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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 09:03
h 4 ill 773592 pierre-rosanvallonCommunication et démocratie - Pierre Rosanvallon- Professeur au Collège de France, historien et théoricien de la démocratie, Pierre Rosanvallon a introduit l’édition 2010 du Forum Cap’Com à Reims.
Sa réflexion se concentre sur les mutations contemporaines de la démocratie et leur impact sur la fonction de communication. P. Rosanvallon présente la démocratie comme un régime qui construit la vie commune dans le temps. Ce régime relève d’une forme, d’une temporalité et d’un espace mouvants. La démocratie est constituée de trois grandes institutions invisibles : la confiance, la légitimité et l’autorité. Elles sont désormais en crise. Conséquence : d’autres rapports sont à instaurer entre les élus et les citoyens.  Et c’est à la communication d’établir ce nouveau rapport. Source Pierre Rosanvallon Capcom2010 by Observatoire SC

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Notre dossier " Universalité"

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 01:44

A grand coup de médias, un Ministre fort sympathique nous apprend qu'il est Franc Maçon et membre du Grand Orient de France. Cela lui a beaucoup apporté et correspondait, nous dit il, à un besoin, à un moment donné... Dont acte, pourquoi pas. Mais son "aveu" intervient peu de temps aprés le discours du Président de la République à Latran, remettant en cause la laïcité et lui valant justement une vive désapprobation du ....Grand Orient de France. Simple coïncidence. Il ne viendrait à personne à l'esprit que le Président lui ai demandé d'afficher son appartenance à cette organisation pour en rassurer les membres.  Ni de faire un lien avec la visite programmée du Président  au Grand Orient de France..et lui expliquer en quoi Dieu est nécessaire à la cohésion sociale, et la lutte contre les sectes une atteinte à la liberté de penser. Arrêtons donc de voir le mal partout.

L'Observatoire de la Démocratie

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 03:23

Vendredi 26 Octobre 2007, le club catalan le GESA, animé par Mme Renée Soum, organisait à Perpignan un débat sur le thème "Politique, médias, démocratie", animé par Jean-Francis Dauriac, Président de l'Observatoire de la démocratie. Pour voir et écouter l'intervention de Jean-Francis Dauriac, cliquez ici

Conférence du GESA : « Démocratie, Politique et Médias » LE VENDREDI 26 OCTOBRE AU CENTRE CULTUREL DE CABESTANY Avec Jean-Francis Dauriac Président de l’Observatoire de la démocratie. Invité d’honneur du GESA Madame Renée SOUM, Présidente du GESA, vous présente les vidéos de cette conférence. Le GESA (Groupe d’Etudes Sociétales et Actions) reprend ses travaux. Alors que la rentrée politique soulève de multiples interrogations sur l’avenir des médias et de la démocratie dans notre pays, alors que les organisations professionnelles de journalistes tirent la sonnette d’alarme sur le libre exercice de leur profession, alors que les concentrations économiques se poursuivent dans les médias, faisant craindre pour l’indépendance de ceux qui y travaillent, alors que le monde politique s’interroge sur la médiatique «people-isation» qui peut entraver le véritable débat citoyen, le GESA a choisi comme invité d'honneur pour sa conférence de rentrée : Jean-Francis DAURIAC, Président de l’Observatoire de la Démocratie, qui a traité de : « Démocratie Politique et Médias »


Jean-Francis DAURIAC Président fondateur de l’Observatoire de la Démocratie, a longtemps milité au MRG, dont il a été Secrétaire National, Secrétaire Général et Vice-Président avant de s’en séparer après s’être opposé à l’arrivée de Bernard Tapie en 1993/94. Il a rejoint le PS, dont il est membre du Conseil National. Titulaire d’un DESS en Sciences de l'information, il a participé à plusieurs cabinets ministériels dans le gouvernement Rocard (1988-1991). Directeur du CROUS de l’Ile de France , il a été l’auteur d’un rapport très médiatisé à Claude Allègre, alors Ministre de l'éducation nationale, sur les aides sociales aux étudiants. Il a créé dans la plupart des universités le « Festival Étudiant contre le Racisme ».

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 13:34

 Médias, propagande : mais qui donc a demandé aux journalistes d’être des « pédagogues » ? par Jean- Léon Beauvois

La campagne électorale en vue du référendum a une fois de plus montré la coupure entre deux France et le monopole de l’argumentation médiatique détenu par l’une de ces deux Frances, la première s’accommodant quelquefois volontiers de notre destin libéral(on ne dit pas européen), la seconde le refusant carrément sur des bases qui sont apparues comme majoritairement de gauche. On ne peut accepter l’idée avancée pour défendre ce monopole d’une obligation de pédagogie. Mais ne pas accepter cette idée conduit à diagnostiquer une propagande officielle qui se substitue au débat.

