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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 08:15

Notre situation de citoyen est une situation de fait, que nous n'avons pas choisie, que nous n’aurions pas choisie ; car, dans les choses de peu, nous pouvons beaucoup ; mais, quand il faudrait modérer les terreurs, les colères, les impulsions du grand corps, nous ne pouvons presque rien. Nous passons d'heureuses années à parler comme il nous plaît et à rire des tyrans ; et puis, soudain nous tombons dans l'état d'esclave ; le sang coule, le canon tonne, contre nos intentions, contre nos cœurs, et par nos propres mains. La Révo­lution, qui fut autant un emportement qu'une pensée, nous a légué des droits immenses et des devoirs démesurés. Faudra-t-il boire sans fin ce mélange d'idéal, de gloire et de sang ? Ou bien le refuser une bonne fois et nous asseoir sur la terre, comme l'ermite ? Vie surhumaine ou vie humaine ? Mais nous voulons vivre une vie humaine ; et il est clair qu'il y faut de la ruse. L'animal se jette ; oui, même le tranquille bœuf se jette à tirer ; l'homme ne se jette point ; l'homme ruse contre tout ; la navigation est ruse ; l'industrie est ruse. On ne méditera jamais assez sur cette grande parole que l'homme ne triomphe de la nature qu'en lui obéissant. Pourquoi n'en serait-il pas de même devant cette nature politique qui est de bien loin la plus redoutable ? On ne se jette point dans le feu pour l'éteindre. Pourquoi se jetterait-on contre César ?

 

La ruse des gouvernants est vieille comme le monde. La ruse des gouver­nés est bien jeune. L'ambition des uns, la pudeur des autres, l'impatience de presque tous, cela fait une mer, tantôt maniable et mollement balancée, tantôt houleuse et grondante, tantôt furieuse, hurlante, brisante. Et il n'y a point de port. De la naissance à la mort, tout homme doit vivre sur ces flots-là. Sans s'y fier jamais, il doit céder beaucoup. J’entends que l'on me dit : « Aimer beau­coup ; surtout aimer. » je comprends assez que cette mer politique est toute humaine, toute faite de mes semblables, en partie même de ma propre substance. Mais quand je la concevrais toute comme ma propre substance, d'après un sentiment bien fort, et, au fond, religieux, n'ai-je point la tâche de me gouverner moi-même et de ruser avec moi ? La moindre colère, tempête proche et intime, me l'apprend assez. Tout n'est pas bon dans ce qui est moi ; pourquoi tout serait-il bon dans ce grand moi ? Pourquoi adorerais-je dans les autres, dans la masse des autres, ce que je n'adore point en moi ? Il faudrait soutenir que tout est infaillible en cette société, tout bon, tout divin, comme dans les convulsions de la Pythie.

 

Non pas tout bon ; mais j y verrais plutôt une nécessité inférieure, comme sont le manger et le dormir, comme sont le défrichement qui est destruction, la chasse et la pêche, conquêtes sans pitié, et même la défense, si promptement inhumaine. Personne n'a jamais dit qu'il était beau de lier un fou, ou peut-être de le tuer si l'on ne peut mieux. Je ne vois pas pourquoi on s'enivrerait de défense. L'enthousiasme ici ressemble à ces mouvements désordonnés qui dépassent le but, comme on voit dans un pugiliste maladroit. Mais, au rebours, je ne vois point qu'il soit raisonnable de tout laisser aller, refusant cette vie inférieure qui porte l'autre.

 

On me veut prendre dans le dilemme abstrait. Ou bien refusez toute violence, et laissez-vous mourir ; ou bien résignez-vous, et acceptez les mou­vements de force comme condition de la vie. On veut me prendre, mais je m'échappe.

 

Je prétends limiter et calculer au mieux les mouvements de force, résister à l'emportement, me garder de convulsion et de fureur. Ruser enfin avec le corps social comme je ruse avec mon propre corps. Ne sais-je pas bien de quelle ridicule façon mon propre corps débrouillera la serrure, si je le laisse faire ?
Propos de politique -Titre XI 1934
















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