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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 08:47
Ils l'ont dit  

 

«Ah oui, moi je vote tout le temps blanc. Depuis que j'ai une carte de presse je me suis accordé ce confort personnel qui est aussi une démarche professionnelle de ne pas choisir.» Jean-Michel Aphatie, journaliste, RTL, Les grosses têtes, 4 décembre 2006.

 

« Se rendre dans l’isoloir pour voter blanc est une expression et un acte civique. Les citoyens attendent légitimement sa reconnaissance. Nous portons cette idée. » François Bayrou, Changer de république : un régime politique équilibré. Projets partagés, UDF ; 2002

 

 

 

« Sans vouloir faire notre Machiavel ou Hobbes de comptoir, on se demande s’il faut vraiment lui demander son avis à Dupont car on remarque que l’électeur qui dit ‘Tous pourris’ ne vote pas blanc pour autant. Il se dit : ‘Pourquoi voter blanc ? A quoi ça sert de voter à ce moment-là !’… Il raisonne presque comme dans les Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio. Le recueil 1995 est en vente dans tous les bons bistrots : ‘On vend des armes aux Africains mais ils finissent toujours par se tuer à coups de machette comme des animaux…’ C’est là un des pièges de la démocratie, elle ne peut rien contre la psychologie infantile qui donne l’impression à Bébert que s’il vote blanc c’est comme s’il jouait au loto ou au tiercé en ne mettant que des zéros… » Jackie Berroyer, Libération, 24 avril 1995.

 

 

 

« Il existe même – mais n’existe-t-il pas une association pour toute chose aujourd’hui – une association ‘pour la reconnaissance du vote blanc’. » Christian Bonnet, ancien ministre de l’Intérieur, débat au Sénat, 7 février 2001.

 

« On ne verra sans doute jamais un ‘philosophe politique’ poser, avec la très grande solennité d’un Heidegger demandant ‘que signifie penser ?’, la question de savoir ‘que signifie voter’. » Pierre Bourdieu, « Le mystère du ministère », page 7, Actes de la recherche en sciences sociales, N° 140, décembre 2001.

 

 

 

 

« La question fondamentale, quasi métaphysique, étant de savoir ce que c’est que de parler pour des gens qui ne parleraient pas si on ne parlait pas pour eux ; qui ne peuvent avoir de stratégies efficaces que collectives, et fondées sur un travail collectif de construction et de son expression. On ne peut vraiment sortir de l’addition mécanique de préférences qu’opère le vote qu’en traitant les opinions non comme des choses susceptibles d’être mécaniquement et passivement additionnées, mais comme des signes qui peuvent être changés par l’échange, par la discussion, par la confrontation, le problème n’étant pas celui du choix, comme dans la tradition libérale, mais celui du choix du mode de construction collectif des choix (quand un groupe, quel qu’il soit, a à produire une opinion, il est important qu’il sache qu’il a à produire d’abord une opinion sur la manière de produire une opinion). » Pierre Bourdieu, ‘Le mystère du ministère’, Actes de la Recherche en sciences sociales, décembre 2001.

 

« On peut comprendre la revendication, formulée par certaines associations, de décompte officiel des bulletins blancs. En effet, il est désobligeant d'assimiler à l'abstention ou à un vote défectueux, le geste d'un électeur qui a fait l'effort de venir voter. » Conseil constitutionnel, Dossier spécial référendum 2005

 

 

 

 

 

 

« Déception des citoyens pour leur classe politique ? Mais on pourrait aussi être déçu des électeurs eux-mêmes ! Déception également à l'égard des militants des partis politiques : en septembre 2000, le Conseil constitutionnel a relevé, dans ses observations, la démobilisation des partis politiques, ceux-ci n'ayant pu désigner dans les bureaux de vote des assesseurs en nombre suffisant. » Conseil constitutionnel, Dossier spécial référendum 2005. [Le Conseil constitutionnel ose envisager de remettre en cause l'expression démocratique du peuple !!! On retrouve de façon inquiétante des propos exposés dans le dernier roman de Saramago.]

 

 

« Je voterai lorsque le vote blanc sera valide. » Albert Dupontel, comédien, Métro, 19 septembre 2006.

 

 

 

 

 

« Se résigner à l’immobilisme consubstanciel à l’unanimité sur le terrain majeur de l’Europe sociale et, plus grave encore, sur le terrain fiscal (…) serait se résigner à voir l’Europe se défaire petit à petit. Voilà pourquoi, tout bien réfléchi, je glisserai dans l’urne un bulletin frappé du drapeau européen avec un slogan simple : ‘Pour l’Europe sociale’.

(…) Mon bulletin sera comptabilisé parmi les blancs ou les nuls. Et alors ? C’est une attitude politique forte qui adressera un message clair. » Jean Glavany (ancien ministre de l’agriculture, député PS), Le Monde, 28 août 2004.

 

 

 

 

« C’est le propre des démocraties de ne pas offrir aux électeurs un choix parfait, jugeant dès lors indispensable d’éduquer le citoyen pour l’inciter à choisir entre des candidats qui ne correspondent pas parfaitement à ses aspirations. J’estime que l’introduction du vote blanc aurait pour effet, au contraire, d’encourager les électeurs à la facilité. » Bruno Le Roux, député PS, débat à l’Assemblée nationale, janvier 2003.

Commentaire de l’Association : Orwell, c’est pour toi ! Chers électeurs ‘blanc’, apprêtez-vous à partir pour des camps de rééducation.