La campagne électorale en vue du référendum du 29 mai permet dès aujourd’hui de tirer quelques enseignements qui ne sont pas soumis aux résultats des votes.
-  Elle a confirmé, du point de vue de la sociologie électorale, la coupure de la France en deux populations (dites par facilité « France d’en haut » et « France d’en bas »), la première s’accommodant quelquefois volontiers de notre destin libéral(je ne dis pas européen), la seconde le refusant carrément sur des bases qui sont apparues comme toujours majoritairement de gauche [
1]. Cette coupure traverse néanmoins la coupure politique traditionnelle entre la droite et la gauche. Elle date du revirement vers la rigueur opéré par François Mitterand et son gouvernement en 1983.
-  Elle a montré, ce qui est nouveau depuis cette date, et ce qui a d’ailleurs considérablement surpris les « analystes », que la France d’en bas n’était pas seulement grognon et imbécile, mais qu’elle était parfaitement capable, lorsqu’elle disposait de leaders acceptant l’unité, de débattre avec arguments et efficacité, pouvant prendre l’initiative dans un débat public et relever ainsi le niveau de ce débat. Mais :
-  Elle a confirmé que, à ce débat, les principaux médias et commentateurs (y compris du service public) n’étaient pas réellement prêts, crispés qu’ils sont sur la défense des opinions d’en haut. On a pu constater, comme en 1992 [
2], le monopole qu’exerce la pensée d’en haut sur l’argumentation médiatique.

J’ai déjà commenté le premier point [3]. Le deuxième, je dois l’avouer, m’a quelque peu surpris. Je m’étais fait à l’idée d’une évolution des déçus vers l’apathie politique ou l’éparpillement. Il demande le temps de la réflexion. Le troisième, pas davantage contestable que les deux autres, pourrait alimenter le débat dans les prochains mois s’il reste, dans notre environnement médiatique, quelques traces d’idéal démocratique. Je m’y arrêterai dans cette note. Lire la suite

source: Libéralisme- démocratie

 

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 08:07

L'Observatoire français des médias

Pour comprendre les objectifs de l’association et les missions qu’elle se donne.

logo RUBRIQUE 7


logo ARTICLE 400

Chacun le sent bien : les médias sont devenus bien davantage qu’un quatrième pouvoir, selon l’expression autrefois consacrée. Ce sont eux qui fixent les termes du débat politique et en sélectionnent les acteurs. Economie, mode, culture, sport : aucun secteur n’échappe à leur emprise.
Cette puissance sans contrepoids, déjà préoccupante en elle-même, devient franchement alarmante pour la démocratie quand elle s’accompagne, comme c’est actuellement le cas, d’une concentration sans précédent : aux Etats-Unis, cinq (...)





logo ARTICLE 6

L’Observatoire français des médias a été créé le 24 septembre 2003.
Il est affilié à l’Observatoire international des médias, lancé au Forum social de Porto Alegre en janvier 2002, et officiellement créé le 23 janvier 2003 à Paris.
L’Observatoire international des médias est né du constat que les médias n’assuraient plus leur rôle de contre-pouvoir dans la mesure où le système médiatique est à la fois un acteur (par la concentration croissante qui le caractérise) et un vecteur de la mondialisation néo-libérale.
Plusieurs (...)
 

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 01:02

         

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Alexandre Dorna, Psychosociologue, Vice Président de l'Observatoire de la démocratie

La culture du narcissisme – selon la percutante formule de C. Lasch (2000) – dont le nœud gordien est l’hédonisme et la quête du plaisir par les individus, s’est vue obligée de ré-introduire le monde de l’émotion, au point de lui rendre un culte de plus en plus reconnu.  Il faut dire que l’individualisme narcissique de la post-modernité, à travers ses manifestations idéologiques (donc politiques), s’éloigne du modèle rationaliste et positiviste cristallisé au XIXe siècle, en évitant, en premier lieu, la pratique de la solidarité et l’engagement dans la perspective collective d’un monde meilleur et d’une nouvelle société, et, en deuxième lieu, en privilégiant l’égotisme et le goût solitaire de la passion.   

En conséquence, la recherche publicitaire et les approches explicatives en psychologie l’ont réintroduite dans leurs modèles. La prise en compte des phénomènes affectifs est devenue indispensable pour comprendre la dynamique sociale et interpersonnelle. Les analyses socioculturelles et la sphère de la communication politique, comme le phénomène du  charisme, qui se révèle un signe de la crise actuelle, en reconnaissent la pertinence. Contrairement à l’escamotage réalisé par la métaphysique rationaliste moderne, l’émotion occupe une place de plus en plus importante dans la représentation de la société occidentale et les comportements individuels.

La post-modernité (expression équivoque, mais très utile pour nommer le moment encore indéfini) fait appel à un retour de l’émotion, mais dans un élan où l’individu prime par-dessus toutes les anciennes conceptions sociétales. Certes, c’est un individu de masse qui se pense unique par dépit ou par rupture des liens affectifs profonds. Être seul en société est le mode pour s’incorporer à (où être incorporé par) la culture médiatique, laquelle exploite cet état d’âme et plonge les individus (sans liens profonds) dans une sorte de quête à l’hyper-émotivité. C’est la fabrication des sensations affectives fortes de participation (virtuelle) à travers de grands événements de masse. Les rencontres des jeunesses catholiques. La mort de Lady Di. Les liesses populaires (We are the champions …!) lors de grands événements sportifs. Or, cette émotion s’exprime plus sous la forme d’un désir de vibrer au milieu des spectacles que de vivre avec autrui. Une expérience en groupe, mais vécue individuellement. L’émotion ainsi artificiellement partagée est un acte momentané sans sentiments ni nostalgies. Plus d’appartenance et d’enracinement. Le nomadisme, Internet et le téléphone portable en bandoulière. 

