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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:13

Historiquement, les origines du mouvement populiste russe remontent au « narodnitchestvo » du XIXe siècle. Le terme russe (narod = le peuple), traduit hâtivement par populisme, représente une vision idéologique plus sociétale que politique, dans laquelle l’idée d’un enracinement profond dans les traditions de « l’âme russe » reste fondamental. Ce n’est pas un hasard si les Russes emploient aujourd’hui le mot "popoulizm", afin de ré-établir une certaine symétrie avec le sens donné par l’Occident au phénomène populiste. Ainsi, il fait partie d’une révolte socialisante et utopiste diffusée par des intellectuels contre l’autocratie tsariste qui, progressivement, se radicalise, sous deux formes : l’une qui deviendra terroriste et l’autre qui, sous diverses formes légales, disparaîtra dans la bourrasque de la révolution de 1917 et la répression du pouvoir soviétique. Le fond religieux de l’âme russe jouera un rôle incontournable, dans la manière dont l’intelligentsia russe, éprise de liberté, imbibée de «mystique» et de modernisation, exprimera un credo : le peuple russe est appelé à réaliser une grande mission salutaire. Le peuple doit être donc leur objet de culte. Il faut aller au peuple et appeler à sa libération. La forme russe du populisme se développe à travers plusieurs époques. A savoir : le pré-populisme libéral (1840-1860), le populisme révolutionnaire (1860-1881), le populisme légal (1880-1890) et le populisme social révolutionnaire qui disparaîtra avec la prise du pouvoir par les bolcheviks.

 

 

Alexandre Herzen, intellectuel humaniste, libre-penseur, réformiste, est le fondateur spirituel du populisme russe. Désenchanté de l’attitude mercantiliste occidentale, il se tourne vers la figure mythique de la Russie profonde : le paysan. Il représente l’homme du peuple authentique. Le social est attaché à la terre, tandis que la politique est vécue comme une illusion bourgeoise.

 

 

.              L’échec des tentatives réformistes entraîna à la longue des déceptions profondes. La paysannerie affranchie reste inorganisée et mécontente, tandis que seule la bourgeoise en profite. Les révoltes sont écrasées brutalement. Ainsi, un autre mentor intellectuel du populisme, Tchernychevski, transforme la réflexion populiste en idéologie révolutionnaire. Il n’est nullement un conspirateur, mais un journaliste engagé. Auteur d’un roman célèbre dans les milieux populistes et socialistes : Que faire ?, ses idées contribuent à radicaliser davantage le mouvement. Des sociétés secrètes sont créées, notamment : «Terre et liberté», Tchernychevski y participe activement et lance un appel au peuple, afin d’obtenir l’émancipation paysanne. Le jeune écrivain Dobrodulov (1836-1861) est le véritable chantre de la psychologie populiste avec ses tourments, ses sentiments et ses problèmes moraux. Il exprime un univers en crise : « Dans notre classe moyenne, nombreux sont les hommes oubliés, humiliés et offensés, leur vie est lourde, moralement et physiquement. Mais, en dépit d’une résignation extérieure, ils sentent la douleur, ils sont prêts à la colère et à la protestation, ils réclament une issue.» Il ajoute, lyrique : « Les masses populaires ne savent pas parler avec éloquence, aussi ne peuvent-elles pas et n’aiment-elles pas s’attarder aux mots, en prenant plaisir aux sons qui se perdent dans le lointain.»

 

 

 Le pouvoir tsariste réplique avec férocité sans que le peuple s’insurge. Ainsi, entre l’avant-garde intellectuelle et le peuple se creuse un fossé. Une nouvelle tendance révolutionnaire devient, rapidement, le symbole d’un populisme dénaturé et vidé de ses principes réformistes : le nihilisme. Le mot d’ordre nihiliste (Bielinski) est : «la négation, voilà mon dieu.» Cependant, ils ne sont ni des indifférents ni des sceptiques, plutôt des militants animés d’une foi messianique dans le destin du peuple russe.

 

 

                Plusieurs attentats terroristes font de Netchaïev la figure mythique du nihilisme. Il deviendra dans les milieux du populisme nihiliste         un héros de légende. Suite à l’assassinat d’Alexandre II, par les membres du groupe «Volonté populaire», les populistes terroristes sont exécutés le 3 avril 1881.  Cet échec terroriste ouvre la voie à un populisme «légal» inspiré des fondateurs, qui se lance dans un rattrapage du temps perdu. Leurs liens avec les villages et le monde paysan n’existent presque plus : la mentalité du peuple, devenu prolétaire, change, mais la misère persiste. De fait, le populisme, à l’aube du XXe siècle, cesse de jouer un rôle majeur. Il est utile de citer l’adversaire le plus acharné du populisme. Résumant la nature du populisme russe, Lénine écrit : « Si vous refusez toutes les belles paroles sur les "intérêts du peuple" et que vous creusez plus profond, vous vous rendrez compte que vous êtes en train d’avoir affaire avec de fieffés idéologues de la petite-bourgeoise… »    Ce marxisme intolérant, devenant hégémonique, restera le pire ennemi du populisme, même à ce jour, dans les divers pays où le néo-populisme se profile. Mais, ici et là, l’essence du populisme des précurseurs continue à nourrir, sous des formes diverses, la pensée de ceux qui adhèrent à une vision universaliste, humaniste et de justice sociale. C’est pourquoi, au-delà de la tempête d’octobre 1917, l’idéologie populiste reste ancrée dans la mémoire du peuple, tant les deux composantes, le nationalisme et l’utopisme social, imprègnent l’âme russe.        

 

Lire notre dossier du mois de septembre 2007, sur le populisme:

Le Néo Populisme est arrivé; Les mouvements populistes; Le rôle des médias dans le populisme contemporain; le populisme à a française, de Napoléon à Bernard Tapie, en passant par De Gaulle; Le populisme latino américain; le populisme aux Etats Unis; le populisme russe,

 

 

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Published by Alexandre Dorna - dans Populisme
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