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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 06:28
Dans le cadre de son nouveau dossier sur le clivage "Gauche-Droite", l'Observatoire de la démocratie met en ligne les travaux de deux universitaires, tous deux chercheurs en psychosociolgie politique. Pour Alexandre Dorna, le clivage gauche droite doit s'effacer devant la République. Pour Benjamin Matalon, les différences sont telles qu'on ne peut les éluder...Jean-Francis Dauriac, Président de l'Observatoire de la démocratie  Lire notre dossier "Gauche/Droite"

                         

 V/  La question républicaine : dépasser le clivage en temps de crise Les incantations à la République sont devenues la dernière planche de salut à droite et à gauche. Il y a à peine vingt ans, peu de monde se disait républicain. Pour la gauche : trop bourgeoise et vieillie. Pour la droite : trop de cadavres dans les placards. Idée désuète. Ringarde. Il a fallu la débâcle idéologique à gauche et l’irruption du néolibéralisme à droite, la marée mondialiste avec ses effets pervers, dont le racisme et la forte montée des extrêmes droites, l’islamisme radical, avant d’envisager la République sortant de son sommeil et le drapeau  transformé en cache-sexe politique. Les élections de 2002 sont encore imprégnées d’images détonantes. Le 21 avril, devant la surprise Le Pen, le réflexe républicain fait son retour. Mais, une fois la peur passée, les mêmes reprennent les mêmes habitudes. Force est de croire que ni la gauche ni la droite ne savent se comporter en républicains. Mais, soyons plus clairs : l’ont jamais été ? Il y a là matière à une recherche psycho-socio-politique. Mais aussi à une constatation politique : le poids des appareils et le fonctionnement des machines partisanes sont tout sauf des écoles de républicanisme. Ne parlons même pas des ateliers de démocratisme. Le principe sélectif des oligarchies règne, la puissance de l’argent et des médias fait le reste. La politique est devenue une affaire privée et  le Parlement un club d’initiés. Que penser alors de cette situation ? Les institutions politiques sont touchées de plein fouet par la crise. L'acceptation passive d'un consensus mou qui renforce le statu quo et le glissement vers un monde où la volonté citoyenne est remplacée par la volonté d'une nouvelle caste d'experts et de technocrates solidement incrustés dans toutes les sphères décisionnelles, marquant ainsi la subordination du politique (l'intérêt général) au corporatisme des intérêts particuliers. C’est là l’entorse fondamentale à l’idée républicaine de la République. Le consensus légal démocratique ronge de l'intérieur le régime républicain lui-même. A la différence de celui d'hier, le monde d'aujourd'hui se précipite vers l'avenir sans se donner le temps de saisir le présent ni de se souvenir du passé. Les points de repère à l'échelle individuelle diffèrent de ceux de l'échelle collective. La perception en est proche, mais de plus en plus virtuelle. Vouloir percevoir le monde dans sa globalité contradictoire est une charge psychologique trop lourde pour des citoyens aliénés par une surexposition à des informations fragmentées. D'où son caractère sélectif, dont une des conséquences est l'effritement des valeurs communes. Ainsi, morale et politique se cherchent-elles dans un jeu de cache-cache polémique aboutissant à des impasses, où l'idéal grec de virtus s'est transformé en simple représentation au sens scénique du terme et la volonté collective en résignation.L'affaiblissement des valeurs républicaines et l'affaissement des institutions démocratiques rendent de plus en plus légitimes les pratiques de manipulation et la démagogie. Aussi l'ambiguïté est-elle de retour en démocratie, mais avec un élément supplémentaire et auto-mutilatoire : la stagnation. C'est une telle démocratie qui est en train de produire une République sans républicains et une élite machiavélique et technicienne, chargée de la gestion pragmatique des affaires publiques, dont la mentalité est de plus en plus auto-suffissante sur laquelle s’appuient autant les élites de gauche que de droite.  