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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 10:52

 

Remarquable article de Régis Debray, paru dans le Monde , du 22 Février, qui pose avec talent et humour le problème des critères de choix et de sélection de nos dirigeants politiques et au de là un des enjeux essentiel de la prochaine élection présidentielle et de la République.

Morceaux choisis : «… Ce n'est pas un sort enviable que de monter à 23 ans dans une voiture avec chauffeur pour n'en plus sortir. L'ENA, le stage en préfecture. Puis droit sur l'Elysée. Parachutage dans une bonne circonscription. Là, on laboure un minimum. Le blanc au zinc, le marché le dimanche. Puis l'Assemblée, un petit ministère, et sitôt après le fauteuil en région ou en département. Ces états de service bien enchaînés font assurément une carrière (gauche ou droite), rarement un caractère …»-   «… La com'est une bulle impitoyable qui contraint à jouer "perso". Contrainte technique, s'entend : le petit écran exclut le plan large et une photo de groupe ne fait pas la "une" de Paris Match. Les petits camarades, c'est pour le décor. Le gros plan est d'instinct bonapartiste ou prima donna. Dans l'ancien monde, en graphosphère, le moi investi veillait à s'inscrire, fût-ce par politesse, dans le nous d'une formation, d'une tradition de pensée ou d'un projet collectif. Dans le nouveau monde, en vidéosphère, le nous reste requis, mais en garniture, pour applaudir le moi sélectionné, moi Ségolène, moi Nicolas. Mon pacte, mon staff, mes handicapés. La loi du people, c'est l'anti-peuple. Un plus un plus un, cela ne fait pas trois citoyens ensemble, mais trois plans de coupe avec groupies en fond visuel… » « …Rappelons-leur cependant, avant de leur dire bonsoir, cette évidence première : nous ne faisons partie d'une nation, comme les êtres humains font partie de l'humanité, qu'en mémoire et en espérance. L'union des grains de poussière n'existe que par et dans une verticale. Supprimez la profondeur de temps, et les séparatismes vous sauteront à la gorge…. »

La Coupe de l'Elysée 2007, par Régis Debray

Le Monde 22 février Accédez à l'intégralité de cet article sur Lemonde.fr

 L’indifférence des paumés. Goguenardise des rupins. Dépeçage du marché en lobbies, communautés et minorités. Ciblage de souffrances à consoler, avec panels échantillonnés. Le vote comme transaction entre un vendeur et un consommateur. Marketing et clientélisme sonnent l'arrivée d'une transatlantique élective dont le lancement en France remonte aux années Valéry Giscard d'Estaing. Un ultime cran d'arrêt à faire sauter : le spot payant, et nous serons à bon port. Aux normes. En Amérique.  D'où l'ingrat dilemme du vieil Européen habitué aux volumineuses brochures, débats d'idées, choix de société et autres lunes trompeuses mais gratuites : passer le tee-shirt du supporteur ou bien relire Flavius Josèphe dans son transat. Il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ? Soit. Mais, quand la réalité devient virtuelle, la posture substance et la réclame programme, la politique pour de bon devient apolitique : un sport professionnel, parmi d'autres. L'enjeu de ce mercato ? La poursuite du jeu. Après deux siècles de messianisme laïque (de la prise de la Bastille à l'écroulement du mur de Berlin), voici le retour en douce de l'éternel retour, non plus celui des saisons mais des matchs à date fixe. Ce n'est pas la petite ambition qui reprend ses droits sur la grande promesse, c'est en attendant le body-building, le foot ou le cyclisme, religions light. Vu ce qu'ont donné les cultes hard de la "lutte finale", libre à chacun de se féliciter de ce que la course au pompon n'ait plus un avant-goût d'Armageddon mais le suspense modeste d'un Poitiers-Neuilly en première division.  

