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13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 16:17

Crise des Banlieues : Echec de notre  modèle d’intégration laïque et républicain  ou  démission collective et renoncement à nos propres valeurs ?  Notre position .....(Janvier 2006)

 La condamnation de la violence est bien sûr unanime. Les appels au calme, étaient bien sûr la moindre des choses. Mais au de là ? Deux thèses s’affrontent. La première vise à considérer que le drame des banlieues marque l’échec du modèle « franco français » de la laïcité et de l’intégration républicaine. La seconde, vise au contraire à considérer qu’il est le résultat de notre propre démission collective et du renoncement de notre société aux valeurs laïques et républicaines. Social démocratie et construction européenne obligent, de compromis en compromis, nous avons laissé accréditer l’idée que laïcité et république étaient des spécificités « franco- françaises ». Cette idée repose sur le fait que de nombreuses démocraties occidentales en ignorent le sens et la portée, tout en ayant développé des systèmes démocratiques et sociaux, qui n’ont rien à nous envier. Le débat sur le référendum européen et le projet de constitution étaient à cet égard significatifs. Il n’y avait rien à craindre nous a-t-on expliqué, puisque la Laïcité en France « aurait été  préservée ». Et cet argument a traversé non seulement toute la Gauche et la Droite, mais aussi la société civile, les cercles laïques, les Obédiences Maçonniques.

 La question n’est même pas de savoir si cela était vrai ou pas. Elle est bien davantage de se demander si elle est, posée de cette façon, acceptable ou  si elle ne l’est pas. Car, soit on considère que la laïcité est effectivement une originalité française, et il faudra bien admettre un jour qu’elle soit remise en question. Soit on pense qu’elle est une valeur fondamentale, prolongeant les droits universels de l’Homme et du citoyen, dont la France n’a été que le laboratoire, et demeure le précurseur.

 Et, dans ce cas, il nous faut nous battre pour non seulement la défendre, mais aussi la promouvoir.

1/ La laïcité avec, mais au-de - là de l’école : quels nouveaux champs d’application ? Non seulement en France, mais dans toute l’Europe et dans le monde entier. Non seulement pour préserver la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ou l’école publique et obligatoire, mais aussi pour lui trouver de nouveaux champs d’application. 

 Car de façon consciente ou non,  ce qui est en cause, c’est tout simplement la définition de la laïcité et de la république.  Beaucoup en confondent la fin et les moyens.

 L’essence et la finalité de la laïcité, et de la République, ce ne sont pas la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ni l’école neutre, publique et obligatoire. L’une et l’autre n’en sont que des moyens, des applications concrètes, qu’il a fallu des siècles pour obtenir et qui appellent aujourd’hui encore beaucoup de vigilance.

 Car l’école neutre, publique et obligatoire s’imposait au siècle dernier pour, comme le disait Gambetta, « permettre à chacun d’accéder à la dignité de citoyen ». Il était admis que pour que chaque individu puisse exercer sa citoyenneté, il fallait que tous aient un égal accès au savoir. Et pour accéder à cette époque aux rudiments du savoir, il fallait apprendre à tous à lire et à écrire. Parce qu’à cette époque, savoir lire et écrire était le SMIC du savoir et de la connaissance.

 N’est il pas temps de se demander si ce SMIC là aussi ne mériterait pas d’être augmenté ?  …s’il suffit de savoir lire et écrire pour disposer des rudiments de savoir qui permettent de comprendre le monde dans lequel nous visons, et donc pour exercer pleinement la citoyenneté ?

 N’est il pas temps de se demander si le langage écrit est aujourd’hui le seul vecteur du savoir et de l’échange ou bien  si un autre langage, celui de l’image et d’Internet ne forme pas tout autant notre esprit et notre conscience ? Et si c’est le cas, ne faut il pas admettre que ce ne sont plus les églises qui maîtrisent les nouveaux outils de communication et d’information, et donc d’éducation, mais des Berlusconi, des groupes de presse de plus en plus concentrés et des animateurs de télévision, présentateurs et autres vedettes qui deviennent de fait, au XXIème siècle, les « nouveaux prêtres de l’information » ?

