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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 06:26
Dans le cadre de son nouveau dossier sur le clivage "Gauche-Droite", l'Observatoire de la démocratie met en ligne les travaux de deux universitaires, tous deux chercheurs en psychosociolgie politique. Pour Alexandre Dorna, le clivage gauche droite doit s'effacer devant la République. Pour Benjamin Matalon, les différences sont telles qu'on ne peut les éluder...Jean-Francis Dauriac, Président de l'Observatoire de la démocratie  Lire notre dossier "Gauche/Droite"

L’idée qu’il y a des problèmes et des convictions communs à tous, plus importants que ceux qui divisent, mérite qu’on s’y arrête, car c’est la variante actuelle d’un rêve permanent, celui d’une société sans contradictions ni oppositions, donc sans politique, parce que celle-ci sera devenue inutile, faute de divergences d’opinions ou d’intérêts, parce qu’on saura enfin comment gouverner, et parce qu’elle sera parfaite. Elle sous-tend la quasi-totalité des utopies, et les spéculations de nombreux penseurs de la politique. Saint-Simon , puis Engels, prévoyaient une société où « l’administration des choses »  remplacerait le « gouvernement des hommes ». C’est une idée qui, sous une forme un peu différente, loin des grandes conceptions des utopies, mais se voulant fondée sur l’observation des faits, est apparue au XVIIIème. siècle : Montesquieu et d’autres comptaient sur le « doux commerce » pour brider les passions et pacifier la société[1]La plupart des utopies ne disent rien d’éventuelles différences d’intérêts ou d’opinion. C’est une des grandes qualités de l’œuvre de Rawls de ne pas exclure les différences et les inégalités de sa société juste, il en a même choqué beaucoup en posant le problème des inégalités acceptables. Mais on peut supposer que sa société juste serait, elle aussi, sans conflits. L’utopie libérale, sous sa forme extrême, reconnaît les différences d’objectifs et d’intérêts, mais compte sur le marché libre pour assurer une régulation suffisante de la société. Chez eux aussi, il n’y aurait plus besoin de politique, la « main invisible » se chargeant de tout, et la science, en premier lieu l’économie, apportant les critères nécessaires aux quelques décisions qui restent à prendre, réduisant ainsi le rôle de l’État au minimum, voire préconisant sa complète disparition. (Les libertariens américains, ou anarcho-capitalistes, passent beaucoup de temps à discuter pour savoir s’il faut un état minimal ou pas d’état du tout).  Mais pour le moment on est loin de ce rêve, quelles qu’en soient les variantes : les différences d’intérêt ou d’opinion, de conception du monde existent et ne sont le plus souvent pas compatibles. Des conflits sont inévitables. La démocratie peut être considérée comme un système qui en tient compte et propose des modes de résolution non-violents, en premier lieu le recours au vote majoritaire. On peut être étonné qu’on puisse encore croire à une société stable, à la fin de l’histoire. Ce dont on peut être sûr, c’est que ce n’est pas pour bientôt. Le fonctionnement normal de la vie politique démocratique doit tenir compte des divergences, donc des clivages. Penser que nous pouvons être tous d’accord sur tout est irréaliste, même s’il peut y avoir un quasi-consensus à un moment donné sur quelques points. Mais ceux-ci ne suffisent pas pour fonder durablement une politique dans tous ses aspects. Ou alors, l’unité est imposée par un État totalitaire, ce qui n’est certainement pas ce que souhaitent au moins une partie de ceux qui préconisent de dépasser le clivage. Certes, je l’ai dit plus haut, dans des moments de crise grave, de guerre par exemple, il peut y avoir « union nationale », Mais dès que le sentiment d’urgence s’atténue, ces oppositions s’expriment de nouveau. Pour qu’une telle union soit possible, même de courte durée, il faut un ennemi[2] : on ne s’unit que contre, et dans l’urgence. Or, actuellement, si on peut admettre que si, par certains aspects, notre société est en crise, elle n’a pas d’adversaire identifié[3]Peu à peu, au cours du XIXème. siècle, on a abandonné, sans jamais le dire explicitement, les idées d’intérêt général et de volonté générale, pour reconnaître l’existence d’intérêts divergents et de conceptions du monde différentes en compétition pour gouverner, le système majoritaire fournissant en principe une règle de décision simple en cas de désaccord. Dans ces conditions, il est normal que ceux qui ont, ne serait-ce qu’approximativement, les mêmes objectifs s’unissent  pour approfondir leurs idées et les faire triompher, et défendre leurs intérêts communs, et que cette association se maintienne au-delà des circonstances qui la justifiaient. Bien sûr, on pourrait imaginer que ces associations ne soient que provisoires, et que devant un autre problème elles soient différentes, comme les associations américaines dont parlait Tocqueville, qui se constituent pour régler un problème précis. C’est, semble-t-il ce qu’aurait souhaité Rousseau. Mais c’est négliger l’existence de conceptions du monde et de systèmes de valeurs différentes relativement stables qui justifient des regroupements également stables.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] HIrschman a fait l’histoire de cette idée dans Les Passions et les Intérêts.

 

 

 

 

 

[2] Je m’y attends : on va me rappeler que c’était une des idées du juriste nazi Carl Schmitt, pour qui l’essence de la politique se trouve dans l’opposition ami-ennemi. Mais le nazisme a diabolisé l’ennemi, a exacerbé la haine contre lui, et voulait l’anéantir définitivement.  Ce n’est évidemment pas ce que je propose, bien au contraire. Il faut distinguer l’ennemi qu’il faut vaincre et l’adversaire, ou plutôt le concurrent, avec lequel il faut cohabiter et composer, tout en essayant de prendre le dessus sur lui.

 

 

 

 

 

[3] J’avancerai même l’hypothèse que notre société est en crise parce qu’elle n’ pas d’ennemi. Mais je concéderai que ce n’est certainement pas la seule cause.

 

 

 

 

 

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Published by OD - dans Positions
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