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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 09:37

     " ...l'approche doctrinale du républicanisme radical des origines reste une idée force utile pour refonder la maison commune."  

Eléments pour une doctrine républicaine (6) : la maison commune, par Alexandre Dorna, Professeur d'université  en  psychologie sociale et politique, Vice Président de l'Observatoire de la Démocratie. Contre toute attente, la conjoncture actuelle rappelle étrangement celle du siècle passé. Un profond malaise se niche au cœur de la modernité. La société actuelle traverse une nouvelle révolution technologique et une transformation du mode de production. Cela s'accompagne d'une forte détérioration des liens sociaux, voire des liens affectifs, dans la famille, le travail, les croyances et l'autorité. Depuis de longues années, la République s'affaisse et la démocratie s'effrite sans que personne trouve une solution porteuse, ni le mouvement son point de rupture. Aujourd'hui, la société contemporaine est en train de vivre ce que certains appellent l'ère de la complexité. Cette crise se caractérise par des interrogations sur la rationalité et la remise en cause voilée de la connaissance scientifique. Apparaissent l'éclatement du savoir, ainsi que le manque de maîtrise de ses résultats.  La logique de la découverte et les fruits de la technique sont mis sur la sellette. Un retour à l'idéalisme socratique et au stoïcisme du repli sur soi se développe, y compris à l'intérieur de la pensée savante. La quête redevient individuelle. Narcissique.  L'agnosticisme laïque de la pensée moderne bat en retraite devant une nouvelle spiritualité faite de déceptions scientifiques et de déformations idéologiques. La science n'est plus sûre d'elle-même. La formule scolastique "de principiis non dubitandum" retrouve une audience inattendue. La raison se glace sans avouer ses limites; raison subjective, jusqu'à hier enfermée dans une boîte de Pandore, qui retrouve ses mystères et ses pouvoirs "magiques". Devant l'échec moral de la vision rationaliste et scientiste, un écart s'est déjà creusé entre la culture scientifique (devenue technocratique) et la culture humaniste (devenue cynique). L'incertitude gagne même le cœur de la pensée scientifique : l'épistémologie s'interroge sans apporter de réponse. Les dérives de la modernité et les aventures de la dialectique ont fini par ressusciter la vieille question morale du sens de la vie, à laquelle aucune métaphysique n'est capable d'apporter des remèdes autres que palliatifs. Impasse difficilement analysable, car profondément psychologique. L'alternative ne se retrouve pas sur le divan du psychothérapeute, mais dans la recherche d'une psychologie politique qui soit effectivement positive. L'idée républicaine à la française reste encore inachevée. Qui peut dire le contraire? C'est le paradigme perdu d'une "politheia" forgée avec la passion de la liberté, la conviction humaniste de la beauté d'un idéal démocratique ouvert. Rappel moderne de l'âge d'or d’une cité où l'homme est la mesure de toutes les choses, selon la fameuse formule de Protagoras. Humanisme laïque et agnostique donc. Ce n'est pas un hasard si le discours républicain de la première heure se cristallise dans les luttes contre l'ancien régime et pour une République citoyenne, contre l'exploitation et pour la justice sociale, contre l'obscurantisme clérical et pour la séparation de l'État et de l'Église. Mais la position républicaine n'est pas hostile à la spiritualité, elle rappelle, simplement, que derrière le "consensus" de la morale religieuse, voire humanitaire, se cache le retour à la contrainte idéologique et à l'arbitraire politique.       L'actualité de ce point de vue n'échappera à personne. Ainsi, curieusement, et de manière inattendue la question de l'actualité de la pensée républicaine des origines. Les structures politiques, toutes tendances confondues, ne sont pas à la hauteur du défi qui leur est proposé, car toute politique implique une conception de la nature de l'homme; une psychologie politique donc.  La doctrine républicaine, humaniste, laïque et expérimentale, se trouve ainsi, paradoxalement, en première ligne, devant tant d'idéologies mortes, comme une des rares pensées capables de rétablir la démarcation entre les certitudes dogmatiques des hommes masses et les aspirations laïques des hommes libres.   L'énorme avantage stratégique des républicains d'hier était d'être profondément laïques et sincèrement démocrates. Aujourd'hui, les « républicains » de gauche ou de droite se sont égarés dans une diaspora spirituelle et politique, sans liens directs ni cadre organique de référence. C’est une « diaspora » qui cultive positivement, mais de manière nostalgique, la "révolte permanente de l'esprit" (Alain) contre le pire des conformismes politiques : l'indifférence devant l'avenir de l'humanité. Il y a là, sans doute encore aujourd'hui, une potentialité doctrinale non canalisée, un projet dont la puissance des idées  fondatrices est incontestable. C'est une réponse politique autant que sociale, face à une société hypocrite et injuste qui tourne sur elle-même avec une énergie autodestructrice, faite de croyances irrationnelles et de techniques machiavéliques de pouvoir manipulées par des maîtres vaniteux aux pieds d'argile. Et si l'époque est faite d'ambiguïté et de non-sens, l'approche doctrinale du républicanisme radical des origines reste une idée force utile pour refonder la maison commune

 

 

 

 

 

Note : Cette série d’articles sur la doctrine républicaine est  une version remaniée de deux textes, dont l'un fut publié dans Baumont S. et Dorna A. (2001): Les grandes figures du radicalisme. Toulouse. Privat et l'autre - inédit – d’un  exposé au colloque la Société d'histoire du radicalisme au Sénat le 23.10.01 Bibliographie: Aulard A. (1901)  : La Révolution française. Paris. Baumont S. et Dorna A. (2001): Les grandes figures du radicalisme. Toulouse. Privat. Dorna A. (1998) : Les fondements de la psychologie politique. Paris. PUF. Dorna A. (1994) : Éléments sur l'idéal et les raisons de la doctrine radicale. Les Cahiers radicaux. N° 1. 1994. Paris. Dorna A. (1999) : Le Populisme. PUF. Manin B. (1995): Principes du gouvernement représentatif. Paris. Flammarion. Memmi A. (1989 ) : Pour un laïcisme humaniste. "Le Monde" du 23.6.1989. Nicolet C. (1982) : L'Idée républicaine en France. Gallimard. Paris. Laprevote O. (1994) : La Démocratie devant la science : compte-rendu. Les Cahiers radicaux. N° 1. 1994. Paris. Pettit Ph. (1997): Republicanism. A theory of freedom and government. Oxford. Oxford University Press . J. Pocock (1975-1995) : Le moment machiavélien. Paris. PUF Spitz J.F. (1995) : La liberté politique. Paris. PUF Skinner Q. (1978): The foundations of modern political thought. Cambridge. Cambridge University Press.

 

 

 

 

 

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans République
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