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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 10:48

 

 

 

 "Eviter un glissement vers un populisme «à la française» suppose de prendre en compte rapidement l’aspiration du peuple à être entendu et mieux représenté. Des signaux forts doivent être envoyés dès à présent...."  

 

 Le spectre du populisme, par Alexandre Dorna (*) et Jean Francis Dauriac (**) : Le spectre du populisme parcourt le monde par médias interposés. Toujours présent en Amérique latine, au point que une «  nouvelle vague » semble atteindre presque tous les pays. L’Afrique et l’Asie subissent des secousses importantes.  Aux Etats-Unis, les postures populistes, qui n’ont jamais abandonné la scène politique, se manifestent autant chez les démocrates que chez les républicains. Quant à l’Europe : un discours populiste ouvert ou sournois gagne en audience et monte en puissance autant à l’ouest qu’à l’est. Même la défaite de S. Berlusconi en Italie n’est nullement l’arrêt d’un processus de transformation de la démocratie, la politique et les partis. La France  n’échappe pas à la règle. Tous se passe depuis des années, comme si elle était à la recherche d’un « chef » charismatique et, de surcroît, médiatique (1). La perception de l’idéologie populiste reste vague et parfois contradictoire. Pourtant, l’évocation des « vertus » du peuple est loin d’être une simple posture manipulatrice des leaders populistes, lorsqu’ils fustigent l’injustice sociale, la désintégration sociale, l’insécurité, le chômage, la disparition des nations et le désespoir des peuples devant les méfaits de la globalisation des marchés. Moins qu’un programme de gouvernement, le populisme exprime un mouvement de masse en position de rupture avec le système en place, souvent inséparable d’une exigence politique de changement d’élites. Rien d’étonnant donc que le populisme se propage dans des situations extrêmes de crises, et particulièrement de faillite démocratique au sein d’un marasme et d’un malaise généralisé. Les politologues refusent, paradoxalement et à tort, de considérer le populisme comme digne d’une étude idéologique et d’une analyse approfondie de ses antécédents historiques et du contexte sociétal. Ainsi, faute d’une définition théorique claire, les contours flous du populisme ne permettent que d’identifier un « prototype » autant idéal que diffus. Plusieurs auteurs font de l’appel au peuple le nœud gordien du populisme. C’est l’appel lancé par un ou plusieurs leaders charismatiques pour lesquels la critique des partis politiques se fait au profit d’une demande affective de changement. Il y a ainsi un réquisitoire contre le dysfonctionnement des institutions politiques, autant qu’une critique contre le manque de courage des élites au pouvoir.  La valorisation des vertus naturelles du peuple rendrait inutile toute médiation d’un personnel politique professionnel inapte et cynique. La classe politique est à abattre. D’où la tentation d’adhésion à un homme ou à une femme perçu(e) comme charismatique, qui incarnerait les aspirations les plus profondes du peuple face à la crise morale, économique et politique qui se manifeste dans l’injustice sociale, l’insécurité, le chômage et la dissolution de la nation. En somme : c’est la revendication d’une rupture avec le système politique en place et ses règles de fonctionnement. Une tentative de contester le statu quo et la pesanteur institutionnelle. La polémique qui entoure les diverses expériences populistes, depuis le XIXe siècle (2) n’a pas réussi à fonder une théorie homogène et cohérente. Ses détracteurs ont dénoncé lourdement ses excès et ses faiblesses, en particulier le rôle des chefs charismatiques, jusqu’à réduire la question populiste à la personnalité des acteurs et faire du discours populiste un amas de mots démagogiques. Pis encore : le populisme ne serait que la phase initiale du totalitarisme ou d’un nationalisme dénaturé, ou l’expression des ressentiments d’une masse marginale, « bestiale, criminelle et délinquante », selon les anathèmes des juristes et des psychologues néo-darwiniens du XIXe siècle. A l’inverse, si les partisans du populisme arrivent (tant bien que mal) à séparer la paille du grain dans une polémique devenue sournoise et de mauvaise foi, force est de constater que personne n’a réussi à délivrer un corps de doctrine ou une théorie explicative cohérente. Récemment, Laclau (3) a proposé d’analyser la « raison populiste » et de penser le populisme comme une forme dégradée de la démocratie. C’est de le sortir du purgatoire des sciences sociales, et le comprendre comme un type de gouvernement aspirant à élargir les bases démocratiques de la société, afin d’articuler les demandes de re-construction du politique. La thèse centrale de  se résume  ainsi : « Lorsque les masses populaires  sont exclues longtemps de l’arène politique, alors émergent certaines formes de leadership qui ne sont pas dans le cadre orthodoxe de la démocratie libérale. Mais, le populisme, loin d’être un obstacle, est une garantie de démocratie, car il évite que celle-ci se transforme en pure gestion. » ; Comprendre la portée théorique du populisme implique diagnostiquer les crises de société. Ainsi, l’énonciation d’un paradigme unique ne semble pas indispensable pour décrypter le discours populiste.  Ni les thèmes ni les contenus ne sont les mêmes partout, leur variété est prodigieuse, mais ces discours ont une forme qui fait passer le souffle en produisant des mots audibles pour tous ceux qui se trouvent dans l’attente et le besoin. En somme, si presque tous les discours politiques partagent un fond idéologique commun, c’est la réitération et la manipulation de la forme aux moments de crise qui rendra le discours populiste plus percutant et plus audible que d’autres. Le danger est qu’en abandonnant son pouvoir à un ou « une » leader, le peuple abandonne aussi la plupart de ses contrepouvoirs en faisant un pari bien trop risqué :se livrer à une personnalité médiatico-charismatique et se déclarer prêt à suivre pour tout simplement exprimer sa lassitude et son refus d’un système, dans lequel il ne trouve plus à s’exprimer, ne croyant plus à ses institutions ni aux pouvoirs intermédiaires. Hélas, la France a déjà connue cette préjudiciable tentation. Eviter un glissement vers un populisme «à la française» suppose de prendre en compte rapidement l’aspiration du peuple à être entendu et mieux représenté. Des signaux forts doivent être envoyés dès à présent, autant, sinon plus, sur la possibilité de changer véritablement la politique, d’améliorer la représentativité des élus et institutions, que sur un « projet de société» ou la seule promesse de changements. Car nul ne peut conduire un projet, ni provoquer un réel changement de la société, s’il est privé de la confiance du peuple et coupé de ses attentes.  Par Alexandre Dorna (*). Professeur de psychologie sociale et  politique Université de Caen et Jean Francis Dauriac (**). Président de l’observatoire de la démocratie 

 

Références/ bibliographie : (1) Dorna, A (2004) : De l’âme et de la cité, Paris, L’Harmattan. (2) Dorna, A. (1999) : Le Populisme, Paris, PUF. (3) Laclau E. (2005) La Razon populista. Mexico. FCE.

 

 

 

 

 

 

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Published by par Alexandre Dorna (*) et Jean Francis Dauriac (**) - dans Populisme
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