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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 19:53

Emile-Poulat-LaIcite.jpg«Notre laïcité est inséparable de la liberté de conscience. Désormais , l’Etat a la charge de gérer soixante millions de consciences en liberté… »

Emile Poulat - … ce que nous appelons notre laïcité à la française n'est finalement qu'un héritage de la catholicité à la française. C'est pour cela que, lorsqu'on me demande ma définition de la laïcité ou du régime laïque français, je réponds que je ne les définis ni par séparation, ni par neutralité, mais de manière structurale, par opposition à notre catholicité telle qu'on la connaissait sous l'Ancien Régime. La laïcité française est la sortie de cette catholicité. L'histoire de la laïcité - ou plutôt de l'institution de notre régime laïque - c'est inséparablement l'histoire d'un conflit et de la résolution de ce conflit. C'est pour cela que, tout au long de ces lois laïques, vous aviez deux courants: ceux qui entendaient faire, à partir de ces lois de séparation, une loi de liquidation et ceux qui voulaient en faire une loi de pacification. C'est finalement les pacificateurs qui l'ont emporté sur les liquidateurs


Vous avez raison de souligner que c'est l'Etat et l'Eglise qui sont face à face. J'essaie de comprendre pourquoi la figure de la laïcité a remplacé la figure de la catholicité. C'est pour une raison très simple. La catholicité était un régime d'exclusion. Si vous n'étiez pas catholique, vous étiez privé de nombreux droits. Il y avait déjà les juifs et les protestants. S'y sont ajoutés tous les esprits affranchis sous l'influence des Lumières, qui ont tout fait basculer. Ce sera l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen: "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses", c'est-à-dire, en 1789, même si ces opinions ne sont pas catholiques, et donc, plus tard, même si elles sont catholiques. Le principe et le paradoxe du régime laïque, c'est qu'il inclut tout le monde, même ses adversaires, même les catholiques qui excluaient les non-catholiques. Les pacificateurs se montrèrent fidèles à cet esprit. Le combat d'idées continue, mais en se refusant les armes de l'exclusive, laquelle n'est qu'une confessionalisme retourné.


Une dernière chose me paraît importante pour caractériser cette laïcité. Historiquement, elle correspond à un processus d'émancipation de la conscience. Nous voyons donc surgir un troisième acteur entre l'Eglise et l'Etat: ce sont ces consciences qui réclament qu'on leur reconnaisse leur entière et absolue liberté.
Le cœur, le foyer de notre laïcité, ce n'est pas l'Etat, mais la conscience. C'est pour cela que notre laïcité est inséparable de la liberté de conscience.


Personnellement, je pense que, si l'Eglise catholique a longtemps condamné cette liberté de conscience, elle peut parfaitement l'accepter sans se déjuger, en disant: "Je reconnais non pas la liberté de conscience, que je condamne, parce que cela veut dire l'émancipation de la révélation chrétienne. Mais je reconnais la liberté de votre et de toute conscience." Pie XI distinguait "la liberté des consciences" et "la liberté de conscience." Si l'on se réfère aux philosophes du XVIIIe siècle, la liberté de conscience renvoie, pour eux, au libre examen, tandis que pour l'Eglise catholique, la liberté de conscience renvoie toujours au libre arbitre. Voyez déjà le malentendu! Cette liberté de conscience, l'Eglise catholique peut s'en accommoder, pas seulement à la limite, mais c'est une révolution culturelle


Par contre, cette révolution des esprits crée un redoutable fardeau pour l'Etat, affranchi, séparé de l'Eglise.
Désormais, l'Etat, comme je le dis souvent, a la charge de gérer soixante millions de consciences en liberté et bien décidé à en user. Vous voyez donc que c'est un problème de gouvernance. Auparavant, l'Etat pouvait s'appuyer sur l'Eglise pour gouverner les consciences avec les prédicateurs, les confesseurs et les directeurs de conscience. Maintenant, c'est fini. L'Etat n'a plus de recours et se trouve face à face avec ces soixante millions de consciences. Certaines de ces consciences se sont appuyées sur lui pour conquérir leur émancipation contre l'Eglise. Désormais, il arrive qu'on les voie s'appuyer sur l'Eglise contre l'Etat. Il y a là un jeu triangulaire assez subtil. Mais ce qu'il y a d'important, c'est l'émergence de ces consciences et leur jeu "perso". Cela fait que le jeu des vieilles querelles entre l'Eglise et l'Etat devient quelque chose de dépassé.

 Extrait de « Entretien avec Emile Poulat » - Religioscopie 3/9/2004

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans "Ils ont dit ou écrit" - nous vous recommandons
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