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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:39

Marcel GauchetInvité par le Laboratoire des idées, Marcel Gauchet débat avec Guillaume Bachelay, secrétaire national du Parti socialiste à l’industrie et auteur de La Gauche après la crise (Jean-Claude Gawsewitch, 2010). Quel avenir pour notre démocratie?

 

Comment la définition de la démocratie qui apparaît en filigrane dans ce troisième tome de L’avènement de la démocratie peut-elle nous éclairer sur son fonctionnement actuel ?

Marcel Gauchet : Elle n’est faite que pour ça, pour rendre compte de la difficulté que nous éprouvons aujourd’hui dans la gestion des démocraties, singulièrement en Europe. La démocratie, dans son concept le plus fondamental, consiste au fond dans la mise en forme politique de l’autonomie. L’autonomie, c’est une idée – se donner sa propre loi – mais c’est aussi l’ensemble de l’organisation collective résultant du processus de « sortie de la religion » qui aboutit à une redéfinition profonde des structures des sociétés modernes.

Seulement, mettre en forme l’autonomie implique également de s’assurer de la maîtrise de ce nouveau mode de structuration des sociétés établi selon une série d’axes politiques, juridiques et historiques tout à fait spécifique. Or le problème du vingtième siècle a précisément été la possibilité d’un contrôle politique de ces structures. Je crois que nous avons connu, au travers des tragédies effroyables de ce siècle, un grand cycle de crise qui commence à la fin du dix-neuvième siècle, culmine dans les années 1930 et finit par être surmonté grâce au travail de stabilisation conduit entre 1945 et 1975. En ce sens, les Trente Glorieuses ont été infiniment plus qu’une simple période de réussite économique : ce fut un miracle politique de stabilisation de la démocratie.

Aujourd’hui, alors que le mouvement de l’autonomie structurelle est loin d’être achevé, nous connaissons une crise de croissance de la démocratie : nous avons, d’un côté, davantage de moyens de l’autonomie structurelle et, de l’autre, moins de possibilités politiques de contrôle de cette autonomie. En ce sens, l’intérêt principal de la perspective que j’essaye d’introduire est de nous permettre de porter un diagnostic en profondeur de la situation actuelle et de donner une perspective d’action sur ce que pourrait être une nouvelle étape de stabilisation, de consolidation et d’approfondissement de la démocratie.

 

Guillaume Bachelay : En inscrivant la démocratie dans le temps long des événements et des idées, Marcel Gauchet nous permet de nous interroger sur le moment historique auquel nous sommes confrontés. Un moment où tous les moteurs de la démocratie européenne sont grippés.

Le premier  d’entre eux, le processus de sécularisation ou « sortie de la religion », est menacé par la « re-politisation » des religions à laquelle nous assistons. L’explosion du communisme, il y a 20 ans, n’a pas seulement mis fin à un système totalitaire, il a mis un coup d’arrêt au messianisme du progrès. Les laïcs sont sur la défensive, les mystiques sortent du placard. Les religions avec dieu (monothéismes) et les grands récits sans dieu (philosophies de l’histoire, totalitarismes) laissent béante la question de la vie bonne. D’où l’expérience du désenchantement individuel et le sentiment de vide collectif. Il nous manque une « spiritualité laïque ».

Autre moteur grippé : le rapport entre la démocratie et la science. Il s’est inversé sous l’effet de la technique qui, au vingtième siècle, a cessé d’être au service d’un projet de société pour devenir purement instrumentale.  Le progrès technique est synonyme d’émancipation mais aussi de tragédie. Ce qui était vrai hier avec l’atome le sera bientôt de l’ADN : sa maîtrise technique peut donner le meilleur comme le pire. Il ne s’agit pas de condamner la technique, mais de lui assigner une finalité humaine.

Un troisième enjeu réside dans le rétrécissement de la sphère publique. Quand on parle de « gouvernance » plutôt que de gouvernement, s’instaure une confusion entre le fait de gouverner et le fait de gérer ou d’administrer. Peu à peu, une « ad hocratie » rivalise, voire se substitue à la démocratie : un pouvoir fondé sur l’autorité de l’expertise technique et de la restitution médiatique réduit dans les faits le champ de la légitimité démocratique de droit, fondée sur la souveraineté du peuple. Mais la sphère publique se rétrécit aussi par le passage d’une citoyenneté active à une citoyenneté passive : on demande aux gens leur avis le jour des élections et entre deux scrutins, le principe de nombreux gouvernants, nationaux et parfois locaux, c’est « je décide, ils exécutent ». Et puis des promesses insuffisamment tenues ou suivies de résultats nuisent à la valeur de la sphère publique aux yeux des citoyens.

Pour toutes ces raisons, une question essentielle se pose, que vous soulevez d’ailleurs dans votre ouvrage : la démocratie pourrait-elle se retourner en son contraire ?  Tocqueville avait envisagé qu’il puisse exister une « servitude douce », un régime qui, sous couvert d’égalité, dissimule des discriminations ou s’accommode des injustices. Un régime qui prétexte la fraternité pour imposer les intérêts de quelques-uns. Un régime du contrôle politique plutôt que de la liberté.

 

 

 

 

Lire la totalité de l'entretien Marcel Gauchet/Guillaume Bachelay

 

 

 

Les travaux de Marcel gauchet:

 http://www.observatoiredemocratie.com/article-democratie-les-travaux-de-marcel-gauchet-66459802.html

 

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans Démocratie
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