GÉNÉRATIONS 

Les généreux qui ont commencé à 20 ans par vivre pour la politique avant de vivre de la politique, la quarantaine venue, sont bien forcés de changer de braquet. Les amateurs, eux, peuvent quitter le terrain sans trop se trahir. L'engagement, cela n'a jamais été signer une pétition ni escalader une tribune, mais faire bande. La fraternité ne se commande pas. Pas plus que les orages, désirés ou non. On vit trop vieux. D'où des déphasages. Ceux qui depuis 1968 se sont succédé à la barre, côté socialiste - chacun ses saints et sa paroisse -, illustrent assez bien le train des mentalités domestiques. Il y eut la génération des combattants qui avaient fait la guerre et la Résistance : François et Danièle Mitterrand, Gaston Defferre et Edmonde Charles-Roux. Ensuite, par eux hissée sur le pont, la génération des militants, formée dans les luttes anticoloniales, qui étaient passés par le djebel, les tracts du petit matin et les manifs du soir : Jean-Pierre Chevènement, Pierre Joxe, Lionel Jospin, Michel Rocard. Vinrent ensuite les consistants. Ceux-là n'ont pas reçu de coups sur la figure, mais la bourlingue, plus une culture de première main, cela engendre des responsables comme Hubert Védrine ou Dominique de Villepin, plus qu'estimables, ou comme Laurent Fabius et Jack Lang. On n'aurait pas eu l'honneur de les aider, tous ceux-là, à divers titres ou degrés, sans une certaine communauté de réflexes. Naître au début de la guerre, militer contre les iniquités occidentales, Indochine, Algérie, plonger dans les guérillas des années 1960 fabrique, sur la distance, certains atomes crochus. Les liens qui se nouent entre les gens face au risque de mort ou au cassage de gueule sont toujours d'une qualité particulière. Les battants qui ont pris la relève ont été épargnés par l'épreuve du réel. Ne serait-ce qu'un service militaire, un dérapage hors des clous, un tour du monde en stop. Ce n'est pas leur faute. La bonace locale ne leur a pas laissé la moindre chance, nos espoirs courent en terrain plat. Pour la compétence, l'outillage est là. Ils ont leurs papiers en règle. C'est le caractère qui peut faire souci. L'épaisseur, l'étoffe, le recul. Cela se forme cahin-caha, à contre-courant, vent debout. Pour qu'une fille ou un fils de bourgeois crève la bulle, il faut un bris de clôture, guerre, scandale, exil, usine ou galère, le petit moment de béance ou de vérité qui donnera plus tard du style ou de la bouteille. Ce n'est pas un sort enviable que de monter à 23 ans dans une voiture avec chauffeur pour n'en plus sortir. L'ENA, le stage en préfecture. Puis droit sur l'Elysée. Parachutage dans une bonne circonscription. Là, on laboure un minimum. Le blanc au zinc, le marché le dimanche. Puis l'Assemblée, un petit ministère, et sitôt après le fauteuil en région ou en département. Ces états de service bien enchaînés font assurément une carrière (gauche ou droite), rarement un caractère. Raymond Aron plaignait, il y a trente ans, les cerveaux présidentiels qui ne savaient pas que l'histoire est tragique. Ceux qui ignorent que l'histoire est, tout simplement, vont requérir encore plus d'indulgence. La grande H serait-elle sortie de l'écran radar d'un Hexagone chloroformé ? Travail, famille, régions ? L'inconsistance des prises de position internationale des recordmen ou women en piste à de quoi inquiéter. 

 

MOI JE

 our le pro du jour nourri dès la mamelle à l'image-son et à la revue de presse, la densité de sens se mesure au volume des échos. Réussie sera l'opération qui aura fait l'ouverture du journal. La com'a dominé François Mitterrand, surtout vers la fin, à son deuxième septennat. Ce n'était pas ripolin sur sable, il y avait une charpente par-dessous. Le passe-partout des politiques étrangères proposées semble bien être les "droits de l'homme", dont chacun sait qu'ils ne font pas une politique, sinon celle de Gribouille ou de Panurge. Comme c'est la pensée profonde du show-biz et des rédactions, elle paye. Echo maximal. Qui ne rêverait de s'être fait flasher aux côtés de Soeur Emmanuelle, de l'abbé Pierre ou de saint Hulot ?  

 

  

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