 

 

 

 

« La prise en compte des votes blancs dans le décompte des suffrages exprimés. Mais, en même temps, la possibilité de demander à tout justiciable de présenter sa carte d’électeur pour justifier de son civisme, trois abstentions de suite jouant en sa défaveur, devant un tribunal, en cas de sanction. » Extrait du programme présidentiel proposé par la rédaction de Marianne, semaine du 6 janvier 2007.

 

 

 

 

«Vous dénoncez une rupture d'égalité dans l'expression du vote blanc, entre les électeurs votant au moyen de machines à voter et les électeurs votant de manière traditionnelle.(…) Si aucune disposition du code électoral ne prévoit expressément que des bulletins blancs soient mis à la disposition des électeurs dans les bureaux de vote qui n'ont pas recours à des machines à voter, rien n’empêche un électeur de voter blanc.Tout électeur peut ainsi mettre dans l'enveloppe électorale un bulletin blanc qu'il aura préalablement préparé ou ne glisser aucun bulletin dans l'enveloppe. Dans ces deux cas, son vote sera comptabilisé comme un vote blanc. » Ministère de l’intérieur et de l’Aménagement du territoire, lettre au Collectif du vote blanc, décembre 2006.     Erreur: les enveloppes vides sont comptabilisées comme des bulletins nuls. Commentaire. Le citoyen français n’est pas victime d’inégalité puisqu’il n’existe pas quand il vote blanc, qu’il y ait une machine à voter comprenant une touche ‘vote blanc’ ou qu’il se trouve dans un bureau électoral à l’ancienne sans bulletins blancs sur la table.

 

 

Raffarin était déjà Raffarin avant Matignon : « En ce qui concerne le vote blanc, je reviens au débat que nous avons eu hier soir et qui s’est clos avec l’intervention talentueuse de notre ami le président Arthuis. Celui-ci a repris une expression que j’avais moi-même employée, ainsi que M. de Broissia, en disant qu’il ne fallait pas opposer la République d’en haut et la République d’en bas. (…) Ce que nous voulons dire, c’est que, dans la République, l’énergie et l’influence peuvent partiraussi bien d’en bas que d’en haut. C’est la même République ! C’est à la fois une République attentive à son terrain et à son citoyen et une République susceptible de donner des instructions, des directives. Par conséquent, ce qui m’importe dans cette affaire de vote blanc, c’est la responsabilité du citoyen et, de ce point de vue, je serais assez défavorable à cet amendement. En effet, pour ceux qui défendent l’humanisme libéral, par opposition à ceux qui se réclament du matérialisme déterministe, au fond de tout, il y a le libre arbitre, ce qui signifie pour le citoyen la faculté de faire ses choix. Pour nous qui ne suivons ni M. Freud avec son inconscient, ni M. Marx avec ses classes sociales, ni le biologisme avec l’équation génétique, nous sommes libres, rien ne nous prédestine. C’est cette liberté qui fonde notre confiance en l’homme. Cela suppose à la fois le libre choix et l’engagement. » Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, débat au Sénat, 7 février 2001.

Commentaire de l’Association : C’est quand un électeur ne peut pas sortir du cadre imposé par les partis qu’il perd l’exercice de son libre arbitre. Jean-Pierre Raffarin devrait lire plus attentivement son quotidien préféré : « Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. » Ce sont les citoyens qui font la République et non une entité républicaine supérieure qui tient par la main les faibles citoyens. C’est à un vibrant hommage du paternalisme politique que s’est livré notre sénateur. Et quand on entend resurgir les vieux épouvantails illustrant les fantasmes de la droite conservatrice à l’époque de l’Union soviétique – matérialisme déterministe, freudisme, marxisme, et même s’il écarte d’un revers du petit doigt la sociobiologie de Wilson conotée Front National – on ne peut pas voir la dimension pétainiste de ce raisonnement.

 

 

 

 

 

 

« L’isoloir, planté dans une salle d’école ou de mairie, est le symbole de toutes les trahisons que l’individu peut commettre envers les groupes dont il fait partie. Il dit à chacun : « Personne ne te voit, tu ne dépends que de toi-même ; tu vas décidé dans l’isolement et, par la suite, tu pourras cacher ta décision ou mentir. » Il n’en faut pas plus pour transformer tous les électeurs qui entrent dans la salle en traitres en puissance les uns pour les autres. (…)

Sans doute y a-t-il au fond de nous-mêmes des exigences et des protestations, mais, faute d’être entérinées par les autres, elles s’écrasent en nous laissant des ‘bleus à l’âme’ et un sentiment de frustration. (…) » Jean-Paul Sartre, Elections, piège à cons.

 

« La République n’est qu’une monarchie absolue, car peu importe que le souverain s’appelle Prince ou peuple : l’un et l’autre sont une ‘Majesté’. » Max Stirner, L’unique et sa propriété, 1845.

 

 

 

 

« Dans une république tous sont maîtres, et chacun tyrannise les autres. » Max Stirner, L’unique et sa propriété, 1845.

 

 

 

« Aujourd’hui, l’UMP, dont je fais partie, a posé clairement le problème. Après une convention sur les Institutions, que j’ai moi-même co-organisée, nous avons statué dans le sens d’une reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé. Une profonde réforme institutionnelle doit donc voir le jour au lendemain de l’élection présidentielle. C’est au travers de telles décisions que nous rendrons ses lettres de noblesse à la politique française, ce qu’aujourd’hui Nicolas Sarkozy et toute l’UMP s’efforce de faire. » Eric Woerth, ancien secrétaire d’Etat, député-maire de Chantilly, lettre datée du 15 décembre 2006.

Source: VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans Vote blanc
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