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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 10:29

Eléments pour une doctrine républicaine (I): Pour sortir de l'impasse idéologique, par Alexandre Dorna, Vice Président de l’Observatoire de la Démocratie, Professeur d’Université en psychosociologie politique

 

 

La question républicaine est à nouveau à l'ordre du jour. Ses valeurs sont plébiscités et servent de remparts face à la montée de l'intolérance et l'incivisme et retrouvent un large écho au milieu d'une formidable crise politique, idéologique et psychologique. Ainsi, Ils sont nombreux en France a se reconnaît à nouveau dans la doctrine républicaine. Or, l’histoire et la signification du républicanisme reste confusément exprimées. Certains réduisent son message aux valeurs consensuelles de liberté, d'égalité et de fraternité faute d’une lecture approfondie de la doctrine et le passé d’un mot qui se travesti avec le temps. L'idée républicaine en France ( Nicolet 1986) qui traverse les clivages politiques de toutes les "républiques" trouve sa forme politique dans une formation politique qui pèse positivement sur le XIX et le XX siècle : le parti républicain radical et radical socialiste, dont les origines remontent à la seconde république. Quant à la doctrine républicaine, elle se confonde avec celle d'un radicalisme imbibé de l'humanisme et du rationalisme des lumières, de l'agnosticisme des encyclopédistes et du principe expérimental du positivisme, de la laïcité des libres penseurs, d'une idée sociale de la justice, d'une conception utilitariste de l'État et de la philosophie des républicains anglais. Et si certains lecteurs, en toute bonne foi, se demandent quelle est l'utilité de réexaminer dans cet ouvrage une pensée de "vieilles barbes", je suis tenté de rappeler à la fois le besoin d'entretenir la mémoire historique et l'urgence de repenser le sens de l'impasse idéologique. En outre, je compte montrer que la doctrine républicaine peut (nous) délivrer une forme de savoir-faire qui s'apparente directement avec une psychologie politique expérimentale à la recherche d'un discours fort au sens ancien du terme. Un des fondateurs de la Troisième République , Léon Gambetta, dans un banquet de la société positiviste, exprime son credo sur la politique en ces termes : "Il viendra certainement un jour où la politique, ramenée à son véritable rôle, ayant cessé d'être la ressource des habiles et des intrigants, renonçant aux manœuvres déloyales et perfides, à l'esprit de corruption, à toute cette stratégie de dissimulation et de subterfuges, deviendra ce qu'elle doit être, une science morale, expression de tous les rapports, des intérêts, des faits et des mœurs, où elle s'imposera aussi bien aux consciences qu'aux esprits et dictera les règles du droit des sociétés humaines." (15.2.1873.)  La doctrine républicaine à la française, à la différence des grandes idéologies dominantes du XXe siècle (le libéralisme, le marxisme, le christianisme social et le nationalisme), reste la seule à ne s'être ni reniée ni effondrée face à la crise des valeurs de notre temps. Le radicalisme politique, certes, s'est figé progressivement jusqu'à devenir évanescent; de plus, la manière dont les historiens ont rendu compte de l'œuvre radicale, sauf rares exceptions, ne laisse pas une grande place aux idées (originales) incarnées par les radicaux. La plus grande partie de leurs travaux énumèrent et analysent des résultats électoraux, des noms propres, des dates historiques, sans aucune allusion directe au corps de doctrine du radicalisme ni à ses valeurs. Pis encore : l'essence doctrinale est absente, ses fondements philosophiques sont ignorés ou mésestimés, la portée de ses débats internes n'est pas retenue. Nicolet est presque le seul à restituer l'âme républicaine des radicaux au milieu de l'indifférence glaciale des monographies historiques, les omission des philosophes et l'ignorance des psychosociologues. La doctrine républicaine est-elle une philosophie?  C'est ainsi que certains le posent. Mais, je pense qu'elle est plutôt une psychologie politique, voire le paradigme collectif perdu de la psychologie politique. Question polémique, je vous l'accorde. Mais, faut-il rappeler que la doctrine radicale s'affirme à une époque charnière (la seconde moitié du XIXe siècle) au cours de laquelle la révolution industrielle met à dure épreuve la stabilité sociale et le socle républicain. La méthode pour ramener à bon port une République à la dérive en est l'enjeu politique principal. La pensée radicale s'inspire du scepticisme de Diderot, du refus de Voltaire de se soumettre à une métaphysique théologique, de l'utilitarisme d'Helvétius, sans oublier le principe de souveraineté populaire, cher à Rousseau , bien que son œuvre philosophique ne soit guère une référence radicale. Et surtout de Condorcet, figure à laquelle les radicaux se sentent attachés. Issue de la modernité et de la Révolution , la doctrine radicale en fait une lecture plutôt critique. Sont jugés sévèrement le jacobinisme et l'aventure napoléonienne. L'ouvrage du Pr. Aulard (ami de Gambetta) sur l'histoire de la Révolution française fait référence, instituant une nette ligne de démarcation doctrinale à la fois avec le libéralisme, le socialisme et les diverses formes de romantisme nationaliste. D'ailleurs, influencée par le positivisme de Comte et la franc-maçonnerie à la française, la pensée radicale ne peut pas être assimilée à un système philosophique, encore moins à une théorie globale de l'homme et de la société, mais bien plus à une sagesse et à un savoir-faire méthodique. École de pensée plus que pensée d'école, la démarche radicale apparaît comme une pédagogie et une approche psychologique, dont l'empirisme, le pragmatisme et le raisonnement inductif, font de l'étude des comportements humains la voie vers une spiritualité libérée de l'hermétisme théologique et l'élucubration métaphysique. Approche morale avant tout, psychologie politique in situ, la pensée radicale, multiple et relative, (nous) rappelle que sous le prétexte de l'essence insondable de l'être, l'observation  objective des choses risque d'être escamotée. La forme et le fond ne sont pas réversibles. La première entraîne la seconde comme le contenant conditionne le contenu: L'homme est ce qu'il fait.     La doctrine républicaine à la française tente de retrouver la conception antique de l'homme citoyen et de fournir une réponse chaleureuse à la souffrance des hommes hic nunc dans le cadre de l'ordre républicain démocratique. Tout repose donc sur la recherche d'un équilibre de forces contradictoires : les exigences d'une société qui demeure économiquement injuste et les aspirations à la liberté encore virtuelles. Il ne faut pas perdre de vue que le souci majeur d'une doctrine républicaine n'est pas la recherche métaphysique du vrai, mais la recherche d'un vrai juste, c'est-à-dire de celui qui émerge du dialogue et du droit. La volonté de justice à la fois sociale et individuelle, choix délibéré et a-dogmatique, attitude exigeante pour rendre l'interaction humaine civilisée, révèle le radicalisme comme une méthode d'action progressive. Elle s'inspire de l'expérience et se canalise à travers un raisonnement objectif. En somme, la doctrine et la politique radicale ne se réclament pas d'une vérité révélée, ni d'une sagesse incarnée dans une personnalité, même exceptionnelle, mais dans une démarche raisonnée et en pratique démontrable. L'objectif est clair : tout pouvoir doit être soumis au libre examen de conscience et à la délibération entre égaux. La démarche aussi : c'est un réformisme visant l'innovation et un changement profond de société. Si est le maître mot est justice, l'affranchissement de la domination économique et l'élargissement de l'espace public en sont les conséquences. Voilà la priorité politique. A. Bayet (1932), homme politique radical, l'exprime sans ambages : "Notre premier devoir est donc de mettre un terme au régime égoïste, inhumain, qui, sous le nom de "libéralisme", met l'industrie au service de quelques-uns, au lieu de la mettre au service de la collectivité." Bien entendu, une collectivité dans laquelle la propriété est un droit inaliénable et la liberté de chacun un postulat absolu        Par ailleurs, la doctrine républicaine à la française apparaît comme un humanisme rationnel, une laïcité militante, nullement ennemi des croyances, respectueux des différences dans le cadre de la République. Gambetta ne s'est pas trompé lorsqu'il a repris avec force la formule laïque: "Le cléricalisme : voilà l'ennemi." En effet, par là, il faut entendre, dans le langage de l'époque, non une attaque contre une foi quelconque, mais la dénonciation des abus commis par les institutions religieuses au nom d'un universalisme sectaire et non républicain. C'est l'esprit de secte qui est en cause, nullement la spiritualité, encore moins la symbolique du sacré, mais l'existence de castes qui prétendent gérer le bien commun au nom d'une révélation, d'un savoir ou d'une connaissance uniques. Ainsi, la critique de Gambetta est-elle l'équivalent, mutatis mutandis, de celle que les républicains d'aujourd'hui dirigent contre les structures perverses du technocratisme moderne. Une parenthèse s'impose par des raisons de clarté thématique. L'histoire politique de l'idée républicaine en France est incarnée par des hommes convaincus de la puissance de ses possibilités d'applications. La dialectique entre la pratique et la théorie y est présente.

