Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Références

Revenir à l'accueil?

  Cliquez ci dessous

image002-63x64_1_.gif

 

 

TEXTES

FONDAMENTAUX

   

imagescah5x4h8.jpg

Histoire de l'esclavage

 

Histoire du droit de vote

 

Laïcité, texes fondamentaux

 

Déclaration universelle des droits de l'homme 1948

 

Déclaration des droits de l'Homme 1789

 

La démocratie à Athènes

 

Loi de séparation des églises et de l'Etat 1905

 

J'accuse d'Emile Zola

  

Robert Badinter
60ème  anniversaire de la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme
 
 

Catherine Kintzler

Qu'est ce que le communatarisme  

  

 

De la race en Amérique

Obama    

 

 

Pratique

DOSSIER DU MOIS

  

La-cit-.jpg

  La laïcité dans le monde

 

La laïcité en Turquie

La laïcité en Grèce

La laïcité en Belgique

La laïcité au Portugal

La laïcité en Allemagne

La laïcité aux Etats Unis

L'actualité de la laïcité

 

 

OUTILS   

 

 

   Rituels républicains

Pour vos cérémonies de
baptêmes républicains,
mariages civils...

 

Enseigner la démocratie

   Outils pour les enseignants 

  

Apprendre l'Europe en jouant
Quiz sur l'Europe 

Créer son propre blog? 

 mode d'emploi    

   

 

 

  

Revenir à l'accueil?

image002-63x64_1_.gif

 

 

19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 16:48

Bernard MarisPourquoi le RME est-il une nécessité de la société postcapitaliste? par Bernard Maris 

 

Encore faut-il qu’on croie à une société au-delà du capitalisme… Une société non violente, altruiste, respectueuse de l’environnement, bref, une société anti-humaine sachant que l’homme isolé ou en groupe est violent, égoïste et destructeur de l’environnement. (La Commission européenne vient d’autoriser la pêche en eaux profondes, histoire de détruire plus vite ce qui est en voie de disparition…)

Le RME dissocie le travail du revenu, et, en ce sens, il peut être le virus qui va détruire la société capitaliste. Démonstration. Le K, le capitalisme, est fondé sur l’appropriation, la rivalité, l’accumulation, l’échange qui enrichit. Mais au cœur de ce carré maléfique, propriété, rivalité, accumulation, échange, il y a un noyau d’énergie: le travail salarié. Le travail subi. Le travail qui fait de l’argent qui fait du travail. Or le facteur décisif de l’accumulation n’est plus la matière première, mais le capital humain, le travail qualifié si l’on préfère. D’où vient ce travail qualifié? De la culture accumulée par l’humanité, d’Homère à Einstein, en passant par qui vous voudrez: Lavoisier, Alphonse Allais, Pierre Dac, Alexander Fleming, Picasso… Chaque être à sa naissance est héritier de cette culture. Héritier d’une sorte de rente culturelle, comme la bonne terre ou la forêt peuvent être une rente pour l’agriculteur. Philosophiquement, il est tout à fait légitime de partager cette rente: les économistes partisans du RME l’estiment, en France, à 15 % du PIB. Autrement dit, 85 % du PIB vient de l’ingéniosité des Français en 2013, et 15 % de celle qu’ils ont héritée (ce qui peut paraître faible, mais admettons). Ces 15% sont un intérêt sur le capital humain accumulé de génération en génération. 15% du PIB distribué à tout Français, riche ou pauvre, équivaut grosso modo à 400 euros par mois. À vie. Avec ces 400 euros, tu fais ce que tu veux: tu travailles, tu ne travailles pas, tu travailles à mi-temps. Typiquement, la retraite par répartition est un revenu minimum d’existence (une allocation universelle) — elle est versée sans contrepartie. Dans une société où les machines remplacent de plus en plus fréquemment les hommes (les caissières, pilotes d’avion, conducteurs de tram ou de métro, etc., n’ont aucune raison d’être), le RME se justifie aussi par le fait qu’un volume croissant de richesse est produit par un volume décroissant de travail.

Le hic, c’est que le travail marchand, le salariat, joue indiscutablement un rôle socialisant. L’usine sociale, même s’il ne fait pas bon y travailler. André Gorz a longtemps été opposé au RME au nom de la socialisation par le travail. C’est pourquoi le RME ne doit pas exclure le travail, mais peut s’y ajouter. Typiquement, le bon contrat de travail, le contrat de travail d’avenir, est celui d’intermittent du spectacle (oui, je sais, les abus, les stars qui en profitent, etc.: mais toujours et partout il y a des passagers clandestins). L’intermittent fait des allers-retours entre travail et loisirs et, lorsqu’il travaille, il est dans le domaine de la culture, ce qui n’est pas désagréable.

Le RME se justifie aussi parce que tout être humain possède un droit sur l’eau, l’éducation, la santé. Il est en radicale opposition philosophique avec le RSA. Car le A exige un échange d’activité. Les libéraux pensent que le RME va créer une classe de parasites au détriment des «vrais actifs». Probablement pas. On trouvera toujours des alcooliques du travail servile. Mais le RME, en coupant le revenu du travail servile, enfonce un coin dans le béton capitaliste: enfin on peut vivre sans travailler. Vivre sans travailler fait toute la noblesse de la retraite — sauf que la vieillesse accompagne assez vite la retraite ; mieux vaut être un jeune noble qu’un vieux noble.

Certes, le RME exige une société altruiste, plutôt frugale et intelligente. Pas sûr qu’elle soit si loin… de gré ou de force!

Article paru dans Charlie Hebdo, le 27/12/2013 -

Partager cet article

Repost 0
Published by Observatoire de la Démocratie - dans "Ils ont dit ou écrit" - nous vous recommandons
commenter cet article

commentaires