancher. Une nation est constituée à la fois par la profondeur d’un passé et la force du vouloir : ainsi apparaît-elle quand elle ne se confond ni avec une association qui serait fondée sur un contrat, ni avec une ethnie qui serait fondée sur des critères naturels. Le courant individualiste ou libérale méconnaît cette double composante constitutive de la nation, de même que l’organicisme romantique. L’individualisme libéral ne voit dans le passé d’une nation qu’une dimension accidentelle ou contingente, voire un poids dont les membres d’une nation pourraient et devraient se libérer dès lors qu’ils ambitionneraient de se rendre autonomes, de décider eux-mêmes et par eux-mêmes des modalités de leur vie commune. L’organicisme romantique, en revanche, considère la volonté des individus comme seconde par rapport à leur appartenance à un passé qui les a façonnés. Du fait que les membres d’une nation veulent vivre ensemble, on ne peut nullement conclure, selon la perspective romantique, que leur volonté soit constitutive de leur union, c’est bien plutôt leur union, dans la mesure où elle remonte à un lointain passé, qui est constitutif de leur volonté de vivre ensemble.    L’individualisme libéral prétend en effet faire reposer la nation sur la seule volonté des individus, sur leur seule adhésion volontaire. Comme si la nationalité pouvait se réduire à une définition juridique. Comme si le choix des individus était inconditionné. Comme si la formation d’une nation n’était pas toujours plus originelle que la volonté d’y appartenir. Comme si le désir de vivre ensemble n’était pas toujours déjà second par rapport à une communauté qui a déjà son histoire.    Sensible aux dangers que fait peser l’individualisme libéral sur la vie en commun, la pensée romantique a développé une conception de la nation qui s’oppose radicalement à la conception individualiste et élective de la nation, qui semblait triompher au lendemain de la Révolution française. L’individualisme libéral conçoit la nation comme si elle pouvait devenir le produit d’un contrat, comme si elle pouvait être de l’ordre d’une association fondée sur le choix de ses membres, et comme si elle pouvait relever d’une construction ; de cette vision volontariste, artificialiste et individualiste de la nation, un courant du romantisme s’est attaché à prendre le contre-pied : il érige la nation en une donnée naturelle, vivante et organique.  La conception romantique de la nation décrit celle-ci comme une donnée naturelle plutôt que comme le produit d’un accord entre des individus, non pas au sens où elle serait d’ordre physique ou matériel : elle se définit au contraire par un esprit ou une âme. Elle est naturelle en tant que spirituelle. L’esprit d’une nation est naturel en ce sens qu’il façonne les individus qui la composent, et dès lors s’impose à eux à la manière d’une langue maternelle : comme un donné qui les précède et qu’ils doivent assumer. La conception romantique de la nation considère celle-ci comme une réalité vivante plutôt que comme une construction artificielle, non pas au sens où elle serait d’ordre biologique mais dans la mesure où, de même que la vie sous sa modalité la plus haute, à savoir la vie humaine, elle est l’union d’une âme et d’un corps. Elle est une âme incarnée ou un corps animé en ce sens qu’elle se caractérise par un esprit indissociable d’une sensibilité. La sensibilité d’une nation est spirituelle en ce sens qu’elle est imprégnée d’une culture. Son esprit est sensible en ce sens qu’il est incarné dans des institutions, des habitudes, des caractères qui lui sont propres. La conception romantique de la nation se représente celle-ci comme une communauté organique plutôt que comme une association d’individus, non pas au sens où elle serait d’ordre zoologique ou botanique mais en ce sens qu’elle forme un tout qui à la fois transcende ses parties – une langue, une musique, une littérature, un habitat, une peinture, une religion, des légendes, une constitution politique, des coutumes – et leur est immanent. La communauté nationale transcende ses parties car elle n’est pas leur simple somme, et elle leur est immanente dans la mesure où elle est présente en chacune d’elles.  L’opposition entre l’organicisme romantique et l’individualisme libéral est radicale car elle témoigne d’une opposition entre deux conceptions de l’humanité de l’homme. Dire que la nation est une association fondée sur la volonté de ses membres, repose sur un contrat, peut être l’objet d’un choix inconditionné, c’est concevoir que les membres d’une nation devenue démocratique lui appartiennent en raison de leur faculté humaine de choisir, en raison d’une volonté qui est libre en tant que volonté humaine ; bref leur humanité (leur liberté) est une condition de leur nationalité. En revanche, considérer la  nation comme une communauté naturelle, vivante, organique, c’est prétendre que ses membres sont humains (capable de vouloir, de penser, de comprendre) par leur appartenance à une nation – à une langue, une tradition, un esprit collectif, une sensibilité commune, en un mot une culture ; bref leur appartenance à une nation est considérée comme une condition de leur humanité. D’un côté une conception de l’homme comme humain (libre) en tant qu’homme, de l’autre une conception de l’homme comme humain en tant que membre d’une culture. L’organicisme romantique stigmatise la conception libérale et libérale en raison de son universalisme abstrait ; celle-ci dénonce le particularisme de la pensée romantique. Lire la suite

 

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 13:58

 

Les historiens Daniel Lefeuvre et Michel Renard discutent , dans une perspective critique, la pétition publiée par le quotidien Libération le 22 juin 2007 protestant contre la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale. (source Observatoire du communautarisme)

Dans une pétition, qui leur vaut la « Une » de Libération du 22 juin 2007, quelques 200 universitaires et intellectuels s'élèvent « contre la dénomination et les pouvoirs dévolus » au ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement.

Au cœur de leur protestation, il y a cette affirmation que, de leur « point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd'hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère. »

Cette thèse suscite plusieurs objections majeures.
On a parfois le sentiment que parler d'identité nationale, qu'affirmer sa fierté d'être français relèverait d'un positionnement politique d'extrême-droite, xénophobe et raciste. D'ailleurs, combien de fois, lors de la campagne électorale précédant le référendum sur le projet constitutionnel européen, ces qualificatifs ont-ils été jetés à la face des partisans du « Non » ? Aujourd'hui même, dans le débat qui nous occupe, ceux qui revendiquent la réalité d'une identité française ne sont-ils pas victimes d'une même stigmatisation ?

Situation étrange lorsque l'on sait que la plupart des initiateurs de la pétition et de bon nombre de ses signataires se revendiquent, par ailleurs, de l'anticolonialisme...Lire la suite

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