 

 

Note : Cette série d’articles sur la doctrine républicaine est  une version remaniée de deux textes, dont l'un fut publié dans Baumont S. et Dorna A. (2001): Les grandes figures du radicalisme. Toulouse. Privat et l'autre - inédit – d’un  exposé au colloque la Société d'histoire du radicalisme au Sénat le 23.10.01 Bibliographie: Aulard A. (1901)  : La Révolution française. Paris. Baumont S. et Dorna A. (2001): Les grandes figures du radicalisme. Toulouse. Privat. Dorna A. (1998) : Les fondements de la psychologie politique. Paris. PUF. Dorna A. (1994) : Éléments sur l'idéal et les raisons de la doctrine radicale. Les Cahiers radicaux. N° 1. 1994. Paris. Dorna A. (1999) : Le Populisme. PUF. Manin B. (1995): Principes du gouvernement représentatif. Paris. Flammarion. Memmi A. (1989 ) : Pour un laïcisme humaniste. "Le Monde" du 23.6.1989. Nicolet C. (1982) : L'Idée républicaine en France. Gallimard. Paris. Laprevote O. (1994) : La Démocratie devant la science : compte-rendu. Les Cahiers radicaux. N° 1. 1994. Paris. Pettit Ph. (1997): Republicanism. A theory of freedom and government. Oxford. Oxford University Press . J. Pocock (1975-1995) : Le moment machiavélien. Paris. PUF Spitz J.F. (1995) : La liberté politique. Paris. PUF Skinner Q. (1978): The foundations of modern political thought. Cambridge. Cambridge University Press.

 

 

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Published by Alexandre Dorna - dans République
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