L’attentat du 11 septembre représente en quelque sorte l’apothéose de l’émotion dégradée et vécue intensément par procuration. Nulle autre catastrophe n’a mobilisé autant les émotions : « nous sommes tous des Américains » ! Formule émouvante et pathétique sortie du cœur bien froid d’un journaliste en vogue. Les images en boucle des avions s’écrasant contre les tours jumelles ont prolongé l’extase émotionnelle que chaque téléspectateur a vécue en solo, mi-sidéré, mi-terrassé. Le narcissisme post-moderne exulte devant le grand spectacle d’un reality show où les effets spéciaux semblaient si parfaits que certains ont imaginé du virtuel ou ont cru à un canular version George Lucas.

Mais ce réveil de l’émotion n’est nullement le retour de l’affectivité sociale ni d’une nouvelle subjectivité sentimentale. Juste une réflexivité autocontrôlée et finement conditionnée par une propagande visqueuse et collante, inodore et insipide, mais redoutablement efficace, jusqu’à rendre le virtuel presque réel, ou suffisamment pour le croire, sans émettre de questions. Merveilleuse technique d’inoculation. L’émotivité narcissique aboutit au repli sur soi. A y penser, c’est là plus un besoin pressant d’excitation psychophysiologique, images plus adrénaline, que la présence de sentiments de fond. Loin du romantisme mélancolique ou de l’héroïsme nostalgique de jadis, c’est une mécanique de réponses d’excitation sans engagement affectif. Et ce conditionnement exige une réponse instantanée. 

La demande émotive est une croyance, presque une religion. La réussite des télé-évangelistes en est la version la plus visible, mais c’est juste le sommet d’un iceberg où c’est le mysticisme qui refait surface. Entendons nous : l’émotion reste froide et individualisée. C’est cette émotion qui s’est transformée en objet de marketing. L’aventure sans risque. Les grands frissons avec assurance. L’amour sans souffrance. La haine sans engagement.  A ne plus en douter, car le publicitaire le sait : l’émotion nouvelle fait vendre. La « culture pub » en témoigne : c’est l’image du plaisir et du corps. L’image en miroir avec l’invitation à y pénétrer

Le paradoxe est énorme : la grande vague d’émotion cathodique qui parcourt le monde occidental n’arrive pas à se transformer en projet sociétal d’avenir ni en idéologie politique, encore moins en humanitarisme désintéressé. Car les émois les plus géants ne se traduisent pas en actions collectives. Le tour du monde en solitaire. Voilà le héros des temps post-modernes. Il y a là juste une reconnaissance, un bain de foule dont les corps en réaction ne dégagent pas de la chaleur, mais simplement des miroirs. Un plongeon au milieu de la masse avec son et lumières. Tous les filtres cognitifs et les règles paralysantes de l’individualisme post-moderne sont là.

L’émotion se cultive, mais en solo. Certes, il y a le goût des autres, comme moyen d’excitation, mais le « moi » reste l’unique centre du plaisir. C’est l’autonomie du voyeur froid de spectacles chauds.

Faisons un bref rappel historique pour mieux comprendre.

L’émotion fut blâmée par la religion monothéiste et la métaphysique rationnelle (maîtriser et rejeter les passions !), puis par les sciences naturelles modernes. Si la position des modernes au XIVe siècle a refoulé l’émotion pour privilégier la raison (ce n’est pas la même chose que le logos des Grecs), la justification réside dans la volonté d’écarter l’homme de ses liens avec le monde animal et la tentation d’authenticité. La chasse aux passions est un des mots d’ordre du cartésianisme. L’émotivité est envisagée comme une pathologie, un handicap et un facteur de désadaptation. Contrôler ses émotions équivaut à se différencier des animaux et des sauvages ; c’est la mesure du comportement normal, le prix à payer pour être civilisé. Plus tard, l’émotion sera considérée comme un faux-pas de l’esprit, un égarement, voire un dysfonctionnement. La psychopathologie et la psychiatrie prendront en charge le côté obscur de la culture. L’homme moderne se soumet donc à la technique la plus perverse : l’autocontrôle rationnel. Libre : point d’émotion donc. Le retournement de situation est progressif, mais profond.

Voilà le paradoxe du retour en force de l’émotion médiatisée.

En réalité, si, pour le rationaliste d’hier, l’émotion était une source de pathologie, qui menaçait la raison, l’émotion des post-modernes niche toujours dedans, et si, aujourd’hui, on l’exclut, elle n’est guère assumée positivement par la société.

