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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 11:11
Nathalie-Kosciusko-Morizet.jpgNous ne partageons pas l'idée selon laquelle le Front National peut être combattu par son programme. Les ressorts de son électorats nous semblent relever d'une démarche irrationnelle et donc peu sensible aux seuls arguments de raison. Nous saluons cependant la clarté de l'engagement de Nathalie Kosciusko-Morizet et de ses positions sur le Front National.
L'Observatoire de la démocratie
 
 
 

Dans le Figaro Magazine - 3/6/2011- Raphaël Stainville-

Le Figaro Magazine Faut-il que la situation soit à ce point grave et désespérée pour l'UMP pour qu'une ministre prenne la plume et livre un réquisitoire contre le Front national?

Nathalie Kosciusko-Morizet- Désespérée? Certainement pas, mais il est vrai que la situation comporte une certaine gravité. J'ai été particulièrement interpellée par tout le chemin qui a conduit, depuis un an, à présenter de plus en plus souvent Marine Le Pen comme un personnage politique parmi d'autres et le Front national comme un parti qui est dans le jeu. On a vu Marine Le Pen faire la couverture de journaux, des commentateurs se demander si elle était ou non comme son père, des articles accréditer l'idée que le Front national avait tourné la page et était différent. Moi, je pense qu'il y a une confusion majeure entre modernité et modération. Marine Le Pen s'est trouvé un style, une présentation d'elle-même et de sa mouvance plus modernes. Mais ces artifices n'en font pas pour autant quelqu'un de plus modéré et ne rendent pas son parti plus acceptable. Ce qui me frappe, c'est que toutes les informations que j'ai pu, à mon modeste niveau, regrouper, collecter et mettre en forme dans mon livre sont publiques. Mais les gens ne cherchent pas. Combien de personnes ont voté Front national lors des dernières élections cantonales sans se renseigner sur son programme? Certains ont sans doute pensé voter en faveur d'une certaine identité française. Mais le FN et Marine, c'est le contraire de l'identité française. Ce front-là est antinational !

Vous aviez, au lendemain du premier tour des cantonales, contre l'avis du président de la République et du secrétaire général de l'UMP, expliqué que, personnellement, vous préféreriez voter socialiste plutôt que de vous abstenir en cas de duel avec le FN...

J'assume et revendique mes propos. Mais je veux pouvoir expliquer et développer dans ce livre ce qui m'avait motivée. Il se trouve que je pense qu'il est faux et dangereux d'accréditer l'idée que l'échiquier politique serait un continuum, qu'il y aurait un dégradé de couleurs, du rouge en passant par le rose, l'orange, le bleu et le fameux «bleu marine», à l'intérieur duquel il faudrait se positionner. L'extrême droite n'est pas à l'extrême de la droite. L'extrême droite est d'une autre nature.

C'est-à-dire?

Le Front national est dans un ailleurs, il est hors la nation et à maints égards contre la nation. Il est dans une discontinuité fondamentale avec les autres partis traditionnels. Sur la citoyenneté, par exemple, le FN a une vision à plusieurs étages. C'est le contraire de l'ADN de notre République. Dans notre République, dès lors que vous êtes français, vous êtes complètement français, avec tous les droits qui sont attachés, toutes les protections qui existent et tous les devoirs qui en découlent.

N'avez-vous pas l'impression qu'à l'intérieur de votre majorité, certains, notamment du côté de la droite populaire, flirtent avec les idées du FN?

Il y a dans mon propre parti des gens qui voient davantage l'échiquier politique comme un continuum. Il y en aura peut-être un jour pour prôner des alliances ou des rapprochements avec le FN. Je n'en doute pas. Il y en a, d'ores et déjà, qui évoquent ces alliances au niveau local. Il y en a eu par le passé. Mais c'est parce qu'il y en a qu'il faut dire, et avec d'autant plus de force, que ce n'est pas possible. Il faut aussi reconnaître qu'en France, à la différence de beaucoup d'autres pays européens, la droite a tenu bon et refusé de se compromettre. C'est sur ce refus que doit se renforcer la résistance.

Marine Le Pen a dénoncé la Shoah et fait le ménage parmi les cadres du parti. Vous ne croyez pas à la normalisation du FN?

De quoi parle-t-on? En 2011, Marine Le Pen a dénoncé l'extermination des Juifs par les nazis. La belle affaire ! Ne trouvez-vous pas aberrant qu'elle ait mis vingt ans de vie politique pour concéder cela? Moi, ce que je trouve ahurissant, c'est qu'elle ait vécu si longtemps avec des amis politiques qui rangeaient l'Holocauste parmi les détails. Que Marine Le Pen essaye d'avoir une présentation différente de celle de son père, cela ne fait aucun doute. Qu'à travers quelques gestes de ce genre, la présidente du FN ait voulu confirmer une espèce de nouvelle modernité et effacer un certain nombre de déclarations de son père, c'est indéniable. Qu'elle soit extrêmement gênée, au point que cela puisse faire débat dans son parti, et qu'elle veuille se débarrasser de toute manifestation qui puisse rappeler les origines idéologiques, sociologiques de son parti, c'est évident. C'est un problème pour elle par rapport à sa stratégie. Mais cela ne veut pas dire que la rupture de la filiation idéologique se fait. Il y a des exclusions qui sont cosmétiques. Marine Le Pen essaye de faire en sorte que le 1er Mai, les treillis ne soient pas devant, on est encore dans l'ordre de la présentation. Jean-Marie Le Pen est encore le président d'honneur du FN. Si Marine Le Pen veut aller au bout de cette logique de respectabilité qu'elle semble rechercher et marquer sa différence, le premier à exclure, c'est son père.

