Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Références

Revenir à l'accueil?

  Cliquez ci dessous

image002-63x64_1_.gif

 

 

TEXTES

FONDAMENTAUX

   

imagescah5x4h8.jpg

Histoire de l'esclavage

 

Histoire du droit de vote

 

Laïcité, texes fondamentaux

 

Déclaration universelle des droits de l'homme 1948

 

Déclaration des droits de l'Homme 1789

 

La démocratie à Athènes

 

Loi de séparation des églises et de l'Etat 1905

 

J'accuse d'Emile Zola

  

Robert Badinter
60ème  anniversaire de la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme
 
 

Catherine Kintzler

Qu'est ce que le communatarisme  

  

 

De la race en Amérique

Obama    

 

 

Pratique

DOSSIER DU MOIS

  

La-cit-.jpg

  La laïcité dans le monde

 

La laïcité en Turquie

La laïcité en Grèce

La laïcité en Belgique

La laïcité au Portugal

La laïcité en Allemagne

La laïcité aux Etats Unis

L'actualité de la laïcité

 

 

OUTILS   

 

 

   Rituels républicains

Pour vos cérémonies de
baptêmes républicains,
mariages civils...

 

Enseigner la démocratie

   Outils pour les enseignants 

  

Apprendre l'Europe en jouant
Quiz sur l'Europe 

Créer son propre blog? 

 mode d'emploi    

   

 

 

  

Revenir à l'accueil?

image002-63x64_1_.gif

 

 

4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:15

Les événements de l’année 1879 (McMath 1993) sont, en réalité, le moment de cristallisation du mouvement populiste américain. La cause est loin d’être précise et unique. Des protestations et des actions collectives mobilisent des centaines de personnes. Les masses agraires en colère se retrouvent sur la route et en nombre croissant dans un désir d’aller ensemble à chaque fois plus loin. C’est la réaction en chaîne de ceux qui, déçus de la politique fédérale, après la guerre civile, constatent que la puissance de l’argent, la victoire des monopoles, l’arrivée massive d’immigrants et l’essor de l’urbanisation, car la modernisation de l’appareil productif les prive de leurs droits les plus élémentaires et les plonge dans le besoin. Ces hommes aux valeurs protestantes et rurales se sentent sans défense, bernés et humiliés. Incrédules envers un monde politique auquel ils n’accordent plus de crédit. L’Amérique idéale à laquelle s’identifiaient les paysans et les petits propriétaires n’est plus. Entre 1860 et 1900 le nombre de fermes passe de deux millions à plus de cinq millions. La production augmente rapidement. Les prix sont en chute libre et provoquent la grande dépression de 1893. C’est le moment où les contradictions entre la passion pour le progrès et la peur de l’avenir sont poussées à leurs limites extrêmes. Les paysans ont l’impression d’être laissés pour compte et sacrifiés sur l’autel de l’industrialisation et de la grande finance. Une société syndicale secrète, The Knights of Labor, assure un rôle idéologique non négligeable. Cette organisation est fondée en 1869 à Philadelphie par un franc-maçon : Uriol Stephens. Sa structure et ses idéaux rappellent une loge maçonnique. Devenu «grand maître travailliste», Stephens développe une grande activité pour diffuser un discours de fraternité et de solidarité. Les «Chevaliers du Travail» jouent un rôle significatif dans la vague des grèves, les luttes pour la journée de huit heures et surtout dans l’attitude pacifiste des syndicalistes. e caractère œcuménique de la pensée populiste s’affirme sur les bases d’une interprétation simple : la société est devenue corrompue, les honnêtes gens doivent s’unir pour chasser les hommes rapaces et les mauvais gouvernants. L’idéologie populiste américaine s’inspire des mythes fondateurs. Il s’agit ainsi d’un républicanisme moral qui garantit l’égalité des chances et à chacun le fruit de son travail, contre (pensent-ils) une classe minoritaire de financiers, insensibles au «bon peuple travailleur».  La place occupée par les femmes dans le mouvement populiste mérite un commentaire. Elles représentent plus d’un quart des membres actifs et certaines sont des militantes suffragettes. nière est 1892. C’est le moment politique où se cristallise la volonté de créer une force électorale pour les présidentielles et de réunir les moyens nécessaires pour développer une campagne nationale de masse. La conférence de fondation a lieu à Saint Louis, en janvier 1892, sous la présidence de Leonidas Polk et la vice-présidence de Frances Willard qui représente les femmes engagées. Ainsi, le général J.B. Weaver fut proclamé candidat du « people party » aux élections présidentielles. Les deux partis de pouvoir, démocrate et républicain, développent une campagne anti-populiste acharnée. Ils resserrent l’étau autour du candidat populiste, jusqu’à l’asphyxie politique. La défaite est sévère. C’est la fin de l’aventure populiste. La réalité électorale leur montre que le seul atout des populistes est leur capacité de nuisance à l’égard des partis classiques. Ainsi, une règle de la politique américaine s’applique : les petits partis n’arrivent pas à se hisser dans la cour des grands. Pourtant, leur influence critique se fait sentir progressivement à travers la récupération qu’en font les figures de l’établissement.Ainsi le spectre du populisme perdure encore dans les milieux politiques américains. Il se manifeste de temps en temps à l’arrivée de crises intermittentes du système. A chaque fois, c’est le même ressort populaire qui réussit à faire bouger l’immobilisme des gouvernants. Le mouvement populiste de protestation nationale issu de la dépression consécutive au krach financier de 1929 en est un excellent exemple. Le président Roosevelt, à la tête d’une majorité confortable, s’occupe de parer au mieux les dangers de la situation. Il s’attaque directement aux marchands et propose un impôt spécial pour «faire payer les riches» et relance le «New Deal».La « tripe populiste » renaît avec Truman lorsqu’il chasse les républicains avec un discours enflammé qui séduit les couches populaires, en fustigeant les «voraces», les «affamés» de privilèges, qui n’hésitent pas à pousser les «ouvriers contre les fermiers». Plus tard, le charisme de J.F. Kennedy est là pour rappeler la puissance d’une attitude plus proche du peuple, plus chaleureuse et séductrice, capable de réveiller les grands fondements de l’Amérique conquérante. R. Reagan est la figure issue du monde du spectacle qui renoue avec la tactique populiste pour gagner la course à la présidence avec un discours libéral fort. Toute campagne se fonde sur les règles du «showbiz» anticipant le néo-populisme de médias.  D’autres personnalités à caractère populiste ont peuplé la politique américaine ces dernières années. En 1992, Ross Perot autant que P. Buchanan rappellent la fin du XIXe siècle. Ils s’attaquent à l’hypocrisie des élites accusées d’être au service des «gros». Et, si Bill Clinton gagne les élections, sa victoire ne signifie nullement l’effacement de la poussée populiste. Le Clinton candidat offre une image chaleureuse et rassurante, mais surtout un programme de réformes progressistes et sa campagne celle de Kennedy. Ce n’est pas l’idéologie ni le parti qui jouent un rôle majeur dans l’élection de 1992, mais la capacité de Clinton à persuader, sous fond d’attente de l’homme charismatique.        En 1996, encore une fois, l’effet Buchanan illustre l’importance de l’enjeu populiste américain. Cependant, il n’a pas pu arracher l’investiture à l’appareil des politiques républicains en place, d’autant qu’une nouvelle fois l’adversaire démocrate, Bill Clinton, a su répondre à une grande partie des attentes et surtout montrer un bilan économique positif. Et, même le «Monicagate» n’a fait qu’ accentuer les caractéristiques populistes du président. Certes, l’arrivée de G. Bush met fin à une période de poussée populiste qui traversait l’Amérique. Or, à sa manière, dans un registre plus autoritaire, Bush marche sur les traces du vieux populisme made in USA. Les gouvernants changent, mais la symbolique populiste fondatrice reste.

 

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Alexandre Dorna - dans Populisme
commenter cet article

commentaires