 Certes, les travaux d’A. Damasio (1995) retrouvent un ton de reconsolidation : l’émotion est désormais reconnue comme le point nodal du psychisme, voire la condition de la pensée rationnelle.  Bref, l’homme est redevenu une unité. Cependant, rien n’est moins sûr, car, si l’émotion est réduite à ses expressions individuelles solitaires, au sein des masses, mais sans projet commun, il n’y pas de point d’équilibre ni d’appui pour introduire un levier et faire bouger le monde. La séparation entre la tête et le cœur continue de plus belle.

Certes, l’émotion n’est plus assujettie au cogito, mais ne le dépasse pas. L’émotion n’épouse pas la raison. Si l’homme moderne était (idéalement) le « je pense donc je suis » de Descartes, l’homme post-moderne n’approuve  nullement une émotion dionysiaque comme dans le mythe grec; pure illusion rhétorique telle qu’elle se présente dans la sociologie à la mode. Le membre d’une tribu, l’homme, qui reste toutefois sans engagement.

En somme : l’emprise du rationalisme touche à sa fin, mais il n’a pas de vision collective de remplacement. La figure de l’émotion reste dans la démarche du faire voir et du faire valoir. Se montrer en images, d’accord, mais s’évader sans engagement pour se réfugier, enfin, dans un petit monde à soi. Cependant, un constat s’impose : contrairement à l’émotion des sentiments (chantée par les poètes romantiques), celle de l’homme post-moderne le rend plus insensible et moins disponible, plus manipulateur, moins naturel, plus ludique et moins attentif aux autres. Bref : plus réactif qu’actif.  (Bobo ! ou Lili !)

En revanche, la vie affective s’est vue instrumentalisée, voire vampirisée, par les nouvelles technologies, car la sensibilité est devenue techno-dépendante. La technosphère sert de support à l’aliénation de l’individu-masse, trop occupés pour se procurer des sensations fortes, mais sans liens affectifs collectifs ni portée altruiste sociétale.

Voilà le nouveau code psychosocioculturel de l’émotion que la propagande et la publicité décortiquent et utilisent pour maintenir le statu quo du marché économique et d’idées qui, comme chacun sait, sont bonnes pour les affaires. La nouvelle vision se rapproche de celle d’une cybersociété, au sein de laquelle la robotisation des consciences n’est plus une fiction à la 1984, mais une construction aux images simples, presque banales, de l’American Beauty. Film qui témoigne de l’idéal imagé d’un mode de vie devenu planétaire ou presque.

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Published by Alexandre Dorna - dans Médias ou propagande
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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 01:00

 

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Signalons, d’abord, que l’émotion s’est imposée à l’heure actuelle dans la politique comme une technicité, plus précisément comme une manière d’avoir accès à des électeurs dans le cadre de la démocratie représentative pour obtenir des places dans le manège du pouvoir.

Les campagnes électorales sont sous l’emprise du marketing. Et le marketing, en analysant les situations actuelles, fait appel à l’énorme demande de la culture de l’émotion.

Pour mieux nous situer dans la sphère du politique émotionnel, rappelons que la modernité en politique (démocratie représentative) impose un modèle selon lequel une classe ou une caste s’occupe de la gestion et des affaires de la cité, sous l’angle d’une rationalité de plus en plus technocratique. Les effets sont connus : langue de bois, désenchantement, abstentionnisme, décrédibilisation des politiques et de leurs structures.

En somme, une glaciation de la sphère du politique.

Or, en prenant un raccourci, disons qu’une nouvelle race de politiques  s’est installée dans l’espace public. Ce sont des hommes ou des femmes dont le métier politique est la communication, utilisant l’émotion comme stratégie de pouvoir. 

Il y a eu, dans les vingt dernières années, l’émergence d’un Le Pen et d’un Tapie, puis, progressivement, tous les politiques ont glissé vers le spectacle comme moyen d’obtenir l’adhésion de la population. C’est le star-system et la politique « people », par le truchement des couvertures de magazines, des émissions de variétés et des plateaux de radio et de télévision.

La politique électorale se fait au rythme du monde des artistes de variétés.

La notoriété via les médias est le plus sûr moyen d’obtenir une place dans le jeu politique et les instances de pouvoir.

Les derniers personnages du star-system, sans a priori, sont (élection présidentielle oblige) : Ségolène Royal, avec un registre émotionnel « soft » dont le credo est « je pense ce que les Français pensent », et Nicolas Sarkozy, dans un registre plutôt « hard », qui déclare  ne pas être marqué à droite, mais au peuple.

La toile de fond est grisâtre : une crise qui ne cesse de s’aggraver, une lame déferlante qui menace de tout emporter sous la forme d’un néo-populisme médiatique, un repli du citoyen sur le privé, une démocratie qui s’effrite et une classe politique technocratique sans courage. 

 

 

 

En conséquence, nous sommes devant une situation de manque de leadership charismatique (Dorna 1998). Ce type de crise se caractérise par la présence d’un ou de plusieurs leaders dont la personnalité est magnétique et le principal attribut une grande énergie, capable(s) d’attirer les masses et de les conduire sur le chemin de l’action politique  dans une période de temps assez brève, par la magie de gestes et de discours à forte charge émotionnelle.