 N’est ce pas contre eux qu’il faut aujourd’hui tout autant défendre et promouvoir la liberté de conscience ? N’est ce pas un combat de fond et d’actualité qu’il nous faut mener ?

 2/ Religions : Entre l’intégrisme et l’acculturation, la notion d’intérêt pubic disparaît . De même que l’école neutre, publique et obligatoire, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, n’est pas et n’a jamais été la laïcité. Elle n’est qu’un des moyens de la défendre et la promouvoir et a été obtenue à une époque ou une seule Eglise prétendait tout régir et régenter, y compris les affaires publiques. Ce n’est pas aujourd’hui l’Eglise qui nous menace. C’est bien davantage, le risque de marginalisation de la « sphère publique », la dilution de l’intérêt général, dont la conscience collective s’affranchit   dangereusement, entre d’un côté la résurgence des fondamentalismes religieux et de l’autre un phénomène l’acculturation.  Cette coexistence révèle à elle seule notre démission collective

 Nous n’avons plus enseigné depuis fort longtemps, ni appliqué la citoyenneté, la laïcité, la république dans nos ghettos, à la périphérie de nos grandes villes, ou nous avons laissé s’entasser des hommes et des femmes qui avaient les plus grandes difficultés sociales, économiques, culturelles. Nos politiques de la ville, bien que nécessaires ont été en de ça de l’ampleur et  l’urgence des problèmes. La remise en question trop rapide et confuse de l’Etat- Nation a dilué et « technocratisé » le pouvoir et les responsabilités de la puissance publique sous la double influence de  la décentralisation et de la construction européenne.

 Nous n’avons pas suffisamment investi pour empêcher que, dès le plus jeune âge des milliers de nos propres enfants, ne soient condamnés à l’échec privant leur famille et leur environnement de cette formidable source de cohésion qu’est l’espoir d’un avenir meilleur. Quand depuis trop longtemps déjà, des hommes et des femmes vivent sans aucun espoir aucune perspective ils ne sont plus crédibles pour enseigner à leurs enfants et petits enfants les vertus de la vie en société que nous leur proposons. Et il est indigne et insultant de proposer en face de tant de misère et d’injustice qu’un service civique ou quelques places à « Sciences Pô »  par de vulgaires quotas ou une illusoire et éternelle mixité spatiale après l’échec, notre échec de la mixité sociale.

 Les réponses en situation de crise passent d’abord par le rétablissement provisoire de l’autorité de l’Etat.

C’est à l’Etat et à la République d’imposer avec fermeté la rénovation des quartiers, le relogement et la dispersion de leurs habitants et tant pis si quelques uns en ont la nostalgie, d’imposer le maintien de services publics et de commerces de proximité. C’est à l’Etat et à la République d’imposer d’urgence le respect de l’égalité des chances, la condamnation  beaucoup plus ferme de toutes les formes de discriminations. C’est à l’Etat et à la République d’imposer que ceux qui le représentent soient à cet égard les plus exemplaires, à commencer par les forces de l’ordre et la police nationale.

 Mais elles nécessitent ensuite la redéfinition et la promotion d’une conception de l’Homme et de la Justice constitutifs de l’intérêt général et de la puissance publique que l’Etat ne peut seul durablement incarner, puisque pris « en tenaille » entre les deux mouvements irréversibles que sont la « supranationalité » et la décentralisation.

 Par quoi remplacer demain le lien social qu’incarnaient la Nation et peut être plus encore la « Patrie » ? Au de là des réponses nécessaires et urgentes, n’est ce pas une direction à suivre, la seule pour retrouver durablement notre indispensable cohésion ?

L'Observatoire de la Démocratie , Jean-Francis Dauriac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Observatoire de la Démocratie - dans Positions
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