Où est passée la vertu républicaine ? Il y a dans la France d'aujourd'hui un déficit de République. Le projet républicain s’est effrité lentement de renoncements en mensonges, de manque de courage en tricheries, de turpitudes en corruptions. Ce processus est le résultat de l'usure du pouvoir des élites politiques qui, abandonnant l'attitude républicaine originelle, se sont compromises avec son contraire : l’esprit oligarchique. Si l'idée républicaine de gouvernement est exigeante, sa légitimité n’est pas fondée seulement sur la volonté populaire. Au contraire de la méthode démocratique, le principe républicain sait que la majorité peut se tromper. La République postule donc un dispositif délibératif qui rend possible la multiplicité des prises de parole et, en interdisant la domination d'un seul discours, renvoie le jugement à la confrontation des opinions de l’ensemble des citoyens. L'idéal républicain de la politique refuse toute tentative hégémonique par  le respect strict des opinions et des citoyens. Ce ne sont pas les volontés de quelques-uns qui peuvent légitimer des pratiques d'hommes libres, mais le contrat toujours rénouvelé entre hommes et femmes raisonnables liés par une commune croyance dans les institutions républicaines.  Voila pourquoi les racines étymologiques du mot République rendent bien compte du postulat de base : le bien commun, la chose publique, l'intérêt général. Le citoyen doit faire un effort conscient pour le devenir. La volonté de chacun et de tous sous-tend l'idée et confère un sens au projet républicain. C’est par le système délibératif mis en place par la République qu’est possible l'exercice de la parole libre d’entraves. Ainsi, la politique est-elle l'ensemble des discours posés par tous et pour tous au sein des institutions. Ces questions sont en permanence politiques, et non métaphysiques. Ce n'est pas le comment  « bien penser », mais le comment « bien vivre ». La première question républicaine n’est pas ce que nous voulons, mais ce que nous devons être en tant que nation et citoyens : riches ? égaux ? puissants ? justes ? L'impératif républicain n'est donc pas de faire, mais d'être en tant que groupe humain. Car la politique exige un projet collectif rationnel pour faire des choix. C’est là le contrat implicite qui nous lie à d'autres. Et cela demande de la discussion et du dialogue dans des termes interchangeables. Ainsi établit-on la réalité des accords. L'analyse de la situation est fondamentale : on observe les faits, on les classe, on les comprend, on établit un raisonnement, on prend des décisions et on évalue. Voilà pourquoi la raison est l'horizon de la politique républicaine. Le citoyen est essentiellement un être raisonnable, même si la politique ne l’est pas, car elle répond à une logique de situations. En réalité, ce que la République met en jeu et publiquement, c'est un dispositif où les délibérations énoncent la question politique par excellence : qu'est-ce qui est possible ? C'est la production de possibles, de scénarios pour mieux bâtir des stratégies d'action collective. Ce travail cognitif est en République un énorme effort d'imagination commun. Car il faut choisir, après avoir défini ce qu'on veut, celui (ou ceux) qui peut répondre le moins mal au moment présent aux exigences impératives. La légitimité de la République se trouve alors dans ce dispositif de dialogue et délibération complexe et collectif. Mais la raison ne suffit pas,  il faut un élément psychologique : la vertu. Savoir fixer bornes et limites à ses désirs, et tenir compte des intérêts des autres citoyens et de la patrie, En deux mots : savoir distinguer le juste et l’utile, le bien et le mal.           La gauche et la droite sont-elles vertueuses ? Les appareils ne le sont certainement pas. En conséquence, le renouveau ne peut pas venir d’eux. Mais, le peuple de gauche et celui de droite peuvent y contribuer. Il faut une force républicaine capable d’effectuer le dépassement. Non seulement rappeler les valeurs républicaines, mais les pratiquer. Tous peuvent y adhérer. Toutefois, tous ne s’attellent pas à cette tâche. Certains attendent par cupidité, égoïsme et manque de courage, d’autres par aveuglement, enfin, il y a ceux qui le font par cynisme et mauvais calcul.  

 

 

 

 



[1] Publié dans le n° 3 (2005) de la revue Libres.              

 

 

 

 

 

 

 

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Published by OD - dans Positions
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commentaires

Bernard BonechÚre 25/05/2007 11:20

il y a ceux qui défendent "La République Sociale"... il faudra bien finir par les entendre!