Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Références

Revenir à l'accueil?

  Cliquez ci dessous

image002-63x64_1_.gif

 

 

TEXTES

FONDAMENTAUX

   

imagescah5x4h8.jpg

Histoire de l'esclavage

 

Histoire du droit de vote

 

Laïcité, texes fondamentaux

 

Déclaration universelle des droits de l'homme 1948

 

Déclaration des droits de l'Homme 1789

 

La démocratie à Athènes

 

Loi de séparation des églises et de l'Etat 1905

 

J'accuse d'Emile Zola

  

Robert Badinter
60ème  anniversaire de la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme
 
 

Catherine Kintzler

Qu'est ce que le communatarisme  

  

 

De la race en Amérique

Obama    

 

 

Pratique

DOSSIER DU MOIS

  

La-cit-.jpg

  La laïcité dans le monde

 

La laïcité en Turquie

La laïcité en Grèce

La laïcité en Belgique

La laïcité au Portugal

La laïcité en Allemagne

La laïcité aux Etats Unis

L'actualité de la laïcité

 

 

OUTILS   

 

 

   Rituels républicains

Pour vos cérémonies de
baptêmes républicains,
mariages civils...

 

Enseigner la démocratie

   Outils pour les enseignants 

  

Apprendre l'Europe en jouant
Quiz sur l'Europe 

Créer son propre blog? 

 mode d'emploi    

   

 

 

  

Revenir à l'accueil?

image002-63x64_1_.gif

 

 

6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 11:00

Marcel gauchet 3A l'occasion d'une conférence intitulée "crise économique et crise démocratique " organisée par l'AUP (Aumônerie Universitaire Protestante), le BDE (Bureau des Elèves) de l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg et l'association Sciences Po Forum, Marcel Gauchet a répondu à quelques questions des étudiants concernant la crise.

Monsieur Gauchet, pouvons-nous dire qu'il y a un échec du pouvoir politique à gérer la crise? Peut-on parler de faillite politique des démocraties occidentales?

Avec les enseignements que nous avons tirés de la crise de 1929, nos sociétés ont évolué vers un type d'économie mixte, appliquant les principes keynésiens (en référence à l'économiste britannique des années 1930-50, John Meynard Keynes). D'après ces principes, l'État doit soutenir la croissance en investissant dans l'économie et en encourageant la consommation des ménages. Puis, il y a eu le tournant des années 1970, caractérisé notamment par le désengagement de l'État. Aujourd'hui, le néolibéralisme touche à ses limites. Nous faisons face à un problème de vide moral et spirituel: les économistes ne font que décrire la crise par un mou consensus, sans donner d'explications de fond. La crise économique reflète une crise intellectuelle et ne propose aucune alternative, aucun plan B.

Est-il possible d'affirmer que les démocraties occidentales se sont faites rattrapées par le système économique qu'elles ont elles-même créé? Peut-on encore qualifier une société de démocratique alors même que son système économique échappe au contrôle du pouvoir politique et à celui des citoyens?

Oui et non. Oui parce que le pouvoir politique démocratique n'entend pas réguler toute vie économique: le libéralisme, c'est d'abord et avant tout les libertés privées. Non parce qu'il y a aujourd'hui une dépossession devant la maîtrise du destin de tous, et cela est une insulte à l'idée même de démocratie. Nous définissons nos sociétés occidentales comme étant des « démocraties libérales ». En réalité, ce sont deux composantes qui ne vont pas de soit. L'adjectif libéral renvoie aux libertés privées, alors que l'aspect démocratique suppose la transformation de ces libertés en pouvoir politique, en pouvoir collectif. Les gouvernement actuels n'ont pas su faire cette transformation. Nous pouvons parler de crise démocratique dans le sens où nos sociétés occidentales ont évincé le gouvernement du peuple par lui-même. Toute la délicatesse de la question est de retrouver l'équilibre de nos régimes politiques. Si d'un côté, la démocratie peut être tyrannique lorsque la majorité impose à la minorité, de l'autre le libéralisme peut entraîner l'impuissance du pouvoir politique.

Dans l'ensemble des choses que nous venons d'aborder, comment envisagez-vous la place de l'homme en tant qu'individu et en tant que citoyen?

La crise a des implications morales et existentielles. Nous ressentons une interpellation personnelle, comme une sorte d'écho qui est présent dans le comportement de chacun. Les crises économique et démocratique soulèvent la contradiction inhérent qu'il y a en nous. Alors que le travailleur est soucieux de ses droits sociaux, le consommateur veut tout, tout de suite, et au plus bas prix. Alors que le citoyen est consterné par tout ce qui se passe, l'individu privé est recroquevillé sur ses intérêts personnels. De ce fait, la crise actuelle, à l'inverse de celle de 1929, est une crise autant interne qu'externe. En conclusion, nous pourrions dire que la crise provoque remise en cause profonde de nos sociétés.

En d'autres mots, on leur pose la question de se transformer. En d'autres mots, les citoyens et l'ensemble de la classe politique semblent leur poser la question de se transformer, sans pour autant apporter de réponses. Mais si les mouvements qui s'opèrent sont lents et silencieux, je pense néanmoins qu'une autre société économique et démocratique est bien possible.

Source : Institut d'Etudes Politiques, Strasbourg Crise économique et crise démocratique : Trois questions à Marcel Gauchet  http://gauchet.blogspot.com/ 

A lire aussi Les travaux de Marcel gauchet 

Partager cet article

Repost 0
Published by Observatoire de la Démocratie - dans Démocratie
commenter cet article

commentaires