Max Weber l’explique ainsi : « Le charisme est en principe une puissance qui se situe hors de l'ordinaire et pour cette raison hors du circuit économique. » Et il ajoute plus loin : « La qualité extraordinaire d'un homme, soit réelle, soit supposée, soit prétendue… à laquelle les sujets se soumettent en vertu de leurs croyances. »

 

 

 

 

 

 

Peut-on penser qu’une telle situation est un débordement d’émotion à cause de l’émergence d’une personnalité extraordinaire ?  Si certains le pensent, d’autres se disent qu’il faut revenir sur une compréhension psychologique du phénomène charismatique.

Peu importe : une vision transversale s’impose. La crise charismatique s’annonce comme l’avènement d’un moment extraordinaire et l’émergence presque ex nihilo d’un leader de masse :

-          C’est un moment de rupture où les conditions objectives et subjectives sont réunies pour renverser le pouvoir en place.

-          C’est un moment où les masses ressentent un grand soulagement après une forte tension.

-          C’est un moment  d’une immense colère cumulée contre les élites en place.

-          C’est un moment où les masses se mobilisent spontanément, sans une organisation formelle ni un programme défini collectivement.

-          C’est un moment où les masses adhèrent en corps et en âme à un homme (ou à une idée) perçu comme un leader extraordinaire et en possession de traits charismatiques.

-          C’est un moment où l’émotion collective est à son niveau le plus haut.

-          C’est un moment vécu par les masses comme une refondation historique.

 

 

 

Voici une schématisation du processus de crise charismatique :

 

 

 

Ordre ancien => Statu quo => Crise => Leader (charisme) + doctrine + appel au peuple + communauté de sens => Rupture => Remplacement d’élites => Ordre nouveau => Routinisation …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ces remarques nous amènent à caractériser le type de leadership charismatique dans les situations de crise comme « le medium » perçu en termes de fusion du naturel et du surnaturel, où le merveilleux côtoie le possible. Il appartient au leader medium d’articuler les demandes de changement socio-politique (à un moment et dans un contexte donné) avec une vision d’avenir imprégnée des attentes des masses.

Le tableau suivant  illustre nos propos.

 

 

 

     

Le Contexte Sociopolitique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Besoins)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Demande =>    Medium   <=   Vision attendue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Masse)          (Leader)               (Message)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Contexte historico-culturel

 

 

 

 

 

 

 

               

 Non sans inspiration, les théoriciens du charisme parlent de l’union extraordinaire du rêve et de la puissance, de la magie et de la propagande, de la vision d’avenir et de l’énergie antidépressive. Le phénomène charismatique résume la fusion technique paradoxale - dans une culture de l’émotion - de l’art archaïque de la domination de masse et de la rhétorique. 

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 00:56

 

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 La propagande moderne est celle d’une société de masses solitaires en rupture de liens affectifs et sans projet sociétal. A ce propos, H. Arendt (1972), en parlant du système totalitaire, nous livre une réflexion pertinente : « Les masses ne croient pas à rien de visible, ni à la réalité de leurs propres expériences, elles ne font confiance ni à leurs yeux ni à leurs oreilles, mais à leur propre imagination, laquelle se laisse séduire par tout se qui est à la fois universel et cohérent par soi-même ». Et elle ajoute avec acuité : « Ce que les masses refusent de reconnaître, c’est le caractère fortuit dans lequel baigne la réalité. » (p.110) 

 

C’est dans une telle conjoncture situationnelle que la rupture émotionnelle ne se surajoute pas à la crise, car l’émotion porte en elle-même le processus et l’éventuel dépassement des événements. L’émotion critique est la conséquence des problèmes concrets de vie et de travail (ou de manque), des humiliations innombrables, des états d’âme et des désespoirs entassés par une population soumise à une longue et pénible attente.

Pouvons-nous donc ignorer, minimiser ou refouler l’impact de la force d’une telle charge émotionnelle ?

                Bien entendu, les effets des émotions de masse ne peuvent pas s’expliquer uniquement par la propagande, les médias et les techniques de manipulation, ni par la maîtrise (parfois géniale) du leader qui les incarne. D’où l’importance à retenir le schéma heuristique (Dorna 2004) pour analyser l’influence du contexte et les antécédents historico-culturels qui surdéterminent en dernière analyse la puissance des changements et la capacité du leader, pendant un certain temps, à modifier les structures de domination existantes et à re-construire de nouvelles hégémonies.     

 

                Autrement dit, en quelques mots : ce sont les situations de crise qui déterminent en dernière analyse les formes de la propagande encouragées par les leaders charismatiques ; elle peut parfois se présenter de manière exubérante et sans mesure, parfois froidement sous la forme de la démesure (hybris) du leadership. Cela dépendra en grande partie de la combinaison des facteurs suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

                               èL’attente affective des masses.

èL’attitude de l’élite gouvernante.

èLa déception des masses.

èL’absence de projet collectif.

èLe retour du mythe héroïque.

                              

                Il y a eu dans l’histoire contemporaine deux événements politiques majeurs, le fascisme et le communisme, lesquels ont donné à la propagande ses lettres de « noblesse ». Avec une fine perception du moment, Tchakotine (1939/1952) remarque l’exaltation du chef et la véhémence des discours de propagande (ici d’Hitler) qui visent la « démagogie », et « l’aveuglement des masses ». Ainsi, le leader charismatique est la clef de voûte de toute de la propagande des mouvements de masse et de l’Etat fasciste lorsqu’il arrive au pouvoir.

                La question à élucider donc celle-ci : pourquoi la propagande marche-t-elle et qui la fait marcher ?

                Il est utile aussi de citer Reich (1933-1977) : «  Plus impuissant l’a laissé l’éducation autoritaire, plus fortement l’individu s’identifie au leader. Cette tendance à l’identification constitue la base psychologique du narcissisme national, c’est à dire d’une confiance artificielle en soi-même fondée sur l’identification avec la «  grandeur de la Nation  ». »

 

 

 

 

 

                              

                En conséquence, l’explication de la force manipulative de la propagande émotionnelle se trouve dans le poids du refoulement que traduit le repli sur soi-même et l’identification avec le leader. Mais un leader, même extraordinaire, n’a de succès que si son discours et ses actions trouvent une résonance chez l’individu massifié. En effet, l’important à savoir n’est pas ce que le leader est, ni forcément ce qu’il pense, mais ce que les masses font de ce qu’il fait, ce qu’elles pensent de ce qu’il dit, et des conditions dans lesquelles elles réagissent à la propagande d’un homme providentiel. D’où l’importance affective des discours charismatiques. La parole politique est une émotion chargée d’énergie libidinale. C’est par l’émotion que l’homme-masse (apolitique) relâche la tension et transpose ses conflits propres, canalise la violence, l’agression et la haine sur le bouc émissaire désigné par la propagande du régime.

                La machine politique fasciste, décrite par Tchakotine, utilise une « senso-propagande » qui réussit, en agissant sur les émotions de base, à impressionner les masses, à terroriser les ennemis et à éveiller l’agressivité des partisans. Cette propagande utilise des symboles émotionnels. Les symboles peuvent s’actualiser sans cesse, par conditionnement, et s’associer à une gamme pratiquement infinie d’émotions : la croix gammée, les drapeaux et la multiplication des affiches du leader, font des symboles un puissant levier pour susciter les sentiments. C’est une fonction évocatrice qui n’a plus besoin d’être démontrée.

                Parmi de nombreux exemples, il y a deux images sur lesquels nous pourrions nous arrêter. L’une est une affiche de Pétain où la propagande exalte la personne du maréchal à travers des symboles. Au centre de l’affiche, le maréchal bienveillant, en costume militaire, se trouve assis sous un chêne, un livre posé sur les genoux, entouré d’enfants et de personnes plus âgées. Celles-ci l’écoutent attentivement. En arrière-plan, on aperçoit l’ombre de Saint-Louis, roi de France de 1226 à 1270, reconnu  pour la justice qu’il rendait sous un chêne, dont l’allure semble veiller et approuver l’attitude du maréchal. Ces amalgames symboliques permettent aisément de re-construire une image fortement positive de Pétain, en lui donnant une légitimité historique. La propagande tend à le montrer en véritable père du peuple, détenant les secrets du bonheur, de la force militaire et de la sagesse, qui indique la voie à suivre de l’homme fort, juste et rassurant.

                Une autre image, très récente, présente Hugo Chavez, l’actuel président du Venezuela, c’est une photographie prise lors d’une de ses émissions de télévision. Chavez est assis derrière son bureau, en train de parler, les yeux pleins de volonté et de conviction. Il tient dans une main une croix qu’il adresse au téléspectateur, tandis que dans l’arrière-plan se trouve un portrait de Simon Bolivar entouré du drapeau du Venezuela.

                Tout y est : les mythes et les symboles. Rien d’étonnant alors que les publicitaires modernes (je pense à Seguela) reproduisent les formes symboliques les plus adaptées à la personnalité du leader et au contexte socio-historique. Avec un zeste de mythologie d’occasion. Le travail du propagandiste ou du publicitaire consiste, comme Seguela lui-même le raconte, à mettre de la fumée à l’entrée d’un tunnel, puis à souffler et, enfin, à attendre pour voir sortir une locomotive.

                La fabrique des images doit toujours faire rêver. Mais c’est l’homme medium qui travaille à façonner les esprits. Certes, n’est pas « medium » qui veut ! Là, se situe, au carrefour de la « magie », le charisme du leader, dont on peut mettre en évidence les caractéristiques opérationnelles : le leader charismatique est une source d'inspiration pour le groupe, car ses gestes et ses paroles aident les masses à développer leur propre créativité et leur sens de l’initiative, tant la chaleur du message transmis est, affectivement, ressentie par les membres du groupe, malgré leurs différences individuelles. C’est pour renforcer leurs croyances et leurs valeurs que le leader aura la mission de définir la vision stratégique de l'organisation en construction et d’inventer les moyens (propagande) d'identification collective.

 

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 00:54

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Les perceptions à travers les organes des sens organisent notre connaissane du monde interne et externe. Qui travaille sur les perceptions est obligé de reconnaître qu’il ne s’agit pas que d’une simple donnée physiologique véhiculée par les organes des sens : le voir, le toucher, l’entendre, le sentir et le goûter. En réalité, c’est bien plus ! Rappelons quelques-unes de leurs caractéristiques : les perceptions, contrairement à une idée très répandue, n’ont pas qu’une consistance psychophysiologique, ce sont des constructions mentales socialement datées et historiquement situées. Les perceptions, en dernière analyse, sont des constructions sociales, sélectives, culturelles et prospectives.   

 

 

Cela peut être dit autrement. Lorsque je regarde un objet, je vois non seulement ce qui m’est donné à voir par l’appareil optique, mais aussi selon le cadre social et le contexte culturel dans lequel je me trouve. Ainsi, la perception est-elle le résultat d’une interaction entre l’individu et l’environnement physique et socioculturel. La perception devient ainsi une représentation collective qui se construit socialement dans une situation historiquement particulière à un moment donné, devenant donc le miroir de l’attendu par des individus également contextualisés.

C’est bien pour cette raison que la propagande devient plausible lorsque que les images sont à la fois fabriquées et utilisée par les médias in situ. Les publicistes et les experts en marketing ont effectivement identifié, depuis très longtemps, les grands éléments du processus perceptif qui, puisant dans la situation, engagent la construction des images et définissent les stratégies de la persuasion. Rappelons les mécanismes :

° Premier mécanisme : attirer l’attention.

° Second mécanisme : éveiller l’intérêt.  

° Troisième mécanisme : susciter le désir.

° Quatrième mécanisme : déclencher l’adhésion.

 

 

 

Ces mécanismes composent un savoir-faire. Une technique pour produire du sens et mettre en scène un message capable de capter l’intérêt du public, afin de lui ôter toute indépendance et toute autonomie. D’où l’importance de la forme et l’impact de la force émotionnelle provoquée par l’image. L’accent est mis sur les premières impressions et mettent en évidence la pertinence des règles de la psychologie gestaltiste : les formes à contours géométriques sont les plus aptes à attirer l’œil, les couleurs aussi, surtout les plus agressives. De plus, l’attention est particulièrement attirée par les objets mobiles et les trucages d’images. 

L’effet de l’image de propagande peut se résumer ainsi : frapper par le regard et persuader par la forme. Bien sûr, les techniques se sont émoussées depuis la vieille rhétorique des maîtres grecs de l’art de convaincre. Mais les publicitaires, avec un empirisme remarquable, trouvent de nouvelles ruses. Un annonceur publicitaire s’est rendu célèbre à la fin des années 80 dans le monde de la technique de l’image éphémère avec ses affiches de « Myriam ».  Événement national qui a fait de l’agence Avenir « l’afficheur qui tient ses promesses ».

Examinons pour mémoire (Genzel 1991) trois affiches de la jeune femme. La première affiche montre la belle fille en bikini souriant sur fond de mer, avec une promesse sur une affichette : le 2 septembre j’enlève le haut. Sur la deuxième affiche, deux jours après (étonnement), dans la même pose et sur le même fond, Myriam se montre seins nus, sans le bandeau d’en haut, avec la légende : le 4 septembre j’enlève le bas. Et, enfin, la troisième affiche (déjà très attendue) fait de la jeune femme une star en la présentant de dos complètement nue avec le texte : Avenir, l’afficheur qui tient ses promesses !   

 

 

 

 

 

 

Certes, plusieurs critiques ont relativisé la pertinence du modèle car la publicité médiatique se fait en quatre temps. Les reproches sont brièvement les suivants :

- Trop masquer le contenu du message.

-  L’accroche « vampirise » le message.

- L’observateur (acheteur, lecteur, électeur) risque de s’arrêter aux premières impressions (l’effet halo) sans aller plus loin dans le décodage de l’image.

- L’attention et l’intérêt peuvent être éveillés, mais par des éléments périphériques.

Il faut rappeler qu’Arren (1909), un des premiers à utiliser l’approche de la perception dans le contexte publicitaire, avait ironiquement reconnu que l’utilisation de jolies femmes dans les affiches, non seulement ne suffit pas, mais n’est pas utile dans tous les cas des annonces publicitaires. Or, le cas de Myriam semble en accord avec les exigences du rapport obligé entre l’image, le contenu et l’objet du message. Peut-être est-ce une question d’évolution culturelle. 

Toutefois, les techniques d’images et de communication ont toujours besoin d’éviter trois accueils psychosociologiques :

-          Faire une simple exploration quantitative des besoins individuels, en oubliant les aspects qualitatifs des représentations collectives.

-          Négliger les conditions historiques qui font du contexte le cadre de référence indispensable pour comprendre la communication publicitaire et la propagande comme un processus social, particulièrement dans des situations de crise.

-          Construire des analyses de situation en faisant abstraction de leur fond émotionnel.