Tout cela serait de la communication?

Bien évidemment ! A commencer par «la vague bleu marine», le slogan qu'elle utilise. Cette utilisation du prénom et de l'image de la femme est pour moi au cœur de cette stratégie d'adoucissement de l'image du FN, et je suis frappée de voir à quel point cela fonctionne chez les gens. Ils sont d'une naïveté là-dessus...

Mais tous les partis jouent de ces ressorts de la communication et du marketing politique?

Oui, mais Marine Le Pen a poussé très loin la chose, et je suis étonnée de voir à quel point les gens reprennent facilement ce propos qui voudrait qu'une femme soit spontanément dotée de vertus et d'un a priori de douceur que n'auraient pas les hommes. C'est très dangereux, cette vertu a priori que l'on donne aux femmes. C'est dangereux pour tout le monde, pour toutes les femmes. Quand on vous stigmatise dans le négatif ou dans le positif, on vous stigmatise de la même manière. Tous les discours qui consistent à dire que les femmes sont plus douces, plus sympas, conduisent à des impasses. Les femmes, le sachant, ont tendance à vouloir l'instrumentaliser à leur profit. Et c'est ce que fait Marine Le Pen, reprise par son entourage, ses lieutenants et ses soutiens, à l'image des propos tenus par Me Gilbert Collard expliquant pourquoi il était mariniste. Une femme n'est pas plus ceci ou plus cela. En politique, les femmes ne sont pas spontanément meilleures que les hommes. Il n'y a pas de bonté particulière propre aux femmes. Il faut arrêter de penser qu'une incarnation féminine est forcément plus soft. C'est une présentation, mais il n'y a pas une vocation à ce que sur les contenus, l'idéologie, les femmes soient moins radicales. C'est faux et dangereux. D'ailleurs, quand on regarde l'entourage de Marine Le Pen, sur la question idéologique, il y a matière à penser qu'elle est plus radicale que son père. Finalement, Jean-Marie Le Pen était beaucoup dans le folklore. Il était dans l'excès verbal, mais sur l'idéologie, il était largement débordé par les mégrétistes avant que ceux-ci ne quittent le FN. Avec Marine Le Pen, ils font leur retour au premier plan.

Marine Le Pen veut-elle le pouvoir?

Oui, son projet personnel est très différent de celui de son père. Rien n'a changé au Front national, sauf le projet personnel du patron. Il y a les mêmes personnes, les mêmes ruses de l'idéologie, les mêmes recettes électorales qui consistent à prospérer sur ce qui ne va pas. Seul le projet personnel de Marine diffère de celui de son père. Une dose de féminité ne fait pas d'une extrémiste une démocrate.

Comment jugez-vous son programme?

J'ai consulté leur programme sur le site du FN. C'est plus que léger. Soit ce n'est pas nouveau du tout, soit c'est le travestissement de politiques qui sont menées aujourd'hui, avec des mots plus radicaux, soit des propositions complètement absurdes et très peu étayées, impraticables. Mais il faut prendre au sérieux ce programme. C'est mon parti pris. Il ne faut pas partir du principe que cela ne peut pas être fait, mais en démontrer les résultats prévisibles ruineux. C'est ce que je me suis appliquée à faire s'agissant de la politique économique du FN ou encore en matière de gestion des flux migratoires.

Faut-il débattre avec Marine Le Pen?

Oui. A partir du moment où elle présente une offre aux élections, il faut pouvoir parler et démonter ses mensonges et sa supercherie programmatique. Débattre, c'est une manière de combattre.

Pour pouvoir se présenter en 2012, Marine Le Pen doit réunir 500parrainages. Elle aimerait que le principe de leur anonymat soit garanti. Etes-vous favorable à cette mesure?

Non, on tombe là dans une illustration du problème. Soit le FN est un parti comme les autres et alors la politique se fait sur la place publique. Moi je suis élue UMP, je ne le cache pas et j'assume mes opinions. Soit le FN est un parti qui se cache, et ce faisant il pointe sa nature qui est celle d'un parti de subversion.

Si Marine Le Pen devait ne pas parvenir à obtenir ses parrainages, est-ce que cela vous gênerait?

C'est son problème. Il y a une loi républicaine. Elle doit pouvoir réunir 500 signatures. Il ne faut pas tomber dans sa logique de discrimination et de victimisation. Ne comptez pas sur moi !

 

 

 

 

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans Veille
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