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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 06:25
Dans le cadre de son nouveau dossier sur le clivage "Gauche-Droite", l'Observatoire de la démocratie met en ligne les travaux de deux universitaires, tous deux chercheurs en psychosociolgie politique. Pour Alexandre Dorna, le clivage gauche droite doit s'effacer devant la République. Pour Benjamin Matalon, les différences sont telles qu'on ne peut les éluder...Jean-Francis Dauriac, Président de l'Observatoire de la démocratie 

                                             

 IV/ La crise est à gauche autant qu’à droite -  Sur ce fond de crise politique : ni panique ni pessimisme.  Certes, la crise économique actuelle a quelque chose de plus sournois : l’angoisse de millions d’âmes fait son nid dans l’attente.  Loin des couloirs de l’Assemblée nationale ou des ministères, au cœur de la Nation , le crédit du politique se trouve épuisé. Le système ne tient que grâce aux appareils et aux structures institutionnelles, et le décalage entre gouvernants et gouvernés est à son apogée. L’apolitisme fait rage, car l’abstentionnisme est devenu un geste massif de rejet. Le besoin d’un homme fort et providentiel se fait sentir. Certes, l’élite politique tient bon, mais elle se fragilise et devient immobile, calculatrice et sans âme. Trop confortablement installée. Assise sur un volcan. Paralysée. Le diagnostic n’est pas nouveau. La crise s’aggrave, mais ce n’est pas tout, il lui faut une issue. Le besoin de changement est d'autant plus profond qu'il résulte d'un télescopage de crises préalables. C'est une des raisons qui expliquent en partie l'impuissance du discours politique contemporain et le rétrécissement de la conscience citoyenne. Faut-il rappeler que les crises sont des périodes critiques (l'étymologie est la même : discerner, décider, juger) entre deux équilibres. C'est le moment décisif pour envisager les formes du passage et pour éviter des conséquences incontrôlées. La crise n’est pas  qu’une conjoncture accoucheuse d'idées novatrices et de comportements extrêmes, elle peut engendrer l’apathie et la décadence de cultures jadis puissantes. La dynamique et l'énergie des crises sont en relation directe avec l'idée que les hommes se font des conséquences de leurs actions. Surtout, il ne faut pas oublier que les changements issus des crises sont associés, dans le vécu des sujets, à des sentiments d'incompréhension, d'insécurité, d'anxiété, de souffrance, d'espoir et de déception. Le symptôme majeur d'une crise sociale aiguë est la déstructuration de l'identité collective et individuelle. Dans des situations critiques, les hommes sont confrontés à un cadre flou et souvent chaotique, ils n'arrivent pas à se faire une idée d'ensemble ni à trouver un fil conducteur, ils éprouvent le sentiment d'être dans un dédale incompréhensible où personne ne semble capable de mettre l'ordre du monde à la portée de tous. Observé de manière (quasi) clinique, l'homme qui cherche du sens au cœur d'une crise sociale profonde est une masse qui s'ignore, une force qui se pense faible, un questionnement multiple dans l'attente d'un éclairage qui ordonne le monde confus d'une manière simple. Cet état psychologique est un processus social, un mouvement au rythme asynchrone. Une accélération peut se déclencher à tout instant, car les forces politiques et sociales se mettent en marche généralement à la suite d'événements mineurs. L’histoire montre que les grandes crises sont le résultat d'une interruption (plus ou moins aiguë) des liens entre le vécu immédiat et les explications fournies par le milieu social. L'homme a besoin, pour se coordonner avec les autres hommes, d'une image cohérente du monde. Aussi la crise est-elle une émergence, c'est une coupure du sens et de la continuité temporelle de l'unicité. C’est là que la raison est devancée par l’émotion. Le débordement émotionnel affaiblit la conscience; la personne ne réussit pas à échapper à l'expérience immédiate du danger; le cadre perceptible (le degré de conscience) se rétrécit; le processus d'intégration des perceptions (nouvelles) et les mécanismes de la cohérence se font plus rigides.Devant la crise, la gauche et la droite ont adopté une posture d’ordre avec la logique machiavélique classique de la conquête du pouvoir, et l’utilisation d’un discours pragmatique, afin de s’y maintenir aussi longtemps que possible. Or, le peuple s’en accommode mal. Le statu quo est la froideur des gouvernants. Cela augmente la déchéance du peuple. Le problème réside dans les inégalités que le système économique engendre et que la politique maintient. Hier, la justice sociale était la pierre de touche pour définir la ligne de démarcation entre la droite et la gauche. Ce n’est plus le cas. Et, si le discours officiel de la gauche ne reprend pas tout à fait celui de la droite, la doxa l’entend bien ainsi : il y a pour le moment un ordre inévitable et il faut l’accepter et chercher des palliatifs. Les justifications en sont très diverses. Ce n’est pas Dieu ni la nature, mais le marché qui le veut. Et le marché est le seul à fonctionner et à accumuler de la richesse comptant et trébuchante. L’argumentation est simple : il n’y a pas d’alternative viable. Le temps de l’utopie est révolu. Il faut laisser travailler les experts et s’adapter. La droite n’a pas eu besoin de faire ce cheminement ni de tenir ce discours, elle n’a jamais cru en l’utopie. Or, elle sait, maintenant, aussi, que le système est mortel, que la tradition est tuée par la modernité dans une curieuse alliance entre technocrate de gauche et technocrate de droite. Les plus lucides le savent, mais se taisent, tandis que les cyniques et les imbéciles font semblant.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Publié dans le n° 3 (2005) de la revue Libres.              

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by OD - dans Positions
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