 

Or, signe d’un temps dit post-moderne, l’homme rationnel est en train de partager sa place avec une nouvelle forme d’homo émotionnel et narcissique de surcroît. La question est donc devenue : comment ré-introduire l’émotion dans le système de pensée et se représenter le monde social ?

 

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 00:47


Dans le cadre de ses recherches  et positions  sur la propagande, l'Observatoire de la démocratie recommande les excellents travaux de François Bernard Huygues dont nous reproduisons quelques éléments, mais qui peuvent être intégralement consultés sur le site de l'intéréssé: (www.huyghe.fr) 

Les USA ont-ils perdu la guerre de l’information en Irak ?
Oui, si l’on considère que les opinions européennes (sans parler du monde arabe !) refusent de croire :

- Qu’il y ait jamais eu des Armes de Destruction Massive en Irak (voir à ce
sujet)
- que la torture et les crimes des soldats y soient un phénomène marginal
- que le pays devienne jamais une vitrine démocratique pour le proche-Orient
- que l’action américaine ait contribué à faire reculer le
terrorisme, soit soutenue par une majorité des Irakiens, puisse empêcher les massacres intercommunautaires, ou aboutisse tôt ou tard à autre chose qu’un retrait U.S. (pendant que la situation s’aggrave en Afghanistan)….

Aux U.S.A. les réponses seraient probablement différentes. Un sondage du programme sur les attitudes en politique étrangère de l’Université du Maryland révélait en 2004 que 60% des Américains pensaient que Saddam possédait des A.D.M. (ou pouvait le faire) et 57% qu’il apportait un soutien substantiel à al Quaïda . Même si depuis lors l’opposition à la guerre d’Irak a énormément monté en Amérique ces différences de perception montrent que le gouffre se creuse entre les deux côtés de l’Atlantique. Au moins en termes de perception de la réalité.

Pourtant, évaluer la
stratégique U.S. destinée à gagner « les cœurs et les esprits » en termes de changements d’opinion, ce serait lla confondre avec une campagne publicitaire qui fait vendre ou pas. Or, il n’y a pas une mais des guerres de l’information.

Pour la commodité de l’exposé, il faut distinguer trois niveaux, militaire, médiatique et symbolique. Ils concernent respectivement

- les voies et moyens pour gérer l’information (sous toutes ses formes) pendant le conflit,
- la façon dont les moyens de communication de masse produisent une image de ce conflit,
- -et enfin les effets généraux de croyance poursuivis par la guerre (le conflit comme média, en somme).


Stratégie du contrôle

Bien entendu ces trois « guerres » sont imbriquées, mais le distinguo permet de mieux comprendre la dynamique du projet U.S. de maîtrise dans les trois domaines. N’étaient-ils pas la première société de l’information au monde ? celle qui avait inventé Hollywood et les Nike ?


Cette foi en la guerre de l’information s’explique par des facteurs historiques :


- Le traumatisme du Vietnam et la réaction qu’il a suscitée. Les militaires américains sont certains d’avoir perdu la guerre sur le front des médias. Les journalistes « libéraux » auraient démoralisé le pays en excitant la compassion envers des victimes emblématiques (la petite fille courant sous le napalm d’une célèbre photo, par exemple). Ils révélaient les horreurs du conflit à un pays qui le vivait pour la première fois sur ses écrans de télévision. Toute la politique de contrôle de l’image qui s’ensuivra s’explique par là : première guerre du Golfe vécue comme guerre sans image, intervention en Somalie mise en scène de façon hollywoodienne, ou encore opérations du Kosovo où la pitié envers les Albanais et la diabolisation des « épurateurs ethniques », sont gérées par des « communicants », Afghanistan scénarisé autour du thème de la punition tombant du ciel. De là l’idée que la guerre est devenue l’art de gérer la pitié et l’indignation par images interposées (et sélectionnées). Le traumatisme du Vietnam joue aussi le rôle d’un contre-mythe chez les conservateurs américains : les U.S.A. perdant la face, par manque de confiance en leurs propres valeurs ; c’est la faute absolue, le traumatisme dont il faut éviter la répétition à tour prix.



- La transposition des concepts de la « société de l’information » dans le monde du conflit. L’adoption de la doctrine de la Révolution dans les Affaires Militaires par le Pentagone transcrit les notions liées à la révolution de l’information: capter, traiter, distribuer l’information en temps réel et en réseaux, abolir les vieilles catégories de l’espace et du temps, intégrer l’intelligence artificielle à chaque stade du processus, assurer sa prédominance par l’innovation dans les technologies informationnelles. Et, bien sûr, agir en réseau (netwar). Les règles censées assurer la réussite de l’entreprise numérique sont transposées à l’armée. D’où, par exemple, l’idée de lutter contre le terrorisme par la TIA (Total Information Awareness) : gigantesque bases de données, croisement des informations pour détecter les profils terroristes et pouvoir intervenir avant le passage à l’acte. Ou encore l’idée de sidérer par la déstabilisation informationnelle, des psyops (opérations psychologiques) ou des attaques cybernétiques. Même la guerre était censée devenir soft, numérique